Le dossier de La Libre Immo | Prince d'Orange et Observatoire: ces deux quartiers ucclois, à première vue assez similaires, ont pourtant des caractéristiques différentes. D’un côté, c’est le choix de la verdure, de l’autre celui d’une vie plus urbaine. ...
Au XIXe siècle, et au début du XXe siècle, une partie de la haute bourgeoisie bruxelloise venait passer ses week-ends dans le quartier ucclois du Prince d'Orange, au bord de la forêt de Soignes. Elle y construisait de spacieuses maisons entourées de vastes jardins. Plus de cent ans plus tard, il règne encore dans ce quartier une ambiance de luxe et de volupté. Un quartier toujours prisé par une certaine bourgeoisie, mais qui y réside toute l'année.
Acheter aujourd'hui un bien dans ce coin coûte cher. Même très cher. On franchit souvent le million d'euros. Mais combien faut-il payer exactement ? Quels sont les coins qui ont le plus la cote ? Et quelle est la différence par rapport à un autre quartier ucclois, celui de l'Observatoire, situé à quelques encablures de là ? La Libre Immo a sondé plusieurs agents immobiliers. Les constats ne sont pas toujours ceux auxquels on pouvait s'attendre.
guillement"Les habitants du quartier de l'Observatoire sont des personnes avec un style de vie plus urbain. Ils apprécient la proximité des commerces et des transports en commun.
"Les habitants du quartier de l'Observatoire sont des personnes avec un style de vie plus urbain. Ils apprécient la proximité des commerces et des transports en commun. Dans le quartier Prince d'Orange, les gens sont à la recherche des espaces plus verts. Ils ont souvent des activités dans le sud de Bruxelles. Les parcelles sont plus grandes, mais on valorise plus le prix du terrain dans le quartier de l'Observatoire. Dans le quartier du Prince d'Orange, le prix du terrain oscille entre 500 et 1 000 euros à condition d'avoir un permis", souligne Tanguy Langenaeken, patron de l'agence CLC Immo, située rue Edith Cavell à Uccle.
Quels sont les deux quartiers prisés d'Uccle où le marché immobilier reste réservé à une clientèle aisée ?Le prix du terrain peut même monter plus haut du côté du Fort Jaco et de l'Observatoire : un terrain est pour le moment en vente au Fort Jaco à un prix d'environ 1300 euros/m2. Pour l'Observatoire, difficile de donner un chiffre précis, car il n'y a rien sur le marché pour l'instant.
Mission impossibleMême si le prix au mètre carré est plus élevé du côté de l'Observatoire, il y a moyen de trouver une maison au-dessous du million d'euros. Ce qui est pour ainsi dire mission impossible du côté de l'avenue du Prince d'Orange et de la place Sainte-Anne. "J'ai récemment vendu une maison de 150 m2 avec trois chambres et un garage avenue Houzeau (celle qui mène à l'Observatoire, NdlR) à 600 000 euros. Et je pense que c'est un seuil minimum pour ce quartier", poursuit Tanguy Langenaeken.
guillement"Les gens ont peur d'acheter une maison à rénover, notamment à cause du stress pour les obtentions de permis. Même une adresse prestigieuse ne suffit plus."
Même si le prix au mètre carré est moins élevé du côté du Prince d'Orange, en montant absolu, il peut facilement atteindre plusieurs millions d'euros, lesquels se justifient par des biens plus haut de gamme. "J'ai une sublime maison à vendre avenue de la Sapinière. Affichée à 4,5-5 millions d'euros, elle a déjà suscité cinq demandes. C'est un produit exceptionnel, mais il est complètement rénové. La finition est hyper luxueuse. Le jardin est juste incroyable. Les acquéreurs sont prêts à mettre le prix mais ils sont hyper exigeants. Ils ne veulent faire aucuns travaux et sont demandeurs des toutes nouvelles technologies. Les gens ont peur d'acheter une maison à rénover, notamment à cause du stress pour les obtentions de permis. Même une adresse prestigieuse ne suffit plus", nous explique Jean-Marc Delcroix, Managing Partner chez Christie's Real Estate Belgium.
Série d'atoutsCinq à six millions d'euros, cela reste beaucoup d'argent. De quoi limiter la demande dans les années à venir ? Jean-Marc Delcroix ne le pense pas. Il est convaincu que les maisons dans les quartiers de l'Observatoire et du Prince d'Orange "resteront toujours demandées". Car elles ont une série d'atouts très recherchés par une certaine catégorie d'acheteurs : la présence des nombreuses écoles belges et internationales réputées (dont l'École européenne), le "côté très green" avec la proximité du Bois de la Cambre. "Les acheteurs sont prêts à payer l'exception."
©cameriere ennioDu côté des appartements, la tendance est un peu différente. Il existe quelques grands complexes près de l'Observatoire, par exemple le domaine de Cherridreux, qui date du début des années 70. Ce type de bien reste recherché par une certaine clientèle, même si le montant élevé des charges et souvent les besoins de rénovation limitent le niveau des prix de vente. Les prix tournent autour de 4000 à 5000 euros/m2.
Que cachent les fortes hausses du précompte immobilier ?Il y a aussi quelques immeubles à appartements dans le haut de l'avenue de Fré, qui ont leurs adeptes. Il paraît que la location suscite un fort engouement. De quoi séduire un large panel de candidats acquéreurs qui envisagent d'en faire un placement immobilier. Les prix peuvent toutefois être mis sous pression par des problèmes de vétusté, de copropriété ou de charges trop élevées.
D'après Jean de Kerchove, le patron de le l'Immobilière Le Lion, les appartements anciens du côté du Fort Jaco trouvent aussi assez facilement preneurs, mais à des prix qui ne dépassent pas les 3000 à 3500 euros/m2.
Nouvelles constructionsComme pour les maisons, les nouvelles constructions d'appartements se vendent beaucoup plus cher. Les prix oscillent entre 6 000 et 10 000 euros/m2. L'agence James Realty a l'exclusivité pour le marketing des nouveaux appartements haut de gamme de la résidence Observatoire 35. Le prix de vente tourne autour de 10 000 euros TTC (toute taxe comprise).
L'agence James Realty a l'exclusivité pour le marketing des nouveaux appartements haut de gamme de la résidence Observatoire 35. ©cameriere ennioDe façon générale, le neuf souffre quand même de la hausse des prix, et part moins facilement qu'avant, selon plusieurs agents immobiliers. "Le neuf est compliqué", nous confirme Tanguy Langenaeken. Et ce constat se vérifie dans tous les quartiers de Bruxelles.
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