Chanteur vétéran de la scène française, Hugues Aufray, 97 ans, fait toujours de la musique, enquille les tournées à travers la France. Pas question, pour lui, de se retirer.
Il n’y a qu’un Hugues Aufray dans la musique française. Folkeux bien de chez nous, artiste romantique fou de sculpture, pote de la légende Bob Dylan et homme aux 430 chansons. Oui, oui, vous avez bien lu. Plus de 400 titres enregistrés, pas forcément de sa plume, au cours de plus de soixante ans de carrière ! Un vétéran de la gratte comme il le prouve à chaque nouveau concert. Non, Aufray n’est pas encore à la retraite. Et il l’a bien fait savoir.
Hugues Aufray, une carrière faste en chiffresLes hommes mentent mais pas les chiffres, si l’on en croit un vieux dicton. Prenez Hugues Aufray, fringant chanteur de 97 ans qui a commencé sa carrière en 1948. À l’époque, le jeune homme hésite entre faire de la musique ou de la peinture et de la sculpture. Il choisira la première option après avoir remporté le télé-crochet Les Numéros 1 de demain qui lui permet de signer chez Barclay. Toutefois, il met quelques années à percer…
1961, il sort Santiano, premier tube qui est en réalité une reprise d’un vieux chant de marins irlandais du XIXème. Trois ans après, il termine à la 4ème place du célèbre concours de l’Eurovision. La suite, on la connaît. Le chanteur sort d’autres tubes tels que Céline, Stewball. Bilan en 2026 ? 67 ans de carrière, quelque 430 chansons enregistrées, une trentaine d’albums studios et 4 millions de CD vendus. Pas mal, non ?
C’est le grand ami de la légende Bob DylanL’histoire est connu comme le loup blanc, ou Le Petit âne gris pour citer une chanson d’Aufray. Ce dernier est très proche de la légende du folk américain -et de la musique- Bob Dylan. Hugues Aufray rencontre celui-ci dans le New York des sixties. Et plus particulièrement au cœur de Greenwich Village, haut lieu de la contre-culture à l’époque. Aufray est à peine reconnu en France, Dylan, lui, sur le point de devenir une immense star.
Une amitié pure et sincère se noue entre les deux artistes. Un respect mutuel aussi. Si bien que, quelques années après leur rencontre, Aufray arrive à convaincre Dylan de possibles reprises de ses chansons phares dans la langue de Molière. Ainsi, l’interprète de Santiano plonge dans le répertoire de celui que l’on nomme aussi Robert Zimmerman. Pour en tirer Aufray chante Dylan, en 1965, Aufray Trans Dylan, en 1995, et New Yorker, en 2009.
Aufray cash sur la retraite et les subventionsFin juin 2026, Hugues Aufray, 97 printemps au compteur donc, déboule sur la scène du Zénith de Rouen. Oui, l’artiste nonagénaire continue d’enchaîner les dates malgré son âge vénérable. Et, forcément, lorsqu’il parle à la presse, son tonus arrive toujours sur le tapis. Tout comme la possibilité -ou non, visiblement- de prendre sa retraite. Une ritournelle dans les entretiens de l’intéressé depuis une bonne dizaine d’années.
“Nous vivons dans ce que l'on fait naturellement et ce que l'on aime : on joue, on ne travaille pas.”, raconte Hugues Aufray dans les colonnes de Paris-Normandie. Avant d’ajouter : “Si je ne prends pas ma retraite, malgré mon âge, c'est parce que je ne travaille pas ! Je suis plutôt contre les subventions pour les artistes [...] Les grands artistes ne sont d'ailleurs pas subventionnés.” Ses copains de l’industrie du spectacle apprécieront.