Вход на сайт

Просмотр новости

Найдите то, что Вас интересует

"C’est surtout se rendre compte de la difficulté de l’époque lorsqu’il s’agissait de parcourir ces itinéraires dans des milieux aussi hostiles" : ils renouent avec les anciens chemins de la montagne en Ariège

Дата публикации: 16-09-2026 13:37:47

À travers la Porteille d’Orlu, 41 randonneurs ariégeois et catalans ont fait revivre une tradition vieille de plusieurs siècles. Une randonnée symbolique entre Ax-les-Thermes et Espousouille, placée sous le signe de...

Основное содержимое страницы с новостью.

l'essentiel À travers la Porteille d’Orlu, 41 randonneurs ariégeois et catalans ont fait revivre une tradition vieille de plusieurs siècles. Une randonnée symbolique entre Ax-les-Thermes et Espousouille, placée sous le signe de l’histoire, du partage et des liens entre vallées. La Dépêche du Midi vous emmène en balade.

Il fallait près de 1 200 mètres de dénivelé positif pour renouer avec une histoire vieille de plus de quatre siècles. Samedi 12 septembre, dès les premières heures de la matinée, 41 randonneurs ont quitté la vallée d’Ax-les-Thermes pour rejoindre la Porteille d’Orlu, à 2 277 mètres d’altitude. De l’autre côté du col, les attendaient des marcheurs venus du Capcir.

Dans la fraîcheur matinale, la Dent d’Orlu accrochait les premiers rayons du soleil. La montée, au cœur d’une forêt déjà teintée par les couleurs automnales, s’est rapidement transformée en moment de convivialité. Sourires, discussions et fredonnements ont accompagné les quatre heures d’ascension. Et tant pis pour les cèpes, absents du rendez-vous : "C’est ça l’esprit Acap", soufflent les adhérents.

Parmi eux, Jean Demary, accompagnateur en moyenne montagne et membre de l’Acap, a transformé la randonnée en véritable "université à ciel ouvert", distillant ses connaissances sur la géologie, la faune et la flore. Les 300 derniers mètres, plus techniques, ont toutefois rappelé que la montagne ne se laisse pas apprivoiser si facilement. Dans un vaste éboulis rocheux, il a fallu poser les mains et trouver son équilibre avant d’atteindre le col.

Une tradition née au Moyen Âge

À la Porteille d’Orlu, la vue s’ouvre sur le vallon du Galbe. C’est ici que le projet de l’Acap (association des Amis des chemins d'Ax et du patrimoine) prenait tout son sens. Car ces montagnes ont longtemps été des voies de passage entre les populations des deux versants.

Dès 1241, le comte de Foix Roger IV accordait des privilèges aux habitants d’Ax. Puis, le 12 novembre 1595, Henri IV confirmait une franchise essentielle : le droit de "trafiquer et négocier en blé, en vin et d’assurer leurs bestiaux sur leurs montagnes en temps de guerre avec les habitants de la Cerdagne et du Capcir".

Une tradition qui s’inscrivait dans l’esprit des "lies et passeries", ces accords qui garantissaient la neutralité entre les vallées afin de permettre les échanges de sel catalan, de laine surge et de bétail, y compris lorsque les territoires étaient pris dans les conflits.

"On ne va pas transhumer des moutons ou des cochons"

Plus de quatre siècles plus tard, l’Acap a voulu faire revivre cette mémoire. "À l’Acap, cela faisait plusieurs années qu’il y avait ce projet de renouer avec une tradition ancestrale des passades et des lieux passerelles", raconte Jolanta, 65 ans, l’une des chevilles ouvrières de l’événement. "Nous avons pris contact avec des collègues d’Espousouille et l’association des randonneurs du Capcir, pour organiser une rencontre à la Porteille d’Orlu et leur transmettre symboliquement des objets avant de descendre ensemble vers Espousouille pour un moment festif."

