Des supermarchés ont été victimes d’une cyberattaque dans la nuit de dimanche à lundi et sont désormais contraints de jeter les produits frais et surgelés dans les frigos visés. La situation pourrait-elle arriver en Belgique ? ...
Plusieurs centaines de supermarchés français ont été touchés par une cyberattaque visant leurs installations frigorifiques. Plusieurs enseignes sont concernées : au moins 300 magasins Intermarché et Netto, un peu moins d'une centaine de points de vente de la Coopérative U, quelques magasins E.Leclerc ainsi qu'une trentaine de Monoprix, selon l'AFP.
Cette attaque met en lumière la vulnérabilité que peut représenter la dépendance à un fournisseur commun. En effet, un seul fournisseur de systèmes frigorifiques a été visé, mais l'incident a eu des répercussions sur de nombreuses enseignes. D'après l'AFP, les pirates seraient parvenus à "déclencher à distance le dégivrage forcé" des installations. Dans certains magasins, la température des réfrigérateurs aurait ainsi grimpé jusqu'à 50 degrés, contraignant les responsables à jeter les produits. Au total, plusieurs millions d'euros de marchandises ont donc été détruits.
Le fournisseur en question, Danfoss, équipe de très nombreux magasins français, selon BFM-TV. Danfoss a d'ailleurs communiqué que les unités touchées étaient anciennes et ne bénéficiaient plus "de mises à jour logicielles ou de sécurité". Le groupe avait demandé "à ses clients de maintenir les systèmes pris en charge à jour et de migrer les systèmes hérités vers des solutions de génération actuelle". L'entreprise avait également révélé des vulnérabilités, dont une faille permettant à des pirates de modifier les paramètres internes et d'exécuter des programmes non sécurisés, selon Le Monde.
"Extrême inquiétude" : l'IA d'OpenAI s'est attaquée à "plusieurs" sites officiels australiensPour Charles Cuvelliez, professeur à l'École Polytechnique de l'ULB et expert en cybersécurité, le problème est venu de l'interface utilisée par l'entreprise pour superviser ses installations frigorifiques. En effet, "cela exige une sérieuse garantie de sécurité. Une interface web, c'est pratique : les équipes de maintenance peuvent accéder à distance aux frigos sans solliciter le client, sans lui demander d'organiser un accès à travers son infrastructure informatique… sauf que la moindre vulnérabilité dans cette interface, et c'est open bar". Selon lui, Danfoss aurait dû réduire l'accès à ces interfaces une fois les vulnérabilités connues : "Il y avait moyen de filtrer les accès à ces interfaces à qui de droit au niveau des connexions entrantes." Il ne s'agirait d'ailleurs pas "d'une attaque sophistiquée", selon lui.
Et en Belgique ?En Belgique, comme l'explique Charles Cuvelliez, il existe des inventaires et des obligations dans des secteurs critiques pour le fonctionnement d'un pays. Les supermarchés, bien qu'importants, ne font pas partie de ces secteurs critiques. Il n'existe donc pas de régulation de ce type autour des magasins alimentaires, "qui ne mettent pas le pays à l'arrêt" en cas d'attaque. La situation pourrait se produire en Belgique en cas de concentration d'un même fournisseur. C'est donc un véritable risque si ce n'est pas bien surveillé.
À l'ONU, Trump s'attaque à ses sujets économiques préférés et veut rebaptiser le mot "intelligence artificielle"Pour les entreprises, il pourrait donc s'agir d'une sorte de mise en garde : "C'est un signal d'alarme sur les risques de concentration. Plus vous utilisez des systèmes industriels, plus il faut les surveiller. C'est une bonne piqûre de rappel de ce qu'on appelle les risques de sa chaîne de production. Cela devait arriver un jour, on découvre que désormais tous les systèmes industriels peuvent tout à coup être en panne en même temps".
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