Philippe Boulet-Gercourt était dans la rue quand les deux tours du World Trade Center, frappées par deux avions de ligne détournés, se sont effondrées. Il a vu les New-Yorkais vivre, la terreur au ventre, les heures les plus tragiques de l’histoire de leur ville. Vingt-cinq ans après les attentats, redécouvrez son reportage publié à l’époque dans « le Nouvel Observateur ».
Dans les rues de New York, le 11 septembre 2001, après l’effondrement des tours du World Trade Center. SUZANNE PLUNKETT/AP/SIPA
On les reconnaît tout de suite. Ce sont les hommes blancs, couverts de poussière. Ils sortent de l’enfer un à un, ils marchent comme des robots vers le nord, loin, le plus loin possible des deux tours infernales. Il y a là Shawn Lenahan, dont le visage et le costume noir Brooks Brothers le font maintenant ressembler à un clown blanc. « J’étais au 6e étage, tour 1, quand on a entendu une explosion gigantesque. Le plus incroyable est que personne n’a paniqué. On a pris les escaliers. Dehors, c’était l’horreur, les gens blessés, les débris partout. » Rajiv Nair, qui était dans la même tour : « La tour a tremblé, tout le monde s’est précipité vers les escaliers, les gens comme moi, indemnes, et les autres, brûlés. » Il n’en dit pas plus.
Fred Streit, 69 ans, PDG d’une boîte de recherche qui occupait tout le 16e étage de la tour 2 : « Après avoir descendu les escaliers, on s’est retrouvés dans la rue et j’ai vu le second avion arriver dans la tour. Des débris sont tombés tout autour de moi, il a commencé à faire noir, on a entendu qu…
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