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En France, cinq candidats en lice au centre et à droite pour la présidentielle : "C’est quatre de trop"

Дата публикации: 01-10-2026 09:31:18

Faute de primaire organisée, les prétendants de l’ancien socle commun sont engagés dans une compétition informelle. Qui en sortira en position de force pour attaquer la vraie campagne présidentielle face à Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon ? ...

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Ça se bouscule au portillon de l'Elysée… En ce début d'automne, cinq personnalités ont officiellement déclaré leurs ambitions présidentielles dans les rangs de la droite et du centre : les deux anciens Premiers ministres d'Emmanuel Macron, Édouard Philippe (Horizons) et Gabriel Attal (Renaissance), son ex-ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau (Les Républicains), le maire de Cannes David Lisnard (Nouvelle Énergie) et le député Olivier Becht (sans étiquette). "C'est évidemment quatre de trop ! estime Vincent Martigny, professeur de sciences politiques à l'université de Nice et à l'École polytechnique, et chercheur associé au Cevipof. Aujourd'hui, la droite et le centre se retrouvent – pour la première fois de leur histoire – dans une situation quasi parallèle à celle de la gauche : leur socle s'est tellement rétréci qu'ils ont la certitude de perdre s'ils ne sont pas parfaitement rassemblés".

Mais si la gauche sociale-démocrate organise une primaire pour départager ses concurrents d'ici au 17 octobre, à droite et au centre, aucun processus commun ne parvient à s'imposer. Ni les appels de Laurent Wauquiez et d'Hervé Morin, ni le projet de primaire du "grand fleuve central" présenté par François Bayrou le 20 septembre n'ont permis de rapprocher les positions. Pourquoi ? Divergences politiques, rivalités personnelles, mauvais souvenirs des précédentes primaires – Édouard Philippe reste marqué par l'élimination de son mentor Alain Juppé en 2016 – : les raisons de ne pas organiser le scrutin ne manquent pas. Et la liste des prétendants pourrait encore s'allonger : Xavier Bertrand a lui aussi des ambitions présidentielles, tandis que Dominique de Villepin entretient le suspense.

"Rien n'imprime"

Chacun avance, dans son couloir respectif, espérant s'imposer d'ici la fin de l'année comme le candidat évident de son camp : Gabriel Attal promet une loi de programmation à cinq ans pour le logement dès l'été 2027 ; Edouard Philippe présente sa réforme des retraites avec un départ à 65 ans et une durée de cotisation portée à 45 ans ; et Bruno Retailleau dévoile ses mesures sur le pouvoir d'achat, les salaires et les prix de l'énergie et de l'essence. Mais pour l'instant, "rien n'imprime" comme le résume un philippiste, selon Politico.

La gauche française se prépare, en ordre dispersé, à la bataille de la présidentielle

Et forcément, l'atmosphère se tend. Quand Édouard Philippe évoque dans un podcast "un système dans lequel le président est élu en mai et prend ses fonctions en septembre", son challenger Gabriel Attal rétorque : "Moi, je considère que la France n'a plus une minute à perdre". Dans Le Crépuscule des princes (Éditions du Rocher), écrit par les journalistes Jérémy Marot et Pauline Théveniaud, Édouard Philippe juge "très immature" la prétention de Gabriel Attal à être meilleur que lui en campagne, et rappelle au passage que ce dernier n'a "jamais fait un budget à Matignon". Le 12 septembre, Retailleau s'en prend à son tour à ses rivaux : "Ils vous promettent de réparer demain ce qu'hier ils ont détruit". Ambiance.

Personne n'est prêt à se désister

"La campagne telle qu'elle se présente aujourd'hui nous mène inéluctablement à la dispersion au premier tour et à la disparition au second", alertaient fin août plus de 200 élus signataires d'une tribune publiée dans le Figaro, alors que plane la menace d'un second tour entre la candidate du Rassemblement nationale (RN, extrême droite) Marine Le Pen et le champion de La France insoumise (LFI, gauche radicale) Jean-Luc Mélenchon.

Le 8 septembre, Édouard Philippe, favori du bloc central, a proposé une réunion de rassemblement autour de la présidentielle et des législatives, vers la Toussaint. Mais Bruno Retailleau a immédiatement décliné l'invitation, la présentant comme "une réunion destinée aux macronistes". "Pour l'heure, les états-majors ne sont pas du tout dans une logique de voir leur candidat se désister au profit d'un autre", analyse Vincent Martigny.

Edouard Philippe veut pousser ses rivaux à se ranger derrière lui"Pas de duel fratricide"

Certains estiment qu'à force de vouloir s'éliminer les uns les autres avant 2027, les candidats de la droite et du centre risquent d'arriver affaiblis, usés et avec un électorat lassé, au vrai départ de la campagne. Un premier signe d'érosion apparaît dans les enquêtes d'opinion. Selon un sondage Ifop réalisé du 11 au 14 septembre, seuls 34 % des Français souhaitent voir Édouard Philippe se présenter à la présidentielle, contre 41 % en mai 2025. Gabriel Attal passe, lui, de 34 % à 29 %. Vincent Martigny tempère. "La campagne n'a pas commencé dans l'esprit des Français. Pour l'heure, il faut laisser à chacun le temps de construire sa candidature et d'exprimer ses convictions. À partir de janvier, les candidats qui seront le moins bien placés dans les sondages auront du mal à se maintenir contre vents et marées". Reste à savoir ce qu'il arrivera si trois prétendants continuent malgré tout de se considérer comme légitimes pour représenter leur famille politique. Qui disposera de l'autorité nécessaire pour les départager ?

Vincent Martigny "n'imagine pas un instant un duel fratricide où chacun espère triompher dans les décombres". L'histoire politique regorge pourtant de scénarios que personne n'avait osé imaginer.

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