Les deux personnes ont été jugées, et condamnées, ce jeudi 15 octobre, à l’issue de leur comparution devant le tribunal correctionnel d’Alès.
Les deux personnes ont été jugées, et condamnées, ce jeudi 15 octobre, à l’issue de leur comparution devant le tribunal correctionnel d’Alès.
Le trafic de drogue, "les riverains de certains quartiers n’en peuvent plus. Ils en ont marre", insiste le procureur de la République Abdelkrim Grini, en audience de comparutions immédiates, au tribunal d’Alès, dans le Gard. Car ce jeudi 15 octobre, deux prévenus sont justement jugés pour cela et Vincent Edel, le président de l’audience, évoque la genèse de cette affaire : une opération de surveillance de la police nationale, dans le quartier alésien de Rochebelle, "à la demande de riverains agacés par le trafic de stupéfiants".
C’était dans la matinée du mardi 13 octobre. Après avoir été témoin d’une vingtaine de transactions, les forces de l’ordre interpellent un guetteur qui était installé sur un balcon, un Alésien âgé de 42 ans, et un revendeur, un SDF de 26 ans, originaire des Yvelines. Dans une sacoche qu’il avait en sa possession, ont alors été découverts 40 g de résine de cannabis, 62 g d’herbe et 27 g de cocaïne. Sans oublier la saisie de 1 735 euros en espèces.
Tous les deux reconnaissent les faits reprochés. Le Francilien, arrivé au pied des Cévennes dans l’après-midi du lundi 12 octobre, explique : "À la base, je devais aller à Marseille, mais je me suis désisté. Et j’ai fini à Alès." Il nie avoir été recruté sur internet et précise être allé à Rochebelle pour acheter sa drogue, puis avoir "demandé à travailler". L’argent, il assure que ce sont ses économies, et il n’a pas donné le code de déverrouillage de son téléphone car "c’est personnel".
À côté de lui, le quadragénaire confie, à propos de son implication : "Ça s’est fait comme ça. J’avais besoin d’argent." Et s’il savait qu’il était dans l’illégalité, il dit n’avoir pas eu conscience que c’était si grave…
Deux mandats de dépôt sont requisLe procureur bondit devant un discours, notamment "de la victimisation" qu’il "ne peut pas entendre". Contre le guetteur, il requiert deux ans de prison, dont de six à neuf mois avec sursis probatoire. Pour le jeune homme, il veut trois ans et une interdiction du Gard durant cinq ans. Et un mandat de dépôt pour tous les deux !
Portant la voix du "jobeur" au passé judiciaire chargé, Me Euria Thomasian parle de ses "facteurs de fragilité" cumulés : enfant placé, problèmes de santé et familiaux, etc. "Ce qui fait qu’il est une proie extrêmement facile pour les trafiquants." Pour cet homme "qui vit dans l’errance, dans la pauvreté, dans le rejet depuis qu’il est gamin", elle plaide un sursis probatoire, avec obligation de soins. Son client est condamné à deux ans, avec mandat de dépôt, plus l’interdiction du Gard requise.
Me Karim Derbal, à propos de l’Alésien, évoque "un parcours honorable" depuis quinze ans, parle de quelqu’un "qui s’est fait oublier de la Justice" jusqu’à ce "couac". L’avocat s’en sort mieux que sa consœur. Le tribunal condamne le "chouf" à un an avec sursis probatoire.