Des pancartes brandies, des prises de parole enflammées et une colère qui ne retombe pas. Ce samedi 24 octobre, à Agen, près de 900 manifestants ont de nouveau défilé pour un rassemblement initié par la CGT. Dans le...
l'essentiel Des pancartes brandies, des prises de parole enflammées et une colère qui ne retombe pas. Ce samedi 24 octobre, à Agen, près de 900 manifestants ont de nouveau défilé pour un rassemblement initié par la CGT. Dans le cortège, les générations se croisent et les appels à poursuivre la mobilisation se multiplient.
Les chants résonnent, la musique accompagne les pas et les slogans fusent au-dessus des têtes. Ce samedi 24 octobre, à Agen, la colère ne se cache pas derrière les pancartes. "Jamais nous ne nous laisserons faire. Jamais nous n’allons nous taire", lance un manifestant au micro. Dans le cortège, syndicats, étudiants, lycéens, salariés ou encore retraités avancent ensemble, avec des mots parfois forts, parfois provocateurs, mais une même envie de se faire entendre.
La CGT était présente aux côtés des autres organisations syndicales mobilisées.
Nicolas Niedergand
Il suffit de baisser les yeux sur les pancartes pour prendre la mesure du ton. "Services publics démunis, peuple à l’agonie", annonce l’une d’elles. Une autre joue sur la nostalgie d’une chanson connue : "Je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne veulent pas connaître". Plus loin, l’humour se fait grinçant : "La merde revient, tirons la chasse !", proclame une affiche surmontée d’une représentation d’Hitler. La colère s’exprime sans détour, parfois avec ironie, toujours avec vigueur.
Un cortège encadré, un itinéraire surveilléDepuis la place Jasmin, les manifestants prennent la direction du pont de Pierre, avant de remonter vers la place Pelletan. Le cortège emprunte ensuite le cours Victor-Hugo, la rue Palissy et le cours Gambetta, avant de revenir place Jasmin. Tout au long du parcours, les forces de l’ordre gardent un œil attentif sur les déplacements.
Les jeunes ont occupé une place importante dans le cortège et les prises de parole.
MORAD CHERCHARI
À la place Pelletan, un barrage policier marque une limite claire. La manifestation n’ayant pas été autorisée en centre-ville, l’itinéraire est strictement encadré pour éviter tout débordement. Le cortège poursuit sa route sans incident notable. La tension, elle, s’entend surtout dans les slogans et les prises de parole : les manifestants ont des choses à dire, et ils ne se privent pas de le faire savoir.
"Nous voulons seulement être entendus"Au micro, les voix se succèdent. Les représentants de la CGT, de FO et de la CFDT côtoient les jeunes, nombreux à prendre la parole. L’un d’eux interpelle directement le président de la République : "Excusez-nous, monsieur Macron, nous voulons seulement être entendus." Il énumère les attentes des lycéens : davantage de professeurs, des établissements mieux entretenus, plus de moyens et d’aides financières. Derrière ces revendications, c’est aussi la place accordée à la jeunesse qui est questionnée.
Malgré un itinéraire encadré par les forces de l’ordre, le cortège a progressé sans débordement.
MORAD CHERCHARI
Les libertés occupent également une place importante dans les discours. Des manifestants dénoncent les restrictions du droit de manifester et les violences survenues lors de précédents rassemblements. D’autres ramènent la discussion à leur quotidien, entre prix qui grimpent et salaires qui stagnent. "La réponse aux hausses des prix, elle est dans l’augmentation de tous les salaires", martèle un intervenant syndical, qui appelle à mieux répartir les richesses.
Nouvelles mobilisations en perspectiveAu fil des interventions, un autre rendez-vous se dessine. Les jeunes appellent à se mobiliser le 3 novembre, tandis que l’intersyndicale annonce une grève pour le 5. "C’est ensemble qu’il faut créer le rapport de force", exprime un représentant de la CGT, qui encourage les salariés à ne pas rester seuls face aux éventuelles pressions.
Les forces de l’ordre ont encadré le cortège tout au long de son parcours.
MORAD CHERCHARI
Un nouvel appel à la mobilisation est lancé pour le samedi 31 octobre, à 14 heures, départ sur la place Jasmin.
Une soixantaine de personnes, entre 60 et 70 selon le comptage, se sont retrouvées ce samedi 24 octobre à 14 heures devant la mairie de Marmande. Bien que le rassemblement n’ait pas été autorisé par la préfecture, un échange avec les forces de l’ordre a permis aux participants de rester sur place pour une mobilisation statique. Après plusieurs prises de parole, le groupe s’est dispersé aux alentours de 16 heures. Les Gilets jaunes pourraient à nouveau se mobiliser ce dimanche au rond-point de Samazan, sous réserve des conditions météorologiques.