Ce lundi était marqué par la constitution du jury de la cour d’assises du Brabant wallon pour juger Nicolas Ullens (61 ans). Les avocats de la famille de la victime craignent que les débats ne se transforment en procès de Myriam Ullens-Lechien. ...
"Les faits sont assez simples. Ils ne sont pas contestés. Et sont difficilement contestables." Juste avant la constitution du jury chargé de juger le Lasnois Nicolas Ullens (61 ans), accusé de l'assassinat de sa belle-mère Myriam Lechien, les parties civiles veulent surtout éviter que les débats ne se transforment en procès de la victime.
"Tout ce qui va se juger, c'est pourquoi Nicolas Ullens est arrivé à poser ce geste radical", estime Me Gilles Vanderbeck, qui représente les enfants de Myriam Lechien.
L'avocat redoute que la défense cherche à déplacer le débat vers les relations familiales et les enjeux financiers autour de Guy Ullens, le père de l'accusé.
"De son côté, l'accusé va évidemment tenter de trouver une série d'explications. On regrette, nous, au niveau des parties civiles, qu'il ne fasse pas face à ses responsabilités. Ce qui aurait pu être le cas. Et dans ce cas-là, notre rôle aurait été nettement plus limité. Mais sa politique de défense, c'est de changer de procès, de faire plutôt le procès de la victime plutôt que le sien. Et de rejeter la responsabilité sur la victime, qui aurait soit spolié la famille Ullens en s'accaparant des biens de Guy Ullens, soit qui aurait été un rempart à toute relation affective entre les enfants et leur père."
"En société, les enfants de la victime doivent faire face à une opinion hostile envers leur mère"Et d'ajouter que les enfants de Myriam Ullens-Lechien ont été "forts choqués" par des propos tenus dans les médias. "Beaucoup de gens se sont exprimés en dehors des prétoires, et beaucoup de gens ont sali la mémoire de leur mère. Ce n'est pas facile à accepter. D'une part, ils ont perdu leur maman dans des circonstances tragiques et dramatiques et, d'autre part, ils doivent systématiquement, en société et ailleurs, faire face à une opinion hostile envers leur mère."
Même inquiétude chez Me Laurent Kennes, qui représente lui aussi la famille de Myriam Ullens-Lechien. "Mes clients sont très inquiets. Non pas de ce qui va se passer à la fin du procès, ils sont évidemment confiants", confie-t-il. "Mais par contre, ils sont inquiets de ce qui est annoncé par la défense. Il a été dit par l'avocat de la défense dans un article de presse où l'avocat de l'accusé s'exprime que l'on devait faire attention à ce que l'on allait dire. On doit faire attention à ne pas soutenir qu'en réalité c'est un meurtre pour de l'argent. Je n'ai jamais vu cela !"
L'avocat refuse surtout que l'affaire soit résumée à une histoire d'argent. "Ce n'est pas une histoire de gros sous, c'est un homme qui tue une femme", lance-t-il. Et de rappeler : "C'est un homme qui tue une femme de 6 balles qui a 70 ans."
"Il faut arrêter de chercher des excuses et assumer"Pour Me Kennes, les difficultés familiales ou les tensions affectives ne peuvent justifier le passage à l'acte. L'avocat dit craindre que le procès ne se déplace vers la personnalité ou le comportement de la victime.
"Tuer une belle-mère, c'est tuer une femme", insiste-t-il. "Les conflits familiaux, cela existe partout. Il faut arrêter de chercher des excuses et assumer ses actes."
Ullens : "Je garde mes commentaires pour le tribunal"Nicolas Ullens, lui, est resté silencieux à son arrivée au palais de justice ce lundi, en début d'après-midi. "Je garde mes commentaires pour le tribunal", a simplement déclaré le Lasnois de 61 ans, accusé d'avoir tué sa belle-mère à Lasne le 29 mars 2023.
"Je suis désolé. Je ne peux pas vous répondre", a-t-il ajouté. Son avocat, Me Jean-Philippe Mayence, n'a pas souhaité commenter une constitution de jury.
Nicolas Ullens livrera ses explications ce jeudi 24 septembre, lors de son interrogatoire, après la lecture de l'acte d'accusation.
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