Le 2 juillet dernier, un gros incendie survenu à Canet-en-Roussillon (Pyrénées-Orientales) détruisait deux des trois bâtiments du groupe Catana, fleuron régional de la construction de catamarans. Le patron Aurélien...
Le 2 juillet dernier, un gros incendie survenu à Canet-en-Roussillon (Pyrénées-Orientales) détruisait deux des trois bâtiments du groupe Catana, fleuron régional de la construction de catamarans. Le patron Aurélien Poncin a annoncé une reprise d’activité début 2027 alors que le groupe présente deux bateaux au salon nautique de Cannes.
L’imposant catamaran Yot Power 53, navire de grand voyage de 16 m, en impose dans le vieux port de Cannes où il est présenté en avant-première mondiale au salon du yachting, jusqu’à ce dimanche 13 septembre. Il illustre le savoir-faire du groupe Catana-Bali, dont le siège et une partie de la production sont basés à Canet-en-Roussillon (Pyrénées-Orientales). Il a pourtant connu un début d’été cauchemardesque. En cause : le feu de forêt du 2 juillet, qui, incontrôlable, est venu attaquer le bord du littoral, conduisant à l’évacuation de 1700 campeurs à Canet, détruisant plus de 200 bungalows, mais aussi les unités de fabrication du chantier spécialisé dans le multicoque.
"Nous avons perdu deux bâtiments sur trois, détruits par les flammes, ils accueillaient les lignes d’assemblage du Bali 5.8 et du Catana Oc 50", rappelle Aurélien Poncin, le directeur général du groupe. "Nous avons perdu six bateaux, donc c’est un coup dur industriel." Dans leur malheur, une très bonne nouvelle cependant : les moules des catamarans, "la brique nécessaire pour fabriquer les bateaux", ont été sauvés.
Nous avons deux plans : d’abord reconstruire rapidement des bâtiments temporaires pour remplacer ceux qui ont brûlé et reprendre notre activité dès le début 2027.
"S’il avait fallu remplacer les moules, ça nous aurait bloqué un exercice complet", calcule le patron qui salue encore l’investissement de ses salariés – plus de 270 sur le site pour une quarantaine de navires Catana et Bali qui sortent chaque année du chantier – comme les pompiers qui ont limité les dégâts et permis "un espoir de redémarrage rapide".
Vers un nouveau site de production industrielleCar déjà, ce capitaine d’une industrie fleuron d’Occitanie se tourne vers l’année prochaine, avec la mobilisation et l’aide de l’État pour accélérer les formalités, comme de la municipalité qui s’est beaucoup investie salue-t-il. "Nous avons deux plans : d’abord reconstruire rapidement des bâtiments temporaires pour remplacer ceux qui ont brûlé et reprendre notre activité dès le début 2027", annonce Aurélien Poncin. "Et en parallèle, les nombreuses démarches administratives pour la construction du nouveau site de production industrielle de Catana ont été accélérées, on peut compter sur un démarrage des travaux en mars 2027." Cet agrandissement était déjà planifié et les incendies ont modifié son champ d’action : le site était prévu pour fabriquer les grandes unités, 70 pieds et plus, "les circonstances font qu’on va lui demander désormais de fabriquer non seulement ces bateaux-là, mais aussi la gamme historique qui était fabriquée à Canet-en-Roussillon."
De quoi donner du baume au cœur aux salariés, dont l’outil de travail est parti en fumée mais les salaires ont été maintenus. Aujourd’hui, Catana se reconstruit et Aurélien Poncin se veut résilient : "Ce sont des parts de marché que l’on abandonne, maintenant il n’y a pas eu de blessé, si ce n’est le choc psychologique, ça aurait pu être pire".
Deux nouveaux modèles présentés à CannesEn attendant, l’incontournable rendez-vous du Cannes Yachting festival permet à la marque de se faire connaître. Avec ce nouveau Yot Power 53, entrée de la marque dans le segment de l’habitable lancé – sa construction est réalisée au Portugal – pour apporter "un relais de croissance" dit le PDG dont le groupe a basculé dans le multicoque à moteur depuis 2023. Le carnet de commandes commence à s’étoffer, à environ 1,2 million d’euros le bateau équipé. Ce rendez-vous européen du nautisme a aussi permis au chantier d’annoncer l’arrivée du nouveau Bali 43, encore sur plan, dont la marque représente 90 % du chiffre d’affaires du groupe. Ce "43" sera construit en Tunisie comme les petites unités, mais le suivant, le "70" le sera à Canet-en-Roussillon comme tous les grands navires.
Reste pour le groupe à observer les tendances d’un marché en dent de scie. Le bilan de la Fédération des industries nautiques (FIN) révélé début septembre note en un an un recul de la vente des bateaux neufs de 5,2 % et d’occasion de 3,8 %. À Cannes, Aurélien Poncin a signé des contrats et se veut pourtant optimiste : "Le marché a trouvé un point de stabilisation et un petit début de retour de confiance."