Ce mardi 22 septembre, le centre d’entraînement du Stade Toulousain a pris des airs de laboratoire. Le XIII de France est venu partager une journée avec les rouge et noir, entre salle vidéo, échanges et exercices sur...
Ce mardi 22 septembre, le centre d’entraînement du Stade Toulousain a pris des airs de laboratoire. Le XIII de France est venu partager une journée avec les rouge et noir, entre salle vidéo, échanges et exercices sur le terrain. Une immersion observée avec attention par Ugo Mola, convaincu de l’intérêt de confronter les deux univers.
Il est 11 heures ce mardi et les joueurs du XIII de France prennent place en salle vidéo. Au programme : un travail autour de la défense, mais aussi de ces moments où, dans le dur, l’organisation peut finir par craquer. Ugo Mola et Clément Poitrenaud viennent partager leur expérience avec les Bleus. Après le déjeuner pris en commun, direction le terrain. Pendant que les Toulousains répètent leurs gammes durant 35 minutes, les Tricolores enchaînent les ateliers de mobilité. Puis les groupes se mélangent. Plaquage à trois, attaque avec passe dans le dos pour l’arrière qui croise, jeu autour des tenus. Les joueurs découvrent ou retrouvent des gestes différents. Antoine Dupont et les siens s’imprègnent rapidement des consignes. "Nous avons une appétence avec mon staff, depuis un petit moment sur ce que le XIII pourrait nous amener en termes d’attitude, en termes de technique, en termes de vision un peu différente de notre univers", explique Mola en fin de séance. Pour le manager toulousain, l’intérêt est justement de ne pas se contenter de regarder. "On peut le regarder, mais malheureusement, on n’a pas forcément toujours la bonne analyse. Alors qu’en le vivant et en se confrontant, ça nous permet d’avoir un bout d’échange." Sur le terrain, les différences apparaissent dans les déplacements, les attitudes ou encore le jeu au pied. "On le voit même à l’image du jeu au pied, à la fin, avec des techniques différentes. Donc, il y a plein de choses qui sont hyper intéressantes."
Puis viennent les quatre contre quatre, treizistes face aux quinzistes, avant une opposition à 13 contre 13. Les « gros » toulousains sont préservés et les trois-quarts du Stade se retrouvent face à Benjamin Garcia et ses partenaires. Depuis le bord du terrain, Mola observe. Les codes se mélangent et les joueurs s’adaptent. Ses joueurs portés par le jeu et tournés vers l’offensive se délectent et ne veulent plus sortir. Derrière les différences, le technicien toulousain voit surtout un socle commun. "Dans tous les cas, ça reste du rugby. Après qu’on l’appelle à XV ou à XIII, en tout cas, dès l’instant qu’il est lancé, ça se ressemble beaucoup", ajoute le coach qui rappelle que la conquête reste évidemment une différence majeure : "La particularité de nos phases de conquête nous différencie évidemment avec ce jeu-là". Mais cette confrontation constitue aussi une expérience pour les jeunes joueurs du Stade. "Ce qui est sûr, c’est que les attitudes, et même pour nos jeunes joueurs, c’était une superbe expérience."
Le XIII n’est d’ailleurs pas un monde inconnu à Toulouse. "La grande majorité des joueurs regardent le XIII, notamment quand on se déplace, on regarde les matchs de NRL, de Super League, parce qu’ils aiment ça", souligne Mola qui révèle que "Romain Ntamack, Alexandre Roumat ou Antoine Dupont, suivent particulièrement cette discipline." Rappelons que le TO organise des séances communes avec le Stade Toulousain plusieurs fois par an, ce qui n’est jamais arrivé à Perpignan, là où les deux terrains d’entraînement ne sont séparés que d’1 km.
Je trouve que le rugby à XIII n’est quand même pas représenté à sa juste valeur en France
Cette journée s’inscrit enfin dans une histoire d’échanges plus ancienne. Mola connaît le Directeur de l’équipe de France, Trent Robinson depuis cinq ou six ans. "Il est venu passer de longues journées avec nous, il nous avait mis en éveil sur beaucoup de situations. Et puis on a gardé le lien, on a gardé le contact." Le staff toulousain s’est également rendu au Sydney Roosters il y a deux saisons. Pour Mola, ces passerelles méritent d’être développées. Et le rugby à XIII davantage considéré en France. "Je trouve que le rugby à XIII n’est quand même pas représenté à sa juste valeur en France. Et quand on connaît un petit peu l’histoire de ce sport, c’est quand même dommage."
Mardi, au Stade, les deux rugbys ont simplement partagé leur terrain, leurs gestes et leurs regards. Avec une conviction pour Mola : "Ça n’enlèverait rien au 15 que le 13 soit performant."