Le fait de poser sa serviette sur un transat pour le réserver est un comportement récurrent en vacances. Si ce geste ennuie de nombreux touristes, des experts observent que le cerveau peut expliquer cet agissement. ...
Si vous êtes en vacances ou que vous revenez d'une destination ensoleillée, vous avez probablement déjà rencontré ces personnes qui ont tendance à réserver leur transat. Ils vont généralement déposer leur serviette de bain, leur bouquin et leur paréo pour réserver leur siège, et s'y installer finalement quelques heures plus tard.
Mais cette manière de faire dérange de nombreux autres voyageurs,qui trouvent même ce comportement "antisocial". Cette attitude serait d'ailleurs plus populaire auprès de certaines nationalités.
Selon un sondage réalisé par l'institut britannique YouGov, cette astuce serait surtout utilisée par les Français et les Italiens.
Près d'une personne sur deux avoue avoir déjà monopolisé un transat, une pratique qui s'étend aussi aux plages, où les Italiens adeptes de cette technique sont surnommés "furbetti dell'ombrellone" (accapareurs de parasols, en français). Les Britanniques et les Allemands sont situés juste en dessous d'eux dans le classement.
Un effet de possessionInterrogé par Het Nieuwsblad, Eva van den Broek, économiste comportementale, explique cette réservation de transat par le fait que notre cerveau fonctionne différemment en vacances. "Dès qu'on voit quelqu'un enfreindre la norme sociale, c'est la panique. C'est comme pour les dépôts sauvages. Dès qu'il y a un sac-poubelle, on en ajoute d'autres. La norme est transgressée, les règles changent, et alors tout devient possible", illustre-t-elle.
De l'autre côté, l'effet de possession, une attitude datant de nos ancêtres, joue également un rôle. "Ce que nous possédons, qu'il s'agisse d'un objet de valeur ou d'une simple chaise longue en plastique, acquiert une valeur particulière à nos yeux", ajoute la spécialiste.
Un nouveau phénomène touche les Belges en vacances : "Différent de chez nous"L'influence de la FOMOPour le neurologue Steven Laureys, nous serions conscients qu'il n'est pas acceptable de laisser sa serviette, un comportement que l'on condamne d'ailleurs chez les autres. "Mais la peur d'être exclu, de se retrouver les mains vides, seul, et de rater une occasion est tout simplement plus forte que notre conscience morale", explique-t-il au quotidien flamand.
"On parle aussi de la tragédie des biens communs : une situation où des individus épuisent une ressource partagée par intérêt personnel, même si cela nuit à tous à long terme. Nous rationalisons notre propre comportement antisocial parce que la situation nous y contraint. Nous nous sentons sur la défensive. Ne pas avoir de transat est plus pénible sur le moment que la culpabilité morale de tricher", poursuit le médecin.
Un classement révèle les pires aéroports d'Europe: l'un d'entre eux se situe en BelgiquePlus à l'aise à l'étrangerUn autre élément entre aussi en jeu : le fait d'être anonyme. "Chez nous, on nous connaît et nous avons une réputation à préserver. Dans un lieu isolé, le risque pour notre réputation est quasi nul. Le contexte change, ce qui nous permet de nous défaire plus facilement de notre identité quotidienne et de nos inhibitions sociales", souligne Steven Laureys auprès du média néerlandophone.
Pour éviter ce genre de situation, le neurologue recommande de faire preuve de compassion envers les personnes adeptes de réserver leurs transats. "Il s'agit simplement de notre cerveau stressé qui passe en mode survie", excuse-t-il. Il conseille également de privilégier à l'avenir des hébergements intimistes. "Le cercle vicieux de la réservation de transats avec serviettes est typique du tourisme de masse", affirme-t-il.
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