En Saxe-Anhalt, en Allemagne de l’Est, le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