De l’autre côté de la montagne, l’idée a immédiatement séduit Henri Auriol, président du comité des fêtes de Fontrabiouse. "Quand ils m’ont contacté, j’ai trouvé ce projet très bien. Au départ j’étais tout seul, puis deux ou trois personnes m’ont suivi et on se retrouve à 18 pour monter", raconte-t-il, arrivé au col éprouvé par l’effort. L’époque a évidemment changé. "On ne va pas transhumer des moutons ou des cochons comme à l’époque, mais se rencontrer par groupes de randonneurs, c’est sympa. Même si je ne monterais pas tous les jours ici !", sourit-il.

"Notre objectif n’était pas d’aller à toute vitesse"

La veille, vendredi 11 septembre, un premier relais avait permis de rejoindre le Fanguil d’Orlu depuis Ax. Le lendemain, les 41 marcheurs ont été répartis en quatre groupes, encadrés par six bénévoles. "Pour un projet comme celui-ci, avec Marie et René, nous étions trois bénévoles très investis, épaulés par trois autres associés", précise Jolanta, diplômée FFM et secouriste. "Notre objectif n’était pas d’aller à toute vitesse, mais d’associer toute personne qui le souhaitait. La veille, une étape de 2 kilomètres a même permis à l’une de nos adhérentes de 89 ans de participer."

Pour la grande traversée, dix montagnards chevronnés ont été encadrés par Jean Demary, accompagnateur professionnel bénévole, et Jolanta.

Le maire d’Ax dans les pas des anciens

Parmi les marcheurs figurait également le maire d’Ax-les-Thermes, Alain Pibouleau. Dans son sac, l’élu transportait les présents symboliques qui rappelaient les échanges d’autrefois : huile, sel et laine brute lavée au bassin des Ladres. "C’était tout à fait normal pour moi de profiter de cette occasion pour aller à la rencontre de nos voisins", explique-t-il. Mais l’ascension lui a également permis de mesurer les difficultés auxquelles étaient confrontées les populations d’autrefois.

"C’est surtout se rendre compte de la difficulté de l’époque lorsqu’il s’agissait de parcourir ces itinéraires dans des milieux aussi difficiles et hostiles, juste pour se nourrir et faire des échanges. Aujourd’hui, nous faisons cette montée pour partager ces paysages incroyables."

"L’Acap entretient les chemins, fait découvrir le patrimoine"

Pour le maire, l’événement rappelle aussi l’importance du tissu associatif local. "Vivre avec ses associations est essentiel pour une commune, cela permet le lien social. L’Acap entretient les chemins, fait découvrir le patrimoine et nous offre aujourd’hui une expérience humaine remarquable pour rappeler notre histoire."

Vers midi, la rencontre tant attendue a finalement eu lieu au sommet. Les Ariégeois ont retrouvé les 18 participants des Randos des Hauts cantons venus du Capcir. Ensemble, les deux groupes ont entamé la descente du vallon du Galbe jusqu’à Espousouille, atteint vers 16 heures.

À l’arrivée, la cérémonie d’échange des victuailles a officiellement scellé les retrouvailles. Henri Auriol avait prévu la suite : "Nous avons prévu une grillade à l’arrivée au village, un pot pour l’amitié bien sûr, avec un petit dessert." Un diplôme souvenir, confectionné par la fille d’une bénévole et illustré d’une photographie d’époque de Victorin Builles montrant un berger au pied du col, a ensuite été remis à chaque participant.

Suzanne et Danie, deux octogénaires sur les traces de leurs ancêtres

Parmi les marcheurs, deux femmes de 80 ans ont particulièrement incarné ce lien retrouvé entre les deux versants.

À Ax-les-Thermes, Simone, ancienne enseignante, n’a pas boudé son plaisir en atteignant la Porteille d’Orlu en 3 heures et 15 minutes. Déjà remarquée comme doyenne de l’UltrAriège, cette Gersoise d’origine plaisante sur son statut : "Aujourd’hui encore, je suis l’une des doyennes ! Vous me devez tous le respect", lance-t-elle dans un sourire.

