À 57 ans, après plus de 35 ans de bons, loyaux et souvent dangereux services pour le bien et la sécurité de ses concitoyens, Luc Coste, 59 ans aujourd’hui, a décidé non seulement de prendre la plume teintée d’encre...
À 57 ans, après plus de 35 ans de bons, loyaux et souvent dangereux services pour le bien et la sécurité de ses concitoyens, Luc Coste, 59 ans aujourd’hui, a décidé non seulement de prendre la plume teintée d’encre noire pour écrire des polars "d’après des histoires vécues", mais aussi de se reconvertir dans le colportage de notre journal à Saint-Estève, où il réside. Insolite mais vrai.
Et dire que sa carrière de "flic" a commencé, presque sur un malentendu… Luc Coste, 59 ans, carrure d’ancien rugbyman et sourire accroché aux lèvres, est un Catalan pur jus. Cet ex étudiant en droit devenu major de la police nationale est passé par l’OPJ, "la Crim", de Versailles, puis a intégré la brigade des mœurs (Sûreté départementale de l’Hérault) à Montpellier avant d’être affecté à la Direction interdépartementale de la PAF (Police aux frontières) Aude et P.-O. (qui, depuis, a été dissociée). Des états de service consciencieux, exemplaires et irréprochables qui ont failli pourtant ne jamais exister dans la vie de Luc Coste…
Plus de 35 ans de carrière dans la police nationaleCelui-ci remonte le fil de ses souvenirs. "Au sortir de mes études de droit donc, à Montpellier et à Toulouse, je ne me destinais pas du tout à devenir policier. Je suis entré comme courtier dans une banque. Mes parents, eux, étaient commerçants. Puis je me suis marié et ma première épouse, qui était caissière dans une grande surface, a décidé de se reconvertir en tentant le concours d’entrée de la police nationale. Je l’ai accompagnée à ses examens et cela m’a donné l’idée de le tenter à mon tour. J’ai réussi l’oral, puis les épreuves sportives et enfin l’écrit. J’ai intégré l’École nationale de police et, en octobre 1989, j'entamais ma carrière au sein du commissariat d’Argenteuil, dans le Val-d’Oise".
Il a exercé durant plus de 35 ans dans la police nationale. Aujourd'hui Luc Coste, 59 ans, s'est reconverti (entre autres) dans le colportage de notre journal à Saint-Estève.
La suite, nous l’avons évoquée plus haut : diverses affectations et déménagements, la montée en grade, la confrontation au quotidien avec le pire, mais aussi et heureusement, avec le meilleur de l’être humain (et notamment des victimes dont certaines sont restées en contact avec le policier catalan), les attaques au couteau, les blessures au corps et à l’âme. Sans oublier "beaucoup de respect, d’entraide, d’amitié et de sacrés bons moments passés entre confrères", souligne Luc Coste. Une somme conséquente de souvenirs lui a servi, à l’heure de la retraite prise en 2024, à la trame de son premier polar, "Brigade de mœurs 34, L’enquête, de l’ombre au judiciaire". Un roman "largement inspiré de mon vécu, d’enquêtes et de faits criminels réels".
400 clients distribués sur Saint-EstèveMais la seconde vie de l’ancien OPJ, père comblé de trois garçons, ne se limite pas à l’écriture "noire" puisque, depuis novembre 2025, il distribue l’Indépendant trois fois par semaine : "le lundi dans un secteur, le week-end dans l’autre" à ses concitoyens de Saint-Estève. Levé avant l’aube "à 2 h 40 précisément", il sillonne ensuite, à bord de sa voiture personnelle, ses secteurs de colportage attitrés. "À ce jour, j’ai 400 clients et c’est rare quand personne ne m’offre le café ou ne fasse pas un peu de causette. Il y a même deux messieurs âgés qui guettent mon arrivée depuis leur fenêtre et viennent à ma rencontre avant que je ne glisse le journal dans leur boîte à lettres respective".
Une autre façon de servir son prochain.