Quatre ans et demi après l’explosion meurtrière de Saint-Laurent-de-la-Salanque, qui a coûté la vie à huit personnes, la cour d’assises des Pyrénées-Orientales va se pencher sur l’affaire à partir de ce jeudi 1er...
Quatre ans et demi après l’explosion meurtrière de Saint-Laurent-de-la-Salanque, qui a coûté la vie à huit personnes, la cour d’assises des Pyrénées-Orientales va se pencher sur l’affaire à partir de ce jeudi 1er octobre 2026. Celta et sa fille Samantha, qui n’avait que 15 ans à l’époque et est aujourd’hui une jeune adulte, ont survécu à ce drame. À l’approche de l’échéance judiciaire, elles ont accepté de livrer leur témoignage.
Comment appréhendez-vous l’ouverture imminente de ce procès ?
Celta : "Je stresse beaucoup, tout le monde ne va pas aux assises. Je suis pressée que ce soit fini. Pas pour tourner la page, c’est impossible, mais pour essayer d’avancer."
Samantha : "Je dors mal, je stresse. J’ai gardé tout ça pendant si longtemps… Aujourd’hui, les souvenirs reviennent à la charge. Cela crée un ralentissement dans ma vie et un mal-être profond, je ne pense à rien d’autre."
Samantha, vous étiez mineure au moment des faits. Comment s’est déroulée votre reconstruction ?
" Pour moi, ce qui s’est passé a été fait volontairement et ça a chamboulé toute ma vie. Amnésie, mutisme, je me suis renfermée… C’était dur et ma famille s’inquiétait. J’avais des projets d’études que j’ai dû abandonner, car il a fallu choisir entre ma santé mentale et les cours. Le lycée m’a beaucoup aidée, mais je ne me sentais en sécurité nulle part. Même se sentir chez soi ne voulait plus rien dire pour moi."
Face à ce traumatisme, comment tient-on au quotidien ?
Celta : " C’est l’amour de ma famille et ma psy qui m’aident à tenir debout. Mais cela n’enlève pas le traumatisme et le fait de se demander tous les jours : pourquoi nous ? Pourquoi ce feu ? Pourquoi on est vivant ? "
Samantha : "J’ai changé d’environnement, mais je vis toujours à Saint-Laurent. Quand je vois l’immeuble, c’est horrible. J’arrive à tenir car si je suis là aujourd’hui, c’est que j’ai un but dans la vie, mais tout est si flou."
Qu’attendez-vous concrètement des débats à la barre ?
Celta : "Nous espérons une peine lourde pour le mal que nous, ainsi que beaucoup d’autres, avons vécu. Nous voulons savoir exactement ce qui s’est passé, obtenir la reconnaissance de notre statut de victime et savoir que nous ne verrons plus le ou les incendiaire(s)."
Samantha : " Pour ma part, je veux que cela se termine enfin, exorciser et classer ce dossier en étant plus forte que jamais."