Le chanteur dijonnais, qui se produit samedi au Théâtre de la Mer, à Port-La Nouvelle au profit du Lions Club, poursuit un parcours singulier, loin des circuits traditionnels. À l’approche d’un nouvel album, il...
Le chanteur dijonnais, qui se produit samedi au Théâtre de la Mer, à Port-La Nouvelle au profit du Lions Club, poursuit un parcours singulier, loin des circuits traditionnels. À l’approche d’un nouvel album, il revendique une chanson française attachée aux émotions, aux rapports humains et à une certaine idée de la résistance à l’industrie musicale.
Vous êtes entré dans la chanson à 40 ans. Avec le recul, comment regardez-vous ce parcours atypique ?
Je n’avais pas forcément envie d’être dans la lumière de façon absolue. À 25 ans, j’aurais peut-être adoré ça, mais à 40 ans, on a moins cette envie. Vu de l’extérieur, mon parcours peut ressembler à un conte de fées : je commence tard et, depuis bientôt trente ans, j’ai la chance d’avoir un public qui me suit. Mais ce n’était pas un choix délibéré. J’ai signé avec Patrick Sébastien, qui m’a produit pendant quatre ans. Ensuite, les choses se sont faites au gré des circonstances, des accidents de parcours. Finalement, je ne regrette pas de ne pas avoir été davantage dans la lumière. La notoriété en elle-même ne m’intéresse pas beaucoup. Ce qui compte, c’est que les gens viennent pour les chansons.
Votre univers s’inscrit dans la continuité d’une certaine tradition de la chanson française.
Je suis le reflet de la culture musicale dans laquelle j’ai grandi. J’ai beaucoup écouté Maxime Le Forestier, Bernard Lavilliers, Renaud, Anne Sylvestre, Jean-Pierre Ferland, François Béranger… Je ne prétends pas bouleverser la chanson française. Je m’inscris dans la continuité de mes pairs. Et cette tradition est toujours vivante. Aujourd’hui, il existe toute une génération d’artistes qui font des choses formidables, mais qui restent largement ignorés des médias. Je pense notamment à Nicolas Jules ou à Erwan Pinard. On peut comprendre que les médias suivent des logiques commerciales, mais il faut aussi constater qu’une partie de la chanson française est laissée de côté.
Vous parlez d’une chanson artisanale, presque en résistance.
Oui, parce qu’elle continue d’exister en dehors des logiques de marché. Il y a un public pour ces artistes, mais encore faut-il lui donner la possibilité de les découvrir. Quand les médias ne suivent plus, c’est plus difficile de se faire connaître et de fidéliser un public. J’ai vu beaucoup de chanteurs passer, être récompensés par des prix, puis disparaître des radars. Dans ce métier, il faut souvent deux entrées : être découvert, puis réussir à installer ses chansons dans la durée. Si le public n’a pas le temps de s’attacher à un artiste, c’est compliqué. Pourtant, cette chanson est un véritable héritage, dans la continuité de Barbara, d’Anne Sylvestre et de tous ceux qui ont fait vivre cette tradition.
Le meilleur d’Yves Jamait, par lui-même et deux accordéonistes.
D.R. Marius Manier
Vous ne choisissez pas toujours les villes dans lesquelles vous vous produisez. Le Sud vous accueille-t-il moins souvent ?
Ce n’est pas moi qui décide où je joue. Mon tourneur propose le spectacle et les organisateurs, les directeurs de salles ou de théâtres choisissent de nous accueillir. C’est vrai que je joue davantage au-dessus de la Loire que dans le Sud, mais ce n’est pas une volonté de ma part. Il y a peut-être davantage d’artistes en concurrence, notamment pendant la période estivale. Si je pouvais jouer tous les jours, je le ferais ! J’ai été cuisinier, j’ai travaillé à l’usine, dans le bâtiment, dans l’imprimerie… Un artisan travaille tous les jours dans son atelier. Je ne vois pas pourquoi je ne ferais pas de même. La scène est l’endroit où je me sens le mieux au monde.
Qu’est-ce que la scène vous apporte que le disque ne peut pas offrir ?
