À l’occasion des 50 ans de la mort de Jacques Prévert, une saison entière lui est consacrée à Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne). Au cœur de ce projet, une exposition consacrée à "la bande à Prévert" au musée Gajac,...
À l’occasion des 50 ans de la mort de Jacques Prévert, une saison entière lui est consacrée à Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne). Au cœur de ce projet, une exposition consacrée à "la bande à Prévert" au musée Gajac, préparée en collaboration avec Eugénie Bachelot-Prévert, sa petite-fille. Elle propose une plongée dans l’intimité d’un artiste afin de redécouvrir la modernité, l’engagement et la liberté à travers, entre autres, des photographies, collages, affiches de films et documents provenant de familles et de proches. Elle ouvrira le 5 mars 2027 et sera visible jusqu’au 18 juin.
À l'occasion de la présentation du spectacle "L'Envol de Prévert", présenté en ouverture du festival littéraire de Villeneuve-sur-Lot au théâtre Georges-Leygues, Eugénie Bachelot-Prévert, petite-fille de Jacques Prévert, avait fait le déplacement dans la bastide. Ce spectacle fait partie de la programmation culturelle de Villeneuve-sur-Lot qui, pour sa saison 2026-2027, a voulu honorer le 50e anniversaire de la disparition du poète et scénariste.
Étant l’unique ayant droit du poète et scénariste français, décédé en 1977, Eugénie Bachelot-Prévert a profité de son voyage en Lot-et-Garonne pour dévoiler, en compagnie des élus et acteurs culturels villeneuvois, les moments forts de "la Saison de Jacques Prévert", un vaste projet artistique et culturel qui se déploiera dans plusieurs lieux culturels de la ville sous-préfecture de septembre 2026 à septembre 2027 (lire ci-contre). Et plus particulièrement l'exposition "La bande à Prévert", qui aura lieu au Musée Gajac du 5 mars au 18 juin 2027. Elle racontera non seulement le poète, mais surtout son entourage. Eugénie Bachelot-Prévert fournira un certain nombre de productions de son aïeul (photographies, écrits, éphémérides, collages et affiches de films), qui proviennent de sa collection personnelle et de celle de ses proches.
"J’étais peut-être un peu préparée à m'occuper de son œuvre par toute la bande à Prévert""Il m’est apparu évident qu’il fallait faire la bande à Prévert." Cette fameuse cercle d'amis de son aïeul faite d’artistes, de cinéastes, de musiciens, de photographes et d’amis. Du surréalisme au cinéma, du théâtre aux chansons, de la photographie aux collages, l’exposition entend raconter une histoire collective. Celle de Jacques Prévert, mais aussi celle de Robert Doisneau, Maurice Baquet, Paul Grimault, Pierre Prévert, Marcel Mouloudji et de nombreux autres artistes et amis. Une histoire d'amitié qui a conduit vers le cinéma, la chanson, le théâtre, le groupe Octobre, ou encore le film Le Roi et l’Oiseau. "En fait, ce qui est assez fou, c’est que tous ces gens travaillaient ensemble, étaient très politiquement engagés et partageaient beaucoup de choses, qui se sont transmises petit à petit aux enfants et aux petits-enfants. Il y a vraiment quelque chose de très fort."
Eugénie Bachelot-Prévert, petite-fille de Jacques Prévert et unique ayant droit de l'œuvre de son grand-père.
DDM Valentin Vié
Depuis plusieurs années, Eugénie Bachelot-Prévert, qui est artiste et peintre, veille sur l’œuvre de son grand-père et accompagne les projets qui permettent de la faire vivre. Même si elle a très peu connu Jacques Prévert, qui est mort alors qu'elle n’avait que trois ans, cette dernière a grandi avec sa présence, grâce à ses amis, à ses œuvres et aux souvenirs transmis par ceux qui l’avaient connu. "J’étais peut-être un peu préparée à m'occuper de son œuvre, justement, par toute la bande à Prévert. Je pense qu’eux aussi avaient un regard sur tout cela, parlaient beaucoup de Jacques, parce qu’ils l’adoraient, c’était leur pote qui leur manquait." La transmission s’est surtout faite au contact des œuvres. Manuscrits, collages, photographies, textes et documents ont peu à peu constitué une connaissance intime de cet héritage. À Paris, l’ancien appartement de Jacques Prévert, situé au-dessus du Moulin-Rouge, conserve encore une partie de cette mémoire. Eugénie le décrit comme un véritable lieu d’archives et de transmission.
"Jacques Prévert n’aimait pas qu’on l’appelle poète"Aujourd’hui, elle est notamment attentive au respect des textes et du droit moral de l’auteur. Mais elle refuse de figer l’œuvre : "Je n’interdis rien du tout", explique-t-elle, rappelant que son rôle est d’accompagner les projets, de préserver les textes et œuvres de son grand-père et de veiller à la cohérence des adaptations qui sont proposées. Pour sa petite-fille, l’enjeu est aussi de sortir Jacques Prévert de l’image que le public conserve parfois de lui : celle du poète à la cigarette, coiffé de sa casquette, devenu une figure familière de la poésie apprise à l’école. "Jacques Prévert est resté figé, justement, avec les photos de Robert Doisneau. Mais, en fait, personne ne le connaît vraiment. On va porter, je pense, un nouveau regard sur Jacques Prévert."
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Car Prévert ne se résume pas aux quelques poèmes étudiés à l’école. Il fut aussi scénariste, dialoguiste, auteur de chansons et plasticien. "Jacques Prévert n’aimait pas qu’on l’appelle poète. Il ne comprenait pas pourquoi on l’appelait comme ça." Les collages, notamment, occupèrent une place importante dans la dernière partie de sa vie. Et c’est précisément cette liberté artistique et cette diversité de supports d'expression que la saison culturelle veut mettre en avant. L'an prochain, Villeneuve-sur-Lot entend bien faire l'inventaire de toutes les facettes de Prévert.
Entre les automnes 2026 et 2027, Jacques Prévert sera à l’honneur à Villeneuve-sur-Lot. Tout a commencé avec L’Envol de Prévert de Narcisse, le 25 septembre dernier à 19 h 30 au théâtre Georges-Leygues.