Charly Malié, qui a du sang rouge et bleu dans les veines, raconte le derby à venir entre Béziers et Narbonne ce vendredi 25 septembre (19h), un match comptant pour la quatrième journée de Pro D2.
Charly Malié, qui a du sang rouge et bleu dans les veines, raconte le derby à venir entre Béziers et Narbonne ce vendredi 25 septembre (19h), un match comptant pour la quatrième journée de Pro D2.
Ce derby semble déjà être un moment important de la saison. Que représente-t-il pour vous, le Biterrois ?
Il y a forcément beaucoup d’excitation. On est très content de retrouver Narbonne en Pro D2, ils sont à leur place. En étant Biterrois, on est élevé dès le plus jeune âge à cette rivalité. Ce sont toujours des matches plaisants à regarder et à jouer. Quand le calendrier sort, tu regardes quand va se jouer le fameux derby. Tous les anciens vont se rappeler les belles années. Je ressens tellement de fierté de porter ce maillot dans ce stade face à ce club historique.
Le stade promet d’être rempli.
Oui ! On a déjà eu un avant-goût lors du match de la feria (remporté 28-26). Avoir autant de monde sur un simple match amical, peu de clubs peut s’en vanter. Ici, comme chez eux, on a un peu le même état d’esprit. Narbonne est très en confiance. Tout est réuni pour vivre un sacré moment.
Ce sera différent du match amical ?
Un amical reste un amical. En comptant les matches amicaux, on est au septième match d’affilée. Ce ne seront pas les mêmes équipes au milieu de Raoul-Barrière et j’espère qu’elles seront au rendez-vous de l’événement.
"Les ennemis d’avant sont devenus mes amis"Vous l’avez dit, vous avez été éduqué dans la passion de ce derby. Comment se traduit cette motivation ?
Quand on m’a posé la question de savoir quel était mon meilleur souvenir face à Narbonne, j’avais entre 8 et 12 ans, on jouait à Cassayet. Ce sont des souvenirs énormes. Ce qui était fou, c’est qu’on se retrouvait en sélection régionale avec eux et les Montpelliérains. Quand t’arrives à Cassayet ou ici, on était les pires ennemis. Les ennemis d’avant sont devenus mes amis. Clément Esteriola, on se détestait et aujourd’hui, il occupe une place importante dans mon cœur.
C’est une rivalité historique. Elle est géographique mais il y a aussi des matches qui ont marqué les esprits…
Petit, j’avais la cassette "15 finales, 11 titres". Je la regardais en boucle avec ce fameux drop d’Henri Cabrol, une super charnière. Ce match a mis le feu aux poudres. Maintenant, ça reste bon enfant. Cette rivalité existe, même si on sent que le professionnalisme est passé par là. C’est aux anciens de faire comprendre le contexte dans lequel on se trouve.
Le drop d’Henri Cabrol…
(Il coupe) C’est la classe ! Joseph (Laharrague) a essayé de l’imiter en match amical mais on n’a pas eu le Brennus à la fin (rires). Il fait partie de ces très grands messieurs. On a grandi avec eux et ils seront derrière nous pour une victoire car ce match est déjà capital pour nous.
"Je nous sens prêts et motivés"Quel rôle jouez-vous au sein du groupe dans l’appréhension de cette rencontre ?
Expliquer le contexte dans lequel on est, comment le match va se dérouler, quelle attente a le public biterrois sur ce match-là. Je pense que cette rencontre compte triple : comptable, historique et fierté. Quand j’ai commencé, pour mon premier Narbonne-Béziers, on avait les supporters qui nous attendaient au péage. J’ai l’image d’un pick-up avec des mecs dans la benne en train d’agiter les drapeaux et de nous escorter jusqu’au stade. C’est quoi ce bordel ? (Sourire)
Honnêtement, ce match-là, il faut le gagner. Je nous sens prêts et motivés.
Quelles sont les forces narbonnaises ?
Narbonne est une équipe qui joue beaucoup, qui exploite beaucoup les turnovers. Mais comme c’est un match pas comme les autres, il y aura de la crispation. C’est celui qui aura le plus envie qui l’emportera. Maintenant, attention à l’excès d’engagement.
Avez-vous la pression ?
On ne va pas se mentir, Narbonne a tout à gagner. On n’a pas le début de saison rêvé, même si on est une équipe en reconstruction. Les essais, les pénalités, les cartons… C’est nous qui les prenons. Il faut qu’on soit irréprochable dans ces domaines-là pour avoir une chance de gagner.
Ce match, peut-il être une bascule ?
Oui. On a besoin d’un match référence où on arrive à se trouver, à se mettre en évidence. On n’est pas encore arrivé à faire un match plein. Il n’y a pas meilleure affiche pour avoir un match référence.
"J’entends l’importance du derby. Mais je ne veux pas qu’on avance dans ce contexte sinon on peut être pris par les émotions, la pression. Je vois ce match comme un match qu’il faut qu’on gagne, pas parce que c’est un derby. On travaille comme des chiens, je nous vois monter en puissance, même si c’est difficile de le voir pour les gens extérieurs. On veut montrer nos qualités, se rendre fier, rendre fier nos supporters. On veut lancer notre saison et créer le momentum pour la suite. Ça va être dur face à une équipe en confiance.
Moi, j’ai une vision pour cette équipe. Comme j’ai dit au début de saison, on va avoir des périodes d’adaptation, comme lors des premières journées. On a bricolé à gauche et à droite et on se retrouve avec un très bel effectif. Les places commencent à être chères. On a des échéances à respecter, des étapes à valider. Et ce match est important. Si on pense qu’il faut gagner parce que c’est Narbonne, on est perdu. Le plus important reste notre état d’esprit."