Ancien cadre du Modem, Rémy Daillet était à la tête d’un groupuscule d’ultradroite qui voulait préparer un coup d’État. La mère de Mia a aussi été condamnée à de la prison.
France 15/10/2026 12:24 Actualisé le 15/10/2026 13:35
Ancien cadre du Modem, Rémy Daillet était à la tête d’un groupuscule d’ultradroite qui voulait préparer un coup d’État. La mère de Mia a aussi été condamnée à de la prison.

Capture d'écran
Rémy Daillet-Wiedemann dans une vidéo sur son site internet
L’instigateur d’un groupuscule d’ultradroite, Rémy Daillet, responsable de l’enlèvement de la petite Mia en 2021, a été condamné ce jeudi 15 octobre à une peine de six ans de prison, avec maintien en détention, par le tribunal correctionnel de Paris, qui a reconnu le « caractère autoritaire et violent » du « projet terroriste » mené par l’ancien youtubeur.
Des peines aménageables sous bracelet électronique, pour la plupart, ont été prononcées contre 13 autres prévenus, à l’exception de Robert K., qui vit aux États-Unis et n’était pas présent à l’audience. Il a été condamné à deux ans de prison avec mandat d’arrêt. Lola M., la mère de Mia, enlevée par plusieurs prévenus, a été condamnée à deux ans de prison, dont 18 mois avec sursis probatoire, assortis d’une obligation de soins.
Tous ont adhéré à « l’idéologie portée par Rémy Daillet », qui a rassemblé des « personnalités fragiles », a estimé le président Christophe Valente, en rappelant le caractère « profondément antisémite(s) et raciste(s) » de plusieurs prévenus. Le parquet antiterroriste avait décrit, lors de ses réquisitions, largement suivies par le tribunal, les 14 coprévenus de Rémy Daillet comme un ensemble « hétérogène », acquis à un « délire complotiste. »
Au cœur de ce dossier figurait donc un ancien cadre du Modem en Haute-Garonne, Rémy Daillet-Wiedemann, 60 ans, qui, depuis la Malaisie où il était expatrié avant son expulsion en 2021, est soupçonné d’avoir structuré à partir de l’automne 2020 un réseau hiérarchisé clandestin d’ultradroite.
Surfant sur la crise sanitaire du Covid-19 et les colères nées du mouvement des Gilets jaunes, l’ancien politicien prônait, sur sa chaîne YouTube aux 35 000 abonnés, l’instauration d’un « État fort » et le renversement du gouvernement, « pacifiquement ou avec effusion de sang ».
Opération « Azur »Parallèlement à cette opération nommée « Azur », la structure gérait de façon cloisonnée une pluralité d’objectifs : l’attaque de loges maçonniques, la « restitution » d’enfants confiés aux services sociaux ou encore la prise de contrôle d’organes de presse.
Le groupuscule visait aussi des personnalités juives, comme Jacques Attali, des responsables politiques comme Édouard Philippe, les « gauchistes », des journalistes et des magistrats, qui allaient devoir « rendre des comptes au peuple ».
Ce chantre de l’école à la maison, père d’une famille recomposée de onze enfants, a fédéré autour de lui des profils très divers, jugés à ses côtés : militaires, professeur, intermittent du spectacle, coach sportif, etc. Pour la grande majorité, inconnus des services de police. Adrien B., jugé lors de ce procès, a qualifié Rémy Daillet de « gourou ».
Certains projetaient de faire converger des colonnes armées vers Paris pour investir l’Élysée et Matignon sur la base de scénarios élaborés par un sympathisant RN nommé Philippe M. Des notices et recettes d’explosifs artisanaux étaient préparées par Lionel F., alias « Baleineabosse », professeur de chimie qui aurait basculé « dans la folie » lors du confinement, selon ses dires
Des actions de sabotage, comme la destruction par incendie de deux antennes-relais 5G début 2021 près d’Aix-en-Provence et Lyon, ont fait office d’entraînement. Mais la petite entreprise séditieuse est brutalement sortie de la clandestinité en avril 2021, lors de son action la plus retentissante. Ce jour-là, dans les Vosges, la jeune Mia Montemaggi, 8 ans, qui vivait chez sa grand-mère en raison de graves négligences parentales. L’enfant avait été retrouvée dans un squat avec sa mère, cinq jours plus tard.
Avec ces « restitutions » face à des placements d’enfants jugés abusifs, Rémi Daillet aurait voulu tester la cohésion des groupes de combat en vue du futur coup d’État.
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