Les cinq principales chaînes de télévision américaines font l’objet d’une enquête du gouvernement. En septembre, elles ont temporairement arrêté de suivre le président.
Les cinq principales chaînes de télévision américaines font l’objet d’une enquête du gouvernement. En septembre, elles ont temporairement arrêté de suivre le président.
La guerre entre le gouvernement Trump et les médias continue. Le ministère américain de la Justice enquête sur les chaînes de télévision ABC, CBS, CNN, NBC et Fox News, a rapporté ce samedi 10 octobre le New York Times. Leur tort ? Avoir brièvement suspendu leur suivi du président des États-Unis.
En septembre, Donald Trump avait interdit l’accès à la Maison-Blanche à CNN, MS NOW et Politico, les accusant de relayer de « fausses informations ». Dans la foulée, ces médias ont saisi la justice, dénonçant une atteinte « directe au Premier amendement » de la Constitution américaine qui garantit la liberté de la presse. L’interdiction d’accéder à la résidence présidentielle avait rapidement été annulée par un juge fédéral.
Par solidarité avec CNN, les cinq principales chaînes américaines avaient entretemps interrompu pendant plusieurs jours la couverture mutualisée (ou pool) de la Maison-Blanche, dans le cadre duquel l’une des chaînes filme pour le compte de l’ensemble des autres, de manière à réduire les frais engagés.
Le « boycott » de la Maison-Blanche ?Trois semaines après cet épisode, des responsables du ministère de la Justice ont contacté les chaînes vendredi 9 octobre pour exiger des documents liés au pool télévision de la Maison-Blanche, a indiqué le New York Times, qui cite six sources pour avancer ces éléments.
La porte-parole du département de la Justice, Emily Covington, a déclaré au journal que les cinq chaînes avaient « boycotté la couverture des événements de la Maison-Blanche ». « Les boycotts entre concurrents commerciaux peuvent violer la loi Sherman », une législation antitrust, a-t-elle écrit dans un communiqué.
Le président Trump s’attaque depuis longtemps aux médias qui diffusent des couvertures critiques à son égard, qualifiant à plusieurs reprises la presse d’« ennemie du peuple ».
« Un prétexte »Pour Bruce D. Brown, président de l’organisation américaine de défense de la liberté de la presse Reporters Committee for Freedom of the Press, l’enquête « semble être un prétexte pour obtenir des informations sur la façon dont les chaînes couvrent les événements quotidiens de la Maison Blanche pendant une interdiction des médias imposée par le président lui-même ».
« Les décisions que prennent les organisations de presse en matière de couverture sont protégées par le Premier amendement, et invoquer le droit de la concurrence… est une nouvelle tentative, encore plus effrontée, d’intimider les journalistes », a-t-il insisté dans un communiqué.
Jeudi 8 octobre, les chaînes CNN et MS NOW et le média en ligne Politico ont demandé à un juge fédéral de prolonger indéfiniment le rétablissement de leur accès à la Maison-Blanche.