À Montpellier samedi, l’USAP s’est lourdement inclinée (50-13), se confrontant à une réalité : certains joueurs n’ont pas su se mettre aux standards souhaités par le staff.
À Montpellier samedi, l’USAP s’est lourdement inclinée (50-13), se confrontant à une réalité : certains joueurs n’ont pas su se mettre aux standards souhaités par le staff.
Il y avait, samedi à Montpellier, bien plus qu’un simple match à l’extérieur à jouer. Pour plusieurs joueurs de l’USAP, cette troisième journée de Top 14 constituait surtout une occasion. Celle de revenir dans le groupe, de retrouver du rythme, mais aussi de bousculer une hiérarchie qui, après deux premières journées encourageantes, commençait déjà à se dessiner. Quinze jours durant, certains avaient attendu leur tour. Quinze jours durant, ils avaient travaillé avec l’envie de "participer à ce qui est en train de se créer", comme l’expliquait Nicolas Nadau avant la rencontre.
Laurent Labit leur avait donc offert leur chance. Mathieu Tanguy, Lucas Velarte, Jerónimo de la Fuente, Tristan Tedder ou encore Ignacio Ruiz et Joaquín Oviedo : autant de joueurs possédant suffisamment de statut et d’expérience pour prétendre peser dans les prochaines compositions. Mais au lendemain de la gifle reçue dans l’Hérault (50-13), le constat du manager catalan est beaucoup moins enthousiasmant.
"C’est évident qu’il y a des joueurs qui n’ont pas marqué des points aujourd’hui." La phrase, lâchée par Laurent Labit après la rencontre, dépasse largement le simple constat d’une défaite. Elle ressemble à un avertissement. Et surtout à un message adressé directement à ceux qui avaient une carte à jouer.
Sans certains, le rendement n’est vraiment pas le mêmeCar le problème de l’USAP, samedi, n’a pas seulement été de perdre. Il a été de perdre de cette manière. À la pause, les Catalans n’étaient menés que 12-3. Le match restait encore ouvert, malgré une première période imparfaite et une efficacité offensive insuffisante. Puis tout s’est délité. Six essais encaissés en seconde période, une incapacité à répondre à la moindre accélération montpelliéraine et, surtout, un banc qui n’a pas permis à l’USAP de reprendre le contrôle du match.
C’est précisément sur ce point que Laurent Labit s’est montré le plus sévère. Avec un banc expérimenté, composé notamment de joueurs internationaux, le staff attendait davantage. Les entrants devaient apporter de la fraîcheur, de l’impact, des solutions. Ils n’ont pas suffisamment inversé la tendance. Pire, ils ont parfois accompagné l’effondrement collectif.
Le contraste est d’autant plus saisissant que la concurrence interne avait été présentée comme l’un des moteurs du bon début de saison catalan. Avant Montpellier, les performances de certains titulaires avaient placé la barre haut. Il faut dire aussi que, derrière, sans les Paolo Garbisi, Braydon Ennor et Sevu Reece, le rendement n’est vraiment pas le même.
Pour autant, il serait réducteur de faire de cette défaite le procès de quelques individus. Laurent Labit n’a d’ailleurs pas ciblé de joueurs nommément. Son message est collectif, même si ses conséquences pourraient être individuelles. Ce qu’il attend désormais, c’est une réaction. Une capacité à tirer rapidement les enseignements de cette rencontre et à comprendre que le début de saison ne donne aucun crédit permanent.
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La semaine qui s’annonce sera donc particulièrement intéressante à observer. Face à Bordeaux-Bègles, samedi prochain à Aimé-Giral (14 h 30), certains joueurs vont conserver la confiance du staff. D’autres vont retrouver le banc, voire sortir du groupe. Les performances des deux premières journées restent dans les esprits, et Montpellier a conforté ce que l’on savait déjà sur certaines forces en présence.
Et c’est peut-être là le principal enseignement de ce déplacement dans l’Hérault. À Laurent Labit, désormais, de décider qui mérite une nouvelle opportunité. À ceux qui l’ont manquée, de montrer qu’elle n’était que partie remise. Contre l’UBB, certains seront revanchards, c’est une certitude.