Arrivé l’an passé sur les berges de la Garonne, Guillaume Jan s’apprête à retrouver son ancien club, ce vendredi (19 h 30), au Stade du Pré-Fleuri. L’occasion pour le SUA, après son succès bonifié face à Dax,...
Arrivé l’an passé sur les berges de la Garonne, Guillaume Jan s’apprête à retrouver son ancien club, ce vendredi (19 h 30), au Stade du Pré-Fleuri. L’occasion pour le SUA, après son succès bonifié face à Dax, d’enchaîner un second bon résultat face à une formation de Nevers en grande difficulté cette saison. L’entraîneur de l’attaque et des trois-quarts du SUA se méfie toutefois grandement de ce déplacement en terre nivernaise.
Quelques jours après, que retenez-vous de ce succès 49 à 30 contre Dax ? Les cinq points ou le fait d’avoir encaissé trente points à Armandie ?
Un peu tout, mais dans la situation dans laquelle on était après le premier bloc, on aurait signé tout de suite avant le match pour prendre les cinq points. C’est très positif puisque ça a redonné de la confiance aux mecs. On redoutait ce match. On craignait de mal rentrer dedans, d’avoir pas mal de scories qui auraient pu laisser Dax dans le match. Au contraire, on est bien rentrés dans la rencontre en marquant deux essais. On a eu un petit passage à vide à 14 à 9, mais on l’a surmonté assez rapidement. À 28 à 9 à la pause, le match était pratiquement plié. Ce qui est regrettable, c’est de prendre ces deux essais un peu trop facilement. Il y a donc toujours des choses à redire au niveau de la performance, mais au-delà de ça, on arrive à mettre cinquante points à cette équipe de Dax et à prendre cinq points sur ce match. C’est donc positif après les résultats du premier bloc.
De par votre position au classement, avez-vous ressenti plus de pression avant ce match ?
De par notre métier, on a toujours la pression. Après, l’important, c’est de pouvoir la transformer en quelque chose de positif et non pas en négatif. Il faut aussi un peu dédramatiser. On est conscients de nos points forts. Il fallait construire ce match et sortir cette équipe de celui-ci petit à petit. Alors, on ne savait pas si ça allait arriver à la vingtième, à la quarantième ou à la soixantième, mais il ne fallait pas paniquer, même s’ils allaient s’accrocher, car c’est une équipe compétitive.
Quel a été le discours du staff à l’issue de ce premier bloc que l’on pourra qualifier d’insuffisant sur le plan comptable ?
Il y a eu deux phases. Tout d’abord, on a fait le retour sur Angoulême quand les joueurs sont revenus de leurs jours « off ». Ça a été un peu dur parce qu’on a fait beaucoup d’erreurs qui nous ont coûté cher sur ce match-là. On aurait pu le gagner, même si la victoire du SAXV n’est pas à débattre. Il fallait avoir une prise de conscience sur les secteurs où on devait progresser, comme la précision dans certains gestes et cette maîtrise des fins de match. Ensuite, on a rebasculé sur le nouveau bloc en insistant sur ce qu’on est capable de faire et qu’on avait bien fait. Car c’est bien d’avoir conscience de nos lacunes, mais il faut être conscient aussi de ce qu’on est capable de bien faire.
Vous vous déplacez ce vendredi à Nevers, qui est dernier de Pro D2. Peut-on parler de match piège ?
Je ne pense pas, car le piège, en général, tu ne le vois pas venir. Là, on sait très bien que Nevers a une obligation de victoire. C’est factuel. Ils sont passés souvent très près de la victoire, à part à Nice et à Oyonnax. Ça veut dire qu’ils ne sont vraiment pas loin. En termes d’intensité et d’agressivité, on est prévenus sur ce qui nous attend.
Un succès là-bas vous permettrait de basculer dans la première partie du classement…
Oui, mais il faut surtout qu’on réussisse à faire une série à un moment donné. Ça ne sera pas simple de gagner à Nevers pour les raisons que je viens d’évoquer, mais il faut qu’on puisse avancer et avoir de la régularité dans nos performances.
Vous qui connaissez bien ce club de Nevers, comment expliquez-vous ses difficultés actuelles ?
N’étant plus à l’intérieur du groupe, je ne vais pas m’exprimer sur ce qu’ils vivent, car ce serait mal venu. Depuis plusieurs années, il y a un recrutement un peu plus basé sur la jeunesse. Il y a eu un changement de staff la saison dernière. Il faut qu’ils retrouvent un peu plus de stabilité. Après, c’est un club qui met tout en œuvre pour pouvoir performer à ce niveau-là. Mais cette Pro D2 ne pardonne rien, elle est terrible. De par leurs résultats, où ça se joue à très peu de choses à chaque fois, il faut garder un peu de retenue. Certes, le classement est là, mais quand on voit leur contenu, ils ne sont vraiment pas loin.
"C’est évident qu’avec le couteau sous la gorge, Nevers va encore nous mettre une grosse intensité"L’an passé, le SUA avait lourdement chuté au Pré Fleuri (54-17)...
On avait été pris sur l’agressivité. On avait encaissé trois essais sur ballons portés, on avait chargé sur les collisions. Ils avaient été euphoriques. On n’avait pas répondu présent sur les fondamentaux. Et c’est évident qu’avec le couteau sous la gorge, ils vont encore nous mettre une grosse intensité.
En parlant de ballons portés, cela a plutôt bien fonctionné contre Dax avec trois essais marqués sur ces phases de jeu…
Je parlais aussi de régularité. C’est un secteur où il va falloir qu’on défende bien, mais qu’on attaque encore bien, comme on l’a fait contre Dax. Chaque semaine est une remise en question perpétuelle, que ce soit dans ce secteur ou dans un autre.
En tant qu’entraîneur de l’attaque agenaise, comment jugez-vous les prestations de vos joueurs en comparaison de la saison dernière ?
On est en deçà, surtout sur notre capacité à scorer. On a des ratios de points par entrée dans les vingt-deux mètres qui sont trop faibles. Contre Dax, ça a été bien mieux. Mais la défaite contre Oyonnax est liée particulièrement à ça. Si on avait été capable de scorer sur nos temps forts, on aurait tué le match rapidement. On a vraiment une marge de progression sur notre capacité à scorer sur nos temps forts.
Vous évoquez Oyonnax. On sent que c’est le match depuis le début de la saison qui vous laisse le plus de regrets ?
Clairement, parce qu’on a fait trente minutes de très haut niveau contre une équipe qui est difficile à manœuvrer. Mais on ne marque pas. Puis il y a cette fin de match qu’on gère mal. Je déteste ce sentiment-là, mais ça a laissé des regrets, oui, tout comme le match d’Angoulême où on doit repartir avec au moins un point. Mais une victoire contre Oyonnax aurait changé le bilan de ce premier bloc.
Un succès à Nevers passera donc avant toute chose par une concrétisation de vos temps forts…
Oui, même si tous les matchs ont des contextes différents. Il va surtout falloir être dans le match le plus longtemps possible et éviter qu’ils rentrent dans une certaine euphorie, car sinon, ça va être difficile pour nous. Il va falloir être capable d’être consistant et de gérer au mieux nos temps forts et nos temps faibles.
Un mot pour finir sur Lucien Richardis, qui va retrouver le Stade Toulousain durant la fenêtre internationale. C’est quelque chose que vous aviez anticipé ?
Oui, ce n’est pas une surprise. On a, sur ces postes de dix et quinze, des solutions pour pallier son absence. C’était prévu.