Le collectif "pas de bébés à la consigne" et le Syndicat des professionnels de la petite enfance appellent à une journée d’action pour dénoncer la pénurie de personnels, des salaires insuffisants et le manque de...
Le collectif "pas de bébés à la consigne" et le Syndicat des professionnels de la petite enfance appellent à une journée d’action pour dénoncer la pénurie de personnels, des salaires insuffisants et le manque de moyens alloués au secteur.
Un appel à la grève est lancé dans toutes les crèches de France le 8 octobre prochain à l’initiative du collectif Pas de Bébés à la Consigne, qui regroupe des syndicats, des professionnels de la petite enfance, des associations familiales et des mouvements citoyens appelle les professionnelles de la petite enfance. Un appel soutenu par le Syndicat national des professionnels de la petite enfance.
Les deux organisations appellent d’ailleurs les parents à se joindre à cette journée de mobilisation sur fond de condition d’accueil des enfants. Au cœur de ce mouvement de grogne, la dégradation des conditions d’accueil sur fond de pénurie de personnel (le) s et de difficultés à recruter, l’épuisement des équipes, le manque d’attractivité des métiers et l’insuffisance des moyens consacrés à la petite enfance.
"Un secteur tiré vers le bas par les réformes successives"Le collectif rappelle qu’en 2024 "une commission d’enquête parlementaire a établi le constat brûlant de cette dégradation du secteur", constat appuyé ensuite par plusieurs ouvrages et enquêtes qui décrivent les crèches privées lucratives
comme machines à profit. Le livre Les Ogres, de Victor Castanet, avait notamment eu l’effet d’un électrochoc, resté hélas sans effet réel sur les politiques de la petite enfance.
"Tout le secteur s’est vu tiré vers le bas par les réformes des gouvernements successifs", dénonce le collectif qui cite notamment : "Un taux d’encadrement des bébés pouvant passer en crèche de 5 à 6 par professionnel, accueil d’enfants en surnombre rendu possible tous les jours de la semaine,
recrutement autorisé de 15 % de personnels sans aucun diplôme ni expérience auprès de jeunes enfants, dérogations au niveau de qualification des professionnel (le) s dans les micro-crèches, surface minimale par enfant réduite dans les agglomérations denses en population, formation continue des professionnel (le) s insuffisante…"
Syndicats et organisations représentatives de ce collectif constatent donc au quotidien des "conditions de travail dégradées, des salaires indignes et une perte de sens" qui mettent en péril la qualité de l’accueil "dans un secteur qui est à bout".
Ils appellent les politiques à mettre en œuvre des moyens pour former des personnels de qualité en nombre suffisant (compétence des régions) et à revaloriser les salaires de l’a profession pour relancer son attractivité.
Parmi la liste des revendications : d’ici 2030, au minimum un adulte pour quatre bébés et un pour cinq enfants en termes de taux d’encadrement ; une formation initiale renforcée et un accès réel à la formation continue ; des équipes complètes, des salaires à la hauteur, des pauses effectives et la reconnaissance de la pénibilité ; un accueil accessible à toutes les familles avec un reste à charge proportionnel aux ressources et la gratuité pour les familles vivant sous le seuil de pauvreté.