Le premier Belge à l’ATP s’est qualifié pour les quarts de finale de l’US Open. ...
Alexander Blockx vient de rejoindre un cercle restreint. Rares sont les joueurs belges à avoir atteint les quarts de finale d'une levée du Grand Chelem. Avec quatre présences dans le "Grand Huit" (Roland-Garros 2016, Open d'Australie 2017, Wimbledon 2019 et 2022), David Goffin reste jusqu'ici la référence moderne. Xavier Malisse s'était hissé dans le dernier carré de Wimbledon en 2002. Le pionnier demeure Filip Dewulf, auteur d'un parcours inattendu jusqu'en demi-finales à Roland-Garros en 1997, avant de buter sur un joueur alors inconnu : Gustavo Kuerten.
Cette semaine, l'Anversois frappe un grand coup en devenant le plus jeune Belge à rallier les quarts de finale à New York. Blockx est parti à la conquête de Flushing Meadows armé d'un service dévastateur flashé à plus de 220 km/h. Son coup droit est un savant alliage de force brute, de finesse technique et de timing, le tout guidé par un mental d'acier qui maintient son jeu sous haute pression.
Des racines ukrainiennes, un cœur belgeSa carte d'identité indique qu'il est né à Anvers il y a 21 ans, le jour des obsèques du pape Jean-Paul II. Son histoire aurait pu s'écrire en Ukraine, le pays d'origine de ses parents, Oleg et Natalia. Mais ils ont fui l'ex-Union soviétique bien avant la naissance d'Alexander. Ils se sont rencontrés en Belgique. Tous deux étaient des athlètes de haut niveau : le père, qui a rejoint la grande famille olympique, a couru le 400 m haies, tandis que la mère était nageuse professionnelle.
Arrivés en Belgique pour des raisons professionnelles, ils ont offert à leur fils un cadre stable dans la province d'Anvers. Alexander, dont une partie de la famille vit toujours à Kiev, n'a jamais résidé en Ukraine, mais parle couramment le russe : "Je suis pleinement belge et je me sens comme tel. Je parle juste russe à la maison, c'est un héritage de mes parents."
Sa trajectoire bascule grâce à un homme : Philippe Cassiers. Alors que l'entraîneur donne des cours à Maxime, le frère aîné d'Alexander, il remarque le cadet, sagement assis au bord du court.
Du haut de ses quatre ans, invité à taper ses premières balles, le garçon fait preuve d'une dextérité si déroutante que le tennis ne le lâchera plus. Cassiers le guidera pendant seize ans, façonnant le joyau d'Edegem (Ter Eiken) jusqu'aux installations de Forest Hills à Wommelgem, avant que le joueur ne parachève sa formation au centre d'excellence de Tennis Vlaanderen, à Wilrijk.
Alexander Blockx après son exploit à l'US Open: "Le médecin m'a donné un médicament miraculeux"Dès l'âge de 12 ans, l'Anversois commence à se faire un prénom, dominant les catégories européennes U14 et U16. Sa progression aurait pourtant pu s'arrêter lorsqu'une poussée de croissance lui cause de vives douleurs aux genoux.
Le grand public le découvre en 2023, l'année de son sacre à l'Open d'Australie junior, qui le propulse à la place de numéro 1 mondial. À 18 ans, il brûle les étapes et bascule chez les professionnels. Alors que les projecteurs médiatiques restent braqués sur la carrière de David Goffin et l'émergence de Zizou Bergs, peu de gens réalisent qu'un monument est en train de se construire dans l'ombre.
Après une période de rodage, la saison 2026 est celle de l'explosion : entrée dans le top 100, première demi-finale en Masters 1000, finale à Estoril, intégration du top 40 et, désormais, ce quart de finale historique à l'US Open. Il est déjà assuré d'être au minimum 26e mondial au classement qui sera publié lundi.
Exploser le plafond de verreOutre un physique taillé pour le tennis moderne – grand, longiligne et puissant –, Blockx se distingue par une approche très scientifique de son sport, nourrie de datas et de statistiques. Garçon structuré, il a toujours mené de front ses études et sa carrière avec le soutien de sa famille.
Pourtant, en avril dernier, alors qu'il est en pleine ascension, il fait le choix de bousculer sa routine. Il laisse sur le bord de la route Philippe Cassiers pour donner une nouvelle dynamique à sa carrière. Il rejoint Ruben Bemelmans et la structure de Wilrijk.
En se qualifiant pour les quarts de finale à New York, Alexander Blockx prouve qu'il a le talent pour faire exploser son plafond de verre et s'installer durablement au sommet de la hiérarchie mondiale. Admirateur de David Goffin, il n'avait que 12 ans lorsque le Liégeois atteignait la 7e place mondiale après des finales d'anthologie au Masters et en Coupe Davis. Et si Alexander Blockx repoussait les limites du tennis belge encore plus loin ?
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