Le disque fixe une chanson à un endroit précis. Sur scène, elle vit, et moi je vis à travers elle, à cet instant-là. C’est difficile à expliquer. Il y a peut-être une part d’ego, évidemment, mais je ne suis pas quelqu’un qui a besoin de se montrer en permanence. Je sais simplement, depuis que je suis gamin, que j’ai envie de faire des spectacles. Sur scène, j’ai l’impression d’être vraiment à ma place. Dans la vie en général, je ne suis pas certain d’être très bon dans ce qu’on me demande. Là, en revanche, je me sens bien.
Votre expérience des métiers manuels nourrit-elle encore votre regard sur la société ?
Forcément. Je suis un homme sans diplôme qui a travaillé en bas de l’échelle. Je sais ce que cela signifie de faire des métiers où l’on peut être traité comme si l’on ne valait rien. Alors, quand j’entends des gens donner des leçons à ceux qui ont travaillé toute leur vie, leur expliquer qu’ils doivent travailler jusqu’à 67 ans, je suis révolté. Cette expérience fait partie de moi. Elle nourrit mon regard sur les rapports humains et sur les injustices.
Comment naissent vos chansons aujourd’hui ?
J’écris surtout parce que j’ai besoin de nouvelles chansons pour construire un spectacle. Je ne suis pas quelqu’un qui écrit tous les jours, mais je note des choses quotidiennement : une anecdote, un mot, une phrase entendue, une idée qui me traverse l’esprit. J’ai toujours mon téléphone avec moi pour ne rien perdre. Quand vient le moment de préparer un album, je reprends ces éléments, je tire sur un mot, une idée, pour voir ce qu’il y a derrière. Je travaille ainsi, sans forcément savoir au départ où cela va me mener.
Votre prochain album abordera-t-il directement l’actualité ?
Je parle rarement de l’actualité de façon frontale. J’ai participé récemment à une chanson collective sur la Palestine, avec notamment Renaud et d’autres artistes. Mais, habituellement, les sujets de société apparaissent plutôt en filigrane. Je m’intéresse aussi beaucoup aux relations humaines, au couple, à l’amitié. Je n’ai jamais voulu être le chanteur engagé de service. La révolte est une émotion qui m’intéresse, comme l’indignation, mais je veux travailler sur toutes les émotions que nous traversons. C’est aussi cela, pour moi, la chanson : raconter ce qui nous relie et ce qui nous bouleverse.
Du 16 au 18 octobre, le Théâtre de la Mer de Port-La Nouvelle accueille le Festival de la chanson française, organisé par le Lions Club local sous le parrainage d’Hélène Nougaro.
Au programme : hommage à Henri Salvador et ses chansons douces par le Bergin’4Tet, vendredi à 21 h, Yves Jamait, samedi à 21 h, et un hommage à Claude Nougaro avec « Nougaro via Alsina », dimanche à 16 h. Trois rendez-vous entre jazz, chanson à texte et grands classiques, dans un esprit de partage et de solidarité, les bénéfices étant destinés à des actions sociales.
Pratique : Théâtre de la Mer, 60 quai du Port, Port-La Nouvelle. Réservations sur Billetweb ou renseignements au 06 07 06 78 24.
| # | Наименование новости | Тональность | Информативность | Дата публикации |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Pierre de Maere : “Je n’ai jamais menti, mais je n’avais pas tout montré “ | 0 | 8.48 | 25-09-2026 |
| 2 | Camille Yembe double lauréate du prestigieux Prix Joséphine des artistes | 0 | 10 | 01-10-2026 |
| 3 | Les bons contes de Sandrine Piau | 0 | 7.79 | 30-09-2026 |
| 4 | Port-Leucate : un hommage à Céline Dion pour clôturer le festival Notes d’écume ce dimanche | 0 | 9.83 | 24-09-2026 |
| 5 | La folle journée de Pierre de Maere | 0 | 7.35 | 28-09-2026 |
| 6 | Ёлка спела о «Маме» | 0 | 14.78 | 25-09-2026 |
| 7 | «Мощнейшая отдача от зала». Певица Юта рассказала о концертах для военных | 0 | 7.97 | 30-09-2026 |
| 8 | 🎤 10 октября в 18:00 в [club196983427|Центре современного искусства «Сопки ... | 0 | 10.63 | 07-10-2026 |
| 9 | Jaime Anglada sobre su próximo concierto en Palma: "espero que este sea el primero de muchos conciertos más" | 0 | 10 | 30-09-2026 |