Après dix ans d’âge d’or à ses côtés, la marque de luxe a annoncé se séparer de son directeur artistique, un styliste dont le nom s’est aussi imposé dans le cinéma.
Après dix ans d’âge d’or à ses côtés, la marque de luxe a annoncé se séparer de son directeur artistique, un styliste dont le nom s’est aussi imposé dans le cinéma.

Victor VIRGILE / Gamma-Rapho via Getty Images
Anthony Vaccarello, ici au mois de juin 2026, à Paris.
Les rumeurs disaient vrai. Anthony Vaccarello quitte Saint Laurent après une décennie d’âge d’or pour la célèbre marque de luxe, que le styliste belge a portée « sur une trajectoire remarquable », a annoncé, ce vendredi 9 octobre, le groupe Kering à qui elle appartient, sans donner d’informations sur sa difficile succession.
Récemment, plusieurs indices, dont son dernier défilé tout en doré à la fin du mois de septembre, lors duquel il avait symboliquement remis un trousseau de clés à son fils de cinq ans assis dans le public, avait amplifié les ouï-dire à son sujet en pleine Fashion Week. Une question se pose maintenant : comment dépasser cette mauvaise passe ?
Prendre la suite de celui qui signait « Saint Laurent by Anthony Vaccarello » (au point que plus personne ne savait si c’était devenu le nom de la marque) sera un costume difficile à endosser, estime l’AFP. Sous sa direction, le chiffre d’affaires a presque triplé, passant d’un peu plus d’un milliard d’euros en 2016 à 3,2 milliards d’euros en 2023.
Si celui-ci a notamment été porté par la croissance de la ligne pour hommes, Anthony Vaccarello a su également marquer l’histoire de la griffe fondée par Yves Saint Laurent en 1961 en l’imposant dans un autre domaine : le cinéma. Il y a d’abord eu la production d’un court-métrage de Pedro Almodóvar en 2023, puis trois films à Cannes l’année suivante.
Emilia Pérez, Jim Jarmusch…Parmi eux, Emilia Pérez de Jacques Audiard, mais aussi Les Linceuls de David Cronenberg. Première maison de mode à investir dans la production cinématographique, par le biais de sa société Saint Laurent Productions, elle a plus récemment coproduit le petit dernier de Jim Jarmusch et celui de Claire Denis, The Fence.
Si cela permet à la marque de vêtir ses héros de ses luxueux vêtements (de manière plus ou moins discrète), l’initiative a, elle, donné des idées à ses concurrents, comme Chanel, déjà mécène de la Cinémathèque, qui a monté une entité cinéma en 2022, et accompagné le film de Maïwenn Jeanne du Barry, en 2023. En 2024, LVMH a lancé 22 Montaigne Entertainment, et Lacoste, son activité de production avec Chien 51, son premier blockbuster.
Plus récemment, Saint Laurent s’est distinguée en ajoutant une autre corde à son arc : la musique, en coproduisant un titre d’une de ses égéries, Charlotte Gainsbourg. Anthony Vaccarello était, lui, annoncé à la réalisation du clip, une vidéo tournée sur la très pittoresque route de Mulholland Drive, montrant la star toute de noir vêtue à bord de sa décapotable.
L’ancien diplômé de la Cambre pourrait-il se dédier à cette nouvelle activité ? Mystère. Malgré ses succès à l’écran, certains le prédestinent encore à la mode. On dit qu’il pourrait reprendre sa propre marque, qu’il a mise en sommeil en 2016. D’autres le voient chez Balenciaga ou Louis Vuitton, souvent citées par l’impitoyable machine à spéculations du mercato.