Le 12e festival Les Passions baroques débute ce jeudi 1er octobre 2026 dans le Tarn-et-Garonne, avec plusieurs concerts et conférences programmés jusqu'au 11 octobre à Montauban mais aussi à Puycornet et à l'abbaye de...
l'essentiel Le 12e festival Les Passions baroques débute ce jeudi 1er octobre 2026 dans le Tarn-et-Garonne, avec plusieurs concerts et conférences programmés jusqu'au 11 octobre à Montauban mais aussi à Puycornet et à l'abbaye de Belleperche. L'occasion pour Jean-Marc Andrieu de retracer la formidable aventure de l'orchestre Les Passions qui fêtera son 40e anniversaire le 8 octobre au théâtre Olympe de Gouges. Le directeur musical évoque aussi sa succession et ce projet de fusion avec le chœur Dulci Jubilo de Christopher Gibert qui verra le jour en 2027.
La 12e édition du festival Passions baroques à Montauban et en Tarn-et-Garonne se déroulera du 1er au 11 octobre.
L’un des moments forts sera le concert anniversaire du 8 octobre, au Théâtre Olympe de Gouges. En effet, 2026 marque les 40 ans de l’orchestre baroque Les Passions, créé par Jean-Marc Andrieu. Cet ensemble à géométrie variable est spécialisé dans la pratique des instruments d’époque et le respect des anciennes techniques de jeu.
Pour fêter ces quatre décennies de passion et d’excellence, l’orchestre proposera un voyage au cœur de l’époque baroque avec des œuvres de H. Purcell, J.S. Bach interprétées par certains musiciens des tout débuts (1986). Un florilège des grands airs d’opéra de G.F. Haendel sera offert par la soprano Julia Wischniewski entourée des Passions, véritable feu d’artifice final.
Nous avons rencontré Jean-Marc Andrieu, fondateur, directeur musical et flûtiste à bec qui depuis 1986 a dirigé et joué avec ses musiciens dans près de mille concerts, édité quinze CD, effectué cinq tournées en Amérique latine et réalisé de très nombreuses rencontres pédagogiques et caritatives.
Nos tournées à l’international nous donnent l’occasion de faire connaître la ville de Montauban, son patrimoine exceptionnel et son histoire.
Votre orchestre a une notoriété nationale et internationale, notamment en Amérique du Sud, pourquoi avoir choisi Montauban comme résidence ?
L’orchestre a été créé à Toulouse en 1986, puis j’ai été nommé professeur de flûte à bec au Conservatoire de Montauban. En 1991, Hubert Maindive, alors directeur du conservatoire, a proposé à Roland Garrigues, le maire de cette époque, d’accueillir l’orchestre à Montauban, il a accepté, je les remercie encore tous deux. J’ai ensuite été nommé directeur du Conservatoire. Il est vrai que Montauban a un lien fort avec le baroque grâce à la personnalité emblématique de Félix Castan qui à l’époque se réjouissait de cette résidence. Nos tournées à l’international nous donnent l’occasion de faire connaître la ville de Montauban, son patrimoine exceptionnel et son histoire.
Votre discographie est importante, avez-vous programmé la sortie d’un CD anniversaire ?
Oui, nous allons éditer un CD avec un florilège de beaux extraits des disques que nous avons déjà produits. Nous l’avions déjà fait pour nos 30 ans.
Je tiens à défendre la grande qualité de ces compositeurs méridionaux, et montrer que tout ne se passe pas à Paris.
Vous mettez en avant le baroque français méridional, de quoi s’agit-il ?
La musique française des XVIIe et XVIIIe siècles est essentiellement concentrée sur Paris et Versailles, comme tous les arts d’ailleurs à cette époque. Ce centralisme cache souvent l’origine des artistes issus du Sud de la France. J’ai ainsi beaucoup travaillé sur Jean Gilles qui était maître de Chapelle de la Cathédrale Saint-Étienne de Toulouse. Il a composé un Requiem qui a été un modèle à son époque, interprété aux funérailles de Rameau, de Louis XV et du roi Stanislas de Pologne. Nous avons aussi joué plusieurs pièces d’Antoine-Esprit Blanchard, originaire de Provence, dont ses grands motets au festival de Radio-France Montpellier. L’opéra en occitan Daphnis et Alcimadure du narbonnais Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville, a aussi rencontré un grand succès à la scène comme au disque et auprès de tous les médias musicaux. Les Montalbanais en ont eu la primeur au Théâtre Olympe de Gouges, puis le Théâtre du Capitole de Toulouse en 2022. Je tiens à défendre la grande qualité de ces compositeurs méridionaux, et montrer que tout ne se passe pas à Paris.
