Dimanche dernier, le MHR Solidaire organisait, sur le complexe Yves du Manoir, son tournoi annuel de rugby santé. Quatorze équipes mêlant plus de 120 participants en mixité, à savoir soignants, patients en cours de...
Dimanche dernier, le MHR Solidaire organisait, sur le complexe Yves du Manoir, son tournoi annuel de rugby santé. Quatorze équipes mêlant plus de 120 participants en mixité, à savoir soignants, patients en cours de traitement contre le cancer ou rémission.
Pour organiser un tournoi de rugby santé, Stephen Lopez, chargé de projet au MHR Solidaire à la section de rugby adapté, revient aux bases de ce sport. Littéralement : "Beaucoup ont débarqué le jour J sans avoir jamais touché un ballon de rugby. On rappelle donc les règles. C’est un tournoi bon enfant donc les gens qui sont là sont dans la compréhension de l’autre. Le résultat est anecdotique, on vient pour le plaisir et rencontrer d’autres personnes dans un contexte commun".
Chaque équipe doit, au minimum, compter trois patients pour "des groupes hybrides patients, soignants et potentiellement ex-patients". Le personnel médical des structures locales comme l’Institut du Cancer de Montpellier, le CHU, Beau Soleil, s’est ainsi mêlé aux sections d’Activité physique adaptée du MHR (trois équipes engagées soit 24 participants), de l’USAP ou encore les RUBieS de Marseille.
"Chacun sent si l’intensité dépasse autrui"Sept matches, de sept minutes sous un format de rugby à cinq, selon les règles du touch de la FFR. Le reste est laissé au ressenti humain : "C’est toute la beauté de ce tournoi dont l’adaptation se fait directement sur les matches, par les participants eux-mêmes. On adapte son rugby à autrui plutôt qu’à soi, explique Stephen Lopez. Chacun prend ce temps en amont de poser à l’adversaire les questions permettant de caler le niveau de pratique : qui est soignant, qui est soigné chez vous ? C’est là qu’est l’adaptation plutôt qu’un cadre strict posé par l’organisateur".
Dans un contexte où, tous les lundis après-midi, la section rugby santé s’adapte au vécu des bénéficiaires, ce tournoi retourne le point de vue ; pour jouer ensemble ou l’un contre l’autre, on s’adapte à l’autre : "Je vois les joueurs que j’ai en entraînement vivre l’adversité autrement, leur pratique change totalement de perspective. Chacun sent quand l’intensité dépasse autrui et régule le jeu en instantanée, produisant des choses qu’ils ne tentent pas habituellement, s’adaptant à leur tour à ceux qu’ils ont en face, jusqu’à se challenger face à la rapidité des soignants".
Recrutement et futurs tournoisSoignants et soignés "se mettent naturellement à jour sur l’accompagnement, de soi et de l’autre, explique Stephen Lopez, pour que tout le monde y trouve son compte niveau vitesse". Initialement en format course – "à intensité de patient ou de soignant" –, certains matches sont passés sur de la marche ou du trottinement - "quand ça allait trop vite du côté des soignants !". Il en va de même pour le toucher du corps de l’autre remplaçant le plaquage "techniquement validé à deux mains mais ici possible en toucher régulé c’est-à-dire viable à une main".
Aucun champion n’a été sacré : "Le rugby santé peut tout à fait être tourné vers le résultat, concède Lopez, mais, depuis 4 ans, nous ne vendons pas aux patients et aux structures extérieures une dynamique de performance". Tous sont ainsi allés en suivant faire la haie d’honneur à la Mosson pour Montpellier – Toulon.
Néanmoins, les enjeux sportifs sont immuables : "On a des personnes qui, à la sortie du tournoi, nous ont dit qu’elles viendraient à l’entraînement le lundi suivant. Donc oui, on recrute ! On fait parler de nous ; cela ouvre aussi sur de potentiels tournois. L’association GUERIR nous a contactés pour un tournoi le 26 octobre à Cournonsec. On va y engager une équipe de touch pour que nos bénéficiaires fassent un peu autre chose qu’un seul tournoi sur la saison".