Dans « l’Inconnue du quai de Javel », l’auteur de « la Serpe » enquête sur le meurtre non élucidé de Louise Cansot, modèle chéri par les peintres de Montparnasse dans l’après-guerre
L’écrivain Philippe Jaenada photographié le 31 août 2026 à la brasserie l’Apollinaire, au pied du pont Mirabeau, dans le 15e arrondissement de Paris, où démarre son enquête sur Louise Cansot. MATHIEU ZAZZO POUR « LE NOUVEL OBS«
Une fois encore, Philippe Jaenada vient de passer deux ans auprès d’une jeune et belle brune malmenée par le destin dans les années 1950, tout comme il l’avait fait avec « Kaki », étrangement tombée de la fenêtre d’un hôtel de Saint-Germain-des-Prés, dans « La désinvolture est une bien belle chose » (Mialet-Barrault, 2024). Aujourd’hui, c’est Louise Cansot qu’il fait renaître, modèle chéri des peintres de Montparnasse, trouvée morte le 6 septembre 1949 quai de Javel, les cheveux mouillés alors qu’il ne pleuvait pas. La police ne s’est pas trop foulée. Soixante-quinze ans plus tard, tout en relisant l’un après l’autre les Maigret, le commissaire Jaenada reprend l’enquête. Ce qu’il veut, jusqu’à l’obsession, c’est savoir qui a tué sa protégée. Par-delà le sort infiniment triste de Louise – un « féminicide », dirait-on aujourd’hui –, c’est de l’humaine condition que Philippe Jaenada s’empare dans ce livre au phrasé galopant, avec les apartés désopilants devenus le sceau d’authentification de ses récits. Cet été, nous lui avons adressé un interrogatoire pour connaître les temps forts et les temps morts de son impressionnant travail.
Le déclic ?Philippe Jaenada D’abord les vieux journaux sur le site Gallica, je commence souvent par là. Puis la rencontre avec l’auteur et conférencier breton Luc Corlouër, hanté par l’histoire de Louise Cansot depuis vingt ans. Enfin la prise de conscience qu’il n’y avait pas seulement, dans cette …
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