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Soupçon de peste en Russie : décès d’une laborantine, mesures sanitaires, aide américaine… Ce que l’on sait

Дата публикации: 06-10-2026 15:43:32

La mort de Daria Chipilova, une technicienne de laboratoire de 28 ans qui travaillait pour l’Institut de lutte contre la peste d’Irkoutsk, rapportée par des médias russes vendredi, a suscité de vives inquiétudes. Les autorités confirment ce décès mais tempèrent le soupçon de cas de peste pulmonaire.

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Une technicienne de l’Institut de lutte contre la peste d’Irkoutsk, en Sibérie, est décédée le 2 octobre d’une infection, qui pourrait être un cas de peste pulmonaire. ANTI-PLAGUE RESEARCH INSTITUTE OF SIBERIA AND FAR EAST/AP/SIPA

Le 2 octobre, Daria Chipilova, technicienne de l’Institut de lutte contre la peste d’Irkoutsk, est décédée en Sibérie, dans des circonstances encore floues. Plusieurs médias indépendants ont rapporté sa mort, dont le média « Peuples du Baïkal », qui a expliqué qu’elle aurait pu contracter la peste pulmonaire après le bris d’un tube à essai. Parmi les éléments qui ont interpellé le titre local : la mise en quarantaine de 90 cas contacts le 1er octobre, puis de 200 personnes dès le 2 octobre. Si les autorités russes ont confirmé son décès le jour même, elles s’emploient depuis à démentir l’hypothèse d’un cas de peste.

Ce 6 octobre, l’agence de santé publique régionale de Rospotrebnadzor a balayé les informations de médias indépendants sur les possibles mesures de quarantaine dans la région, qui auraient débuté le 1er octobre, quelques heures avant la mort de la jeune femme. Dans un communiqué sur Telegram, l’agence a qualifié de « fausse information […] l’instauration d’un régime sanitaire et épidémiologique renforcé et de restrictions strictes dans la région d’Irkoutsk. » Malgré les démentis des autorités, la situation inquiète, jusqu’aux Etats-Unis.

• Un décès aux circonstances floues

Tout commence le 2 octobre, lorsqu’un responsable régional d’Irkoutsk confirme le décès de Daria Chipilova, alors que « Peuples du Baïkal » vient d’évoquer de possibles liens avec la peste pulmonaire. L’hypothèse privilégiée par le média, qui s’est entretenu avec un médecin spécialiste des infections graves, est celle du bris accidentel d’un tube à essai contenant l’agent de la peste. La technicienne, qui ne l’aurait pas signalé, aurait pu contracter cette infection causée par des bactéries et hautement contagieuse.

Si cette piste n’est pour l’heure pas confirmée, une déclaration gouvernementale le 2 octobre va dans ce sens. Alexeï Tsydenov, gouverneur de la région russe de Bouriatie, indique alors dans un message sur les réseaux sociaux que cette femme est « morte de la peste ». Une information officielle vite balayée par les suivantes.

Le 5 octobre, le gouverneur régional d’Irkoutsk, Igor Kobzev, s’appuyant sur les analyses post-mortem réalisées par une commission spéciale d’experts de Rospotrebnadzor, affirme que la cause du décès de la jeune femme « est une pneumonie d’étiologie indéterminée. » Et de préciser sur Telegram que, selon cette enquête, « aucun micro-organisme lié à l’activité professionnelle de la jeune femme n’a été détecté dans ses biomatériaux ».

• De possibles quarantaines

L’hypothèse d’un cas de peste a aussi été mise en avant par des médias indépendants dans la mesure où ils ont reçu des témoignages de mises en quarantaine qui se seraient produites dès le 1er octobre. Plus d’une soixantaine d’employés de l’institut où travaillait Daria Chipilova ont été isolés, selon deux témoignages recueillis par le média indépendant « Sibir.Realii », rattaché à Radio Free Europe/Radio Liberty et cité par « Courrier international ».

Outre le lieu de travail de la défunte, ce seraient désormais les hôpitaux qui procéderaient à des confinements. Selon « Sibir.Realii », des patients de l’hôpital clinique no 1 d’Irkoutsk, ainsi que le personnel, auraient interdiction de sortir. Réciproquement, « aucun proche n’est autorisé à entrer ». A partir d’une source médicale, le média indépendant régional « Loudi Baïkala » rapporte, lui, que d’autres hôpitaux de la région mettraient en place des restrictions, et que des médecins « parlent déjà ouvertement de peste. »

Les précautions s’étendraient même à l’espace public, selon « Peuples du Baïkal », qui raconte que des « habitants de Chelekhov ont déjà remarqué des personnes portant des combinaisons de protection, des masques et des gants dans les rues » et « signalé la distribution de masques dans les écoles maternelles ».

L’agence de santé publique russe assure de son côté que « la situation sanitaire et épidémiologique dans la région d’Irkoutsk, ainsi que dans les villes d’Irkoutsk et de Chelekhov, est calme. » Et de renvoyer les possibles quarantaines à une « fausse information. »

· Les Etats-Unis aux aguets, l’Europe faiblement exposée

Malgré ces démentis, l’inquiétude grandit au-delà des frontières. Car la peste pulmonaire, transmissible d’homme à homme, est toujours mortelle en l’absence de traitement, quand la peste bubonique, qui se transmet de l’animal à l’homme par la piqûre de puces infectées, a un taux de létalité de 30 à 60 %, selon l’Organisation mondiale de la Santé. Le président américain, Donald Trump, a déclaré le 5 octobre : « On regarde ça de très près, on vient juste d’en entendre parler. » Et d’ajouter : « On va les aider. » « Il incombe à la Russie de partager davantage d’informations sur ce qui s’est passé », a ajouté ce mardi 6 octobre le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, soulignant que toute infection en laboratoire inquiétait d’autant plus depuis la pandémie de Covid.

Si le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a simplement estimé ce mardi, lors de son briefing quotidien, qu’une offre d’aide américaine était « toujours très positive », l’agence de santé russe a proposé en retour ses services à Washington. Et de citer des cas récents de maladies infectieuses aux Etats-Unis, dont la rougeole et un cas mortel de peste recensé en juin dernier au Nouveau-Mexique.

Le Kazakhstan, le Kirghizistan et l’Ouzbékistan, ont, selon « Courrier International », annoncé surveiller la situation et renforcé leurs contrôles sanitaires ou contrôles aux frontières. De son côté, l’OMS a estimé, ce 6 octobre, que le risque était « faible » pour la Russie et « très faible » pour l’Europe, après « l’évaluation initiale des risques » menée par ses soins.

Annoncée en juin dernier, une conférence sur la peste et d’autres maladies infectieuses rassemblant des experts de plusieurs ex-républiques soviétiques doit se tenir à Irkoutsk les 21 et 22 octobre. Elle aura pour thème la surveillance épidémiologique, la coopération internationale et la protection sanitaire, selon son site internet, qui n’a pas encore détaillé le programme précis.

Par  Service Actu

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