Anthony, 42 ans, n’a cessé de harceler sa compagne pendant plusieurs mois après leur rupture. Le tribunal correctionnel de Carcassonne l’a condamné à 8 mois d’emprisonnement avec sursis.
Anthony, 42 ans, n’a cessé de harceler sa compagne pendant plusieurs mois après leur rupture. Le tribunal correctionnel de Carcassonne l’a condamné à 8 mois d’emprisonnement avec sursis.
"J’étais malade, j’avais besoin d’aide, je m’excuse, je ne le referai plus". Anthony, 42 ans, comparaissait mercredi 14 octobre devant le tribunal correctionnel de Carcassonne pour avoir harcelé son ex-compagne pendant plusieurs mois après leur rupture.
Une rupture mal acceptée, forcément, de la part de cet ancien brancardier ayant perdu son emploi et passant le plus clair de son temps à boire et à fumer abondamment du cannabis : "Je suis passé d’une bonne situation à rien du tout", lâche le prévenu à la barre. Une situation qui, dit-il, sera la cause de son mal-être jusqu’à exercer des violences morales, psychologiques et verbales envers sa compagne : "J’avais peur, mon fils avait peur", lâche celle qui, après une énième crise d’Anthony en a profité pour se défaire de cette domination.
C’est à partir de ce moment que vont s’accumuler les coups de téléphone intempestifs, les messages par SMS ou Messenger, la création de faux comptes sur les réseaux sociaux… Jusqu’à l’approcher physiquement là où elle se déplace : "Vous faites du chantage au suicide. Un jour, vous êtes au supermarché, vous la suivez jusqu’à sa voiture avant de repartir. Le lendemain, vous sortez d’une autre grande surface quand elle s’y dirige pour aller chercher un colis. Un autre, vous rôdez près de son jardin : vous le lui confirmez par message", détaille la présidente du tribunal, Géraldine Wagner-Bertrand. "C’étaient des coïncidences", lâche le prévenu qui argumente : "J’ai fait trois tentatives de suicide, j’ai fini à Limoux, ce n’était pas du cinéma quand même".
Le problème, comme l’a relevé Me Cabée, pour les intérêts de la partie civile, c’est que, même après la première plainte, déposée en septembre 2025, le quadragénaire a continué à passer ses appels malveillants : "Je croyais qu’elle m’avait bloqué, qu’elle ne pouvait plus les recevoir", dit celui qui a continué ses agissements jusqu’à trois semaines avant la tenue de l’audience !
Il n’y a pas que les violences physiques qui détruisent
"Quand on s’est séparés, j’ai voulu qu’on reste en bons termes, livre la victime à la barre. Mais à chaque fois que je répondais, il m’insultait, me rabaissait tout le temps. Il se faisait passer pour une victime, disait à chaque fois qu’il ne recommencerait plus… j’étais naïve. Il est venu rôder près de chez moi… Il n’y a pas que les violences physiques qui détruisent : psychologiquement, il m’a tuée".
"Cette déposition est la meilleure des plaidoiries", a complété Me Cabée : "Pour lui, c’est toujours la faute de cette femme et lui est la pauvre victime. Nous devons nous demander comment la protéger puisque ce monsieur refuse de comprendre".
Même sentiment pour Guillaume Reininger, substitut du procureur, pour qui "le harcèlement est un mode de persécution par des manœuvres d’emprise de manière répétée". Parce que c’est "quelqu’un qui n’accepte pas la frustration et envahit l’espace de l’autre", le représentant du parquet a requis 8 mois de prison avec sursis, interdiction d’entrer en contact avec la victime pendant trois ans, et obligation de suivre un stage de sensibilisation sur les violences intrafamiliales.
Le tribunal a suivi ces réquisitions assorties d’une obligation de soins psychologiques et de 800 € pour le préjudice moral.