Un corps de femme partiellement calciné a été découvert mercredi matin dans les vignes de Saint-Gilles, mobilisant les gendarmes pour une enquête pour assassinat. L’autopsie, prévue ce jeudi 13 août au CHU de Nîmes,...
Un corps de femme partiellement calciné a été découvert mercredi matin dans les vignes de Saint-Gilles, mobilisant les gendarmes pour une enquête pour assassinat. L’autopsie, prévue ce jeudi 13 août au CHU de Nîmes, pourrait éclaircir les causes du décès et orienter l’enquête sur une possible implication criminelle. Jusqu’à 40 gendarmes mobilisés.
Mystérieuse affaire de cadavre. L’affaire démarre mercredi matin avec la découverte d’un corps dénudé de femme dans les vignes dans la campagne de Saint-Gilles. C’est un ouvrier agricole qui a donné l’alerte mobilisant immédiatement un dispositif d’enquête confiée aux gendarmes pour analyser la scène de crime et tenter de récolter un maximum d’éléments aux abords "de ce corps calciné gisant entre des rangs de vignes", a indiqué le parquet de Nîmes dans un communiqué.
La compagnie de Nîmes est associée à l’enquête de la SR, le parquet de Nîmes a confié le dossier à deux services d’enquête.
ARCHIVES HOCINE ROUAGDIA
Un magistrat du parquet de Nîmes s’est déplacé sur le site macabre pour prendre la mesure de l’affaire et superviser le démarrage de l’enquête. Les premiers éléments de l’enquête ont conduit les magistrats du parquet ont conduit à ouvrir une enquête pour assassinat. Les gendarmes du groupement de gendarmerie et notamment les enquêteurs de la compagnie de Nîmes sont chargés des investigations aux côtés de la section de recherches de Nîmes. Le procureur adjoint de la République de Nîmes, Frédéric Kocher qui est de permanence, suit le dossier en temps réel.
Les techniciens en identification criminelle (TIC) sont des spécialistes en analyse des scènes de crime. Ici à Bellegarde, lors de la découverte d’un corps carbonisé en 2021.
ARCHIVES H.R.
Ce schéma de co-saisine, c’est-à-dire que deux services d’enquête sont chargés en même temps du dossier est relativement classique et permet d’accumuler un nombre important de moyens et de répartir les enquêteurs sur toutes les strates de l’affaire : enquête de voisinage, témoins, exploitation des indices… La section de recherches travaillera en étroite collaboration avec les différentes brigades qu’elles soient locales comme la brigade de Saint-Gilles, la brigade de recherches de Nîmes ou les spécialistes des indices criminels, les techniciens en identification criminelle (TIC) qui sont rattachés directement au groupement de gendarmerie commandé par le colonel Casso. Au total, jusqu’à 40 gendarmes ont été mobilisés sur l’enquête.
L’identification d’un corps partiellement calcinéL’affaire est immédiatement plus complexe quand il s’agit d’un corps carbonisé en totalité ou en partie. Car le visage est possiblement abîmé et les signes distinctifs d’une personne sont effacés en partie par le feu. Ces situations de cadavres incendiés portent bien souvent la marque du banditisme ou de la criminalité organisée avec des malfaiteurs qui cherchent à faire disparaître le maximum de traces y compris leurs propres traces. L’incendie d’un corps a aussi parfois une dimension "punitive" avec des malfrats qui poussent la barbarie jusqu’à mutiler un corps même après la mort. Ainsi, le travail des enquêteurs est rendu plus difficile pour mettre un nom sur un cadavre.
Comment les gendarmes peuvent-ils avancer ?Il est possible d’abord que le cadavre puisse correspondre à une personne signalée disparue par ses proches si tant est qu’elle dispose de famille dans la région ou en France. Des témoignages peuvent aussi permettre d’identifier une personne. L’autopsie réalisée ce jeudi 13 août à l’institut de médecine légale permettra d’accumuler des éléments sur la morphologie et des signes distinctifs d’un individu. Lorsqu’un corps est très abîmé, les dents et leur implantation restent visibles et sont radiographiées et peuvent faciliter l’identification avec un travail avec les dentistes.
Dans une affaire retentissante sur le plan médiatique avec un corps carbonisé, c’est anneau gastrique qui avait permis de confirmer qu’un corps correspondait bien à celui d’un homme signalé disparu.
L’autopsie réalisée à l’institut de médecine légale du CHU de Nîmes : que peut-on attendre des examens ?L’autopsie doit être réalisée ce jeudi 13 août à l’institut de médecine légale du CHU de Nîmes. En principe, les enquêteurs et les techniciens en identification criminelle, parfois un magistrat, assistent à l’autopsie qui doit déterminer les causes de la mort. Car l’origine du décès permet d’orienter grandement la suite de l’enquête. Même avec un corps dégradé, les examens autopsiques permettent de faire "parler" le cadavre. Des radiographies voire un scanner sont réalisés pour voir si une personne a été tuée par balle.
Ce qui est une question centrale dans cette affaire et savoir si la dimension de criminalité organisée peut ou pas être privilégiée… Les prélèvements réalisés durant l’autopsie donnent des éléments aussi pour savoir si une personne a été tuée sur place ou été transportée et si de l’essence a été utilisé. Cet élément est très important dans le déroulement de l’enquête. La situation géographique de Saint-Gilles, une proximité avec les Bouches-du-Rhône permet aussi d’envisager un homicide commis hors du Gard et d’un corps abandonné dans les vignes.