Un Castrais de 29 ans, déjà condamné à plusieurs reprises, a été jugé mardi 13 octobre 2026 au tribunal judiciaire de Montauban pour avoir étranglé son ex-femme devant leur fils de cinq ans. Le vendredi 9 octobre, il...
l'essentiel Un Castrais de 29 ans, déjà condamné à plusieurs reprises, a été jugé mardi 13 octobre 2026 au tribunal judiciaire de Montauban pour avoir étranglé son ex-femme devant leur fils de cinq ans. Le vendredi 9 octobre, il venait déposer leur enfant de cinq ans pour le week-end chez les parents de la mère, à Montauban. Énervé, alcoolisé, il venait d’apprendre qu’elle fréquentait un homme qu’il connaît. Le tribunal l’a condamné à trois ans de prison, dont un an avec sursis probatoire, au-delà des réquisitions du parquet.
"Ta mère, c’est une pute !" La phrase est lancée à un garçon de cinq ans, vendredi 9 octobre, dans les parties communes d’un immeuble de Montauban, sous les yeux de sa mère. Celui qui la prononce, son père, comparaît ce mardi 13 octobre 2026 devant le tribunal judiciaire pour avoir ensuite étranglé son ex-femme.
Barbe fournie, veste noire, Rémy Caumette, 29 ans, Tarnais installé à Castres, entre dans le box sans sembler mesurer ce qui l’attend. Il a été placé en détention provisoire et il est jugé en état de récidive légale en comparution immédiate. La mère de l’enfant n’est pas là. Un avocat la représente.
Une touffe de cheveux arrachéeCe vendredi, vers 19 heures, Rémy est énervé et alcoolisé quand il arrive chez les parents de son ex-femme, à Montauban. Il doit y déposer leur garçon pour le week-end, dans le cadre de la garde alternée. Il frappe violemment au volet de l’appartement. Pris de panique, les parents appellent aussitôt la police.
Dans les parties communes, l’altercation éclate. Rémy vient d’apprendre que son ex entretient une relation avec un homme qu’il connaît, et cela l’agace. Il lâche l’insulte devant l’enfant. La mère tente de le faire taire. Il l’attrape par les cheveux et tire si fort qu’il lui en arrache une touffe. Elle cogne de la tête contre les boîtes aux lettres et se retrouve au sol.
Les violences se poursuivent jusque devant la porte de l’appartement, où elle tente de se retrancher avec son fils. Rémy la prend d’une main au cou et l’étrangle. Le père de la victime tente de s’interposer. En vain : atteint d’un triple cancer, il ne peut rien face à cet homme furibard. C’est un voisin de palier, appelé à la rescousse, qui parvient à mettre fin à l’étranglement. Rémy s’enfuit avant l’arrivée de la police.
"Je l’ai juste tenue, je n’ai pas serré"À la barre, le prévenu minimise. "Je lui ai tiré les cheveux et je l’ai juste tenue", lâche-t-il. L’insulte, il ne la nie pas. "Elle me parlait mal, c’est vrai je lui ai dit 'tu es une pute'", poursuit-il, un grand sourire aux lèvres.
La présidente Cynthia Gabaude ne le laisse pas filer. "Cela vous fait sourire de lui parler ainsi devant votre fils ?
— Je venais d’apprendre qu’elle s’était mise avec un gars que je connais.
— Vous étiez jaloux ?
— Non, c’est par fierté.
— Votre fils vous dit arrête papa lorsque vous l’étranglez.
— Je l’ai juste tenue, je n’ai pas serré."
La procureure Karline Bouisset prend le relais. "Votre ex-femme, elle a une tumeur du foie ?
— Je ne sais pas, finit par répondre le prévenu.
— Son père est aussi très malade, vous vous sentez fort, enchaîne la magistrate. Puis, tonne-t-elle : Vous dites que ce n’est pas une question de jalousie mais de fierté, et vous vous sentez fier là !"
Le casier judiciaire de Rémy ne plaide pas pour lui : six mentions, notamment pour des vols, du recel, du transport d’arme et des violences avec arme. Sans emploi, bénéficiaire du RSA, il a aussi le permis suspendu.
La procureure revient sur un accident de voiture. "L’accident de voiture avec la conduite sans permis qui a été suivi d’un refus d’obtempérer, c’était en présence de votre fils alors âgé de douze mois ?" "Oui, cela aurait pu être plus grave", reconnaît le prévenu.
Elle rappelle que la justice de Castres avait classé sans suite des plaintes pour des violences visant la même victime. "Il aura fallu qu’il l’étrangle pour que la justice se saisisse de cette affaire", déplore-t-elle. Elle décrit une femme terrorisée, menacée par la famille du prévenu, qui l’enjoint de retirer sa plainte. "L’étranglement, ce n’est pas un geste anodin, on n’est pas loin de la tuer", insiste la procureure.
Elle requiert deux ans d’emprisonnement, dont un an de sursis probatoire, avec maintien en détention, un bracelet anti-rapprochement à 10 km et le retrait de l’exercice de l’autorité parentale.
Face à elle, Me Morgane Viana, avocate montalbanaise, ne peut nier la "gravité des faits". Elle plaide pour que son client suive des soins et ne soit pas coupé de son enfant.
Le tribunal va plus loin que les réquisitions. Il condamne Rémy à trois ans de prison, dont un an de sursis probatoire, avec maintien en détention, et lui retire l’exercice de l’autorité parentale.