À Marseille, Amina, 85 ans, subit les pressions répétées de ses propriétaires pour quitter son T3 qu’elle loue depuis trente ans. Les investisseurs veulent diviser le logement pour augmenter sa rentabilité.
l'essentiel À Marseille, Amina, 85 ans, subit les pressions répétées de ses propriétaires pour quitter son T3 qu’elle loue depuis trente ans. Les investisseurs veulent diviser le logement pour augmenter sa rentabilité.
L'appétit financier face à la vulnérabilité. À Marseille, une octogénaire se retrouve désemparée face à ses bailleurs, rapporte Le Figaro Immobilier. Après leur avoir vendu son petit immeuble dont elle était propriétaire, elle est à présent poussée vers la sortie pour des raisons de rentabilité. Les investisseurs cherchent à récupérer son appartement pour le scinder en deux unités, en violation des règles du droit d'habitation.
De propriétaire à locataire sous pressionAmina vit depuis trois décennies dans un petit immeuble marseillais qu'elle avait elle-même acheté dans les années 1990. Ce bien immobilier se compose d'un T3 avec terrasse situé au premier étage, où elle réside, et de trois studios loués au rez-de-chaussée. À 80 ans, la dégradation de sa santé ne lui permettant plus de gérer les locataires, elle décide de vendre l'intégralité du bâtiment pour 250 000 euros. Attachée à ses habitudes, elle négocie avec les acquéreurs un bail pour rester dans son logement contre un loyer de 750 euros par mois.
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Cinq ans plus tard, les bailleurs exigent son départ vers le bas : "Ses propriétaires lui ont dit : vous allez déménager dans un studio qui est libre au rez-de-chaussée. C'est pour votre bien", explique Tristan Robet, fondateur du projet Béguinage Solidaire. En réalité, le motif est financier : "Ils veulent faire deux studios dans son T3 pour gagner plus d'argent".
Menaces et chantage au loyerFace au refus d'Amina, les investisseurs ont transmis trois options par courriel : emménager dans un studio au rez-de-chaussée, céder une partie du T3 ou rompre le bail. En cas d'échec, ils menacent d'augmenter son loyer pour compenser le "manque à gagner".
Une tentative d'intimidation illégale. "Le propriétaire ne peut pas augmenter le loyer au-delà de l'indexation annuelle qui est prévue dans le bail", rappelle Maître Hélène Gilliot, avocate au barreau de Paris. Elle insiste : "Il s’agit d’une violation flagrante du bail (...) de l’expropriation", tranche-t-elle, conseillant à la résidente de contester toute tentative d'expulsion en justice.