Quels sont vos projets, quel est l’avenir des Passions ?
Les Passions vont continuer, rassurez-vous ! Le projet pour 2027 est d’opérer une sorte de fusion avec le magnifique chœur Dulci Jubilo basé lui aussi à Montauban, dirigé par Christopher Gibert, pour qui j’ai une grande estime et admiration. Nous avons déjà souvent partagé la scène, notre dernière collaboration pour « 1643, l’héritage italien » plaît beaucoup. En 2027, nous créerons un beau programme autour du célèbre Te Deum de Charpentier pour célébrer cette fusion qui me réjouit, et prouver qu’ensemble on est plus forts.
Le festival sera aussi l’occasion pour Jean-Marc Andrieu d’en dire plus sur l’avenir de l’orchestre et de l’association Les Passions. Le directeur musical a prévu une conférence de presse, le 9 octobre, en compagnie de Christopher Gibert car c’est au talentueux chef du chœur Dulci Jubilo que Jean-Marc Andrieu a souhaité transmettre, «en toute amitié, respect et sérénité» le formidable patrimoine musical qu’il a constitué depuis 40 ans. Le 31 décembre prochain, l’association Les Passions cessera son activité... que reprendra l’association montalbanaise Anima Mostra avec la mission, pour Christopher Gibert, de perpétuer le succès des Passions.
À 15 h 30 à l’Ancien collège, conférence de Jean-Marc Andrieu : « La musique baroque dans tous ses états » qui nous fournira clés d’écoute et repères historiques en lien avec la programmation de cette nouvelle édition du festival. Université de tous les âges de Montauban (UTAM).
Samedi 3 octobreÀ 11 h 44 à la Maison du Crieur, vernissage de l’exposition, présentation de costumes et accessoires issus de spectacles d’opéras. Exposition visible du vendredi 2 au samedi 31 octobre.
À 15 h et 16 h 30 au musée Ingres-Bourdelle, concerts du Trio Passeggiata. Balade en Europe baroque.
À 20 h 30 à l’église de Gibiniargues, à Puycornet. Concert du Trio Passeggiata avec Cécile Bricault, violon, Alice Meier, traverso, Timothé Bougon, théorbe et chant, une découverte musicale de l’Europe imaginée autour d’œuvres d’Arcangello Corelli, Georg Philipp Telemann et Henry Purcell.
À 15 h et 17 h à l’abbaye de Belleperche, à Cordes-Tolosannes. « À la lumière des étoiles ». Nadia Lavoyer, soprano, Judith Derouin, soprano, Frédéric Bétous, alto, Guillaume Guttiérrez, ténor, Jeroen Bredewold, basse, Claudio Monteverdi et ses contemporains ont puisé dans l’imaginaire poétique de leur époque pour peindre en musique les tourments de l’amour. Pour cette nouvelle création, les cinq chanteurs de La Main Harmonique interprètent avec virtuosité des œuvres de la Renaissance et, en miroir, des créations de compositeurs et compositrices d’aujourd’hui.
Lundi 5 octobreÀ 17 h à l’Ancien Collège, conférence de Claire Montiel et Jean-Marc Andrieu sur « Les raisons du voyage ». De l’Antiquité jusqu’à nos jours, qu’ils se nomment troubadours, trouvères, colporteurs, ménétriers ou comédiens itinérants, ces voyageurs de la culture offrent à tous, quel que soit le lieu où ils résident, les œuvres petites et grandes et nourrissent l’imaginaire collectif. Conférence dans le cadre de l’Académie de Montauban.
Évènements pour le jeune publicLe festival est l’occasion de profiter de la présence d’artistes pour favoriser la rencontre du jeune public avec la musique. Des artistes invités viennent transmettre, témoigner, insuffler au jeune public leur passion, leurs expériences, leurs pratiques.
Plusieurs évènements seront programmés. Des séances scolaires sont programmées ainsi que des ateliers et des master-classes tout au long du festival.