Ce dimanche 11 octobre, les 264 habitants de Mayrac se sont rassemblés pour fêter un anniversaire peu commun : les 80 ans de leur commune. Rattaché à Saint-Sozy depuis 1801, le village du nord du Lot n'a pris son...
l'essentiel Ce dimanche 11 octobre, les 264 habitants de Mayrac se sont rassemblés pour fêter un anniversaire peu commun : les 80 ans de leur commune. Rattaché à Saint-Sozy depuis 1801, le village du nord du Lot n'a pris son "indépendance" qu'en 1946, au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Cette journée citoyenne et intergénérationnelle a célébré l'histoire encore jeune mais vivante d'un bourg rural en pleine évolution.
C'est une fête un peu particulière qui s'est tenue ce dimanche 11 octobre à Mayrac. Ses 264 habitants se sont réunis pour célébrer l'anniversaire du village, situé à quelques kilomètres de Souillac, au nord du Lot. Mayrac a soufflé ses 80 bougies pendant toute une journée d'animation. Un village qui est encore jeune, quand d'autres bourgades du département existent depuis des centaines d'années. Il y a bien entendu une explication logique à ces noces de chêne. Mayrac était rattaché à Saint-Sozy depuis 1801, il était une section. "On avait trois conseillers municipaux spéciaux dédiés à la commune. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, en 1946, le village se détache et devient une commune à part entière", explique Fabien Lesage, ancien élu de Mayrac.
Commence alors l'an un de la bourgade. Il faut dire qu'à cette époque, la localité dénombrait déjà plus de 200 habitants, un bon argument pour demander son détachement. Néanmoins, la raison officielle de cette séparation n'est pas connue par les habitants. "Peut-être que les gens ne s'entendaient pas entre eux", glisse un résident. "C'est difficile à savoir, peut-être qu'il y avait de la concurrence entre les deux localités", explique Paul Cellié. Son père, Louis Cellié avait été élu comme le premier maire de la commune. Son fils a ensuite pris la relève en 1965.
Un village rural qui s'est démarquéQuoi qu'il en soit, tout était réuni pour que Mayrac puisse prendre son "indépendance" : il y avait une école, une épicerie, un hôtel-restaurant et un forgeron. Au fur et à mesure du temps, le village se développe avec l'installation d'une cabine téléphonique, puis l'électricité et l'eau courante dans les années 50. En 1954, la bourgade compte 88 agriculteurs et une trentaine d'enfants sont scolarisés. "Il y avait plus de paysans qu'aujourd'hui. Les fermes étaient plus petites, donc il y avait plus de chefs d'exploitation". Mayrac était et est toujours, un village rural. Mais avec les années, les habitudes évoluent. "Aujourd'hui, les gens travaillent surtout sur Souillac, il y a beaucoup moins d'agriculteurs, une dizaine je dirais, et il y a aussi des retraités", explique Fabien Lesage. Une évolution logique, qui est similaire à de nombreuses communes à la campagne.
Fabien Lesage (à gauche) et ses voisins de Mayrac ont fêté l'anniversaire du village.
DDM PF
Après avoir fêté les 50 ans en 1996, la municipalité a donc décidé de célébrer les 80 ans. Au-delà du symbole, cette journée était surtout l'occasion pour les habitants de se retrouver. "Cet anniversaire permet de maintenir la cohésion entre générations", confie Paul Cellié. "On fête la séparation en bonne intelligence", poursuit Fabien Lesage. "C'est une journée citoyenne. Il reste encore aujourd'hui des anciens qui ont connu Mayrac en 1946. Ce moment permet de transmettre la mémoire et partager l'histoire du village", explique Chantal Lacassagne, maire de la commune. "Elle permet de parler du passé avec notamment les commémorations, mais aussi de créer du lien entre les habitants, autour d'un bon repas et de nombreuses animations", conclut-elle. Un village encore jeune qui continuera d'écrire son histoire dans les années à venir.
Les habitants de Mayrac ont eu une journée bien remplie ce dimanche. La journée a commencé par le mot des élus, suivie d'une commémoration des anciens combattants aux monuments aux morts. Après les discours officiels et l'apéritif, les résidents de la commune se sont retrouvés autour d'un bon repas. L'après-midi a été rythmée par une visite du village et son patrimoine, dont le château, avec le CAUE (Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement), la projection d'un film, une chasse au trésor pour les enfants et l'analyse étymologique des hameaux de la commune. La journée s'est conclue par un dernier repas et un conte lu par Clément Bouscarel.