La randonnée est pourtant venue tard dans sa vie. "Je ne suis pas sportive. Je m’y suis mise après avoir pris ma retraite. C’est là que j’ai commencé à aimer être en montagne. Ça me lave la tête, ça m’enlève les soucis." Depuis les crêtes du Chioula, elle apercevait depuis longtemps ce col qui l’attirait. "Quand on est sur les crêtes du Chioula et qu’on voit cette Porteille au loin, on a envie d’y aller !"

"C’était pendant la canicule"

Après un premier repérage perturbé par la neige puis une tentative interrompue par la chaleur, elle a finalement atteint son objectif. "C’était pendant la canicule, je voulais faire attention pour ne pas me blesser. Alors aujourd’hui, de le faire encadrée par l’Acap, ça y est, c’est fait !"

De l’autre côté du col, Danie, elle aussi âgée de 80 ans, vivait cette journée avec une émotion particulière. Habitante d’Espousouille et enfant du pays, elle a gravi le vallon du Galbe avec le groupe catalan. "Pour moi, cette journée a été un vrai pèlerinage", confie-t-elle. Revenue vivre sur ses terres en 1978, elle garde le souvenir de ses grands-parents et de ces anciens itinéraires de montagne.

"Mes grands-parents ont vécu ici toute leur vie"

"Mes grands-parents ont vécu ici toute leur vie. Je me souviens de mon grand-père qui partait d’Espousouille pour aller à la foire d’Ax-les-Thermes par la Porteille. Les échanges par la montagne faisaient partie de leur quotidien. Je suis très attachée à cette histoire."

Elle ne voulait donc pas manquer ce rendez-vous, découvert notamment grâce à un article paru dans La Dépêche du Midi. "Je n’étais pas sûre d’arriver tout en haut, mais quand j’ai vu le groupe approcher, je me suis dit qu’il fallait y aller. Et j’y suis arrivée !"

Et de conclure, avec le sourire : "Ça me fait plaisir de rencontrer des gens. Dès que le col de Pailhères est ouvert, nous descendons souvent vers Ax. Ce genre de journée prouve que la montagne rassemble."
Car pendant quelques heures, la Porteille d’Orlu a retrouvé sa vocation première : non pas séparer les vallées, mais les relier.
 

Схожие новости

#Наименование новостиТональностьИнформативностьДата публикации
1"On a de nombreux projets qu'on porte ensemble" : Ariège, Espagne et Andorre scellent une alliance transfrontalière au sommet pour faire rayonner les parcs pyrénéens07.2115-09-2026
2Deux randonneurs secourus dans les Hautes-Pyrénées011.714-09-2026
3"C’est une vraie épopée" : en Occitanie, ces éleveurs font vivre la transhumance au rythme des troupeaux, malgré le loup, la sécheresse et le changement climatique07.1820-09-2026
4106 largages, 41 militaires mobilisés, 12 hectares brûlés : trois incendies restent sous surveillance en Ariège018.5816-09-2026
5Une chute de 15 mètres, des randonneurs perdus ou blessés : six personnes prises en charge par les secours en montagne dans les Pyrénées012.6918-09-2026
6TÉMOIGNAGE. "Je veux leur montrer qu’ils ne sont pas seuls" : après l'attaque de son ami en Afghanistan, un militaire de Tarn-et-Garonne se lance dans un ultratrail solidaire pour les blessés de guerre011.322-09-2026
7ENTRETIEN. "Il faut parler d'une destination, qu'on ne s'arrête pas à un découpage administratif" : des Pyrénées au Québec, le tourisme équestre veut changer d’échelle08.4923-09-2026
8Les quatre stations de ski des vallées d'Aure et du Louron unissent leurs forces autour d'une nouvelle offre011.6621-09-2026
9Les belles mécaniques de retour08.415-09-2026
10Quillan. Haute Vallée Randonnée établit le lien entre randonnée et patrimoine07.3726-09-2026

Классификация: Арктика. Схожих патентов: 0. Схожих новостей: 10. Тональность: 0. Информативность: 10.07. Источник: www.ladepeche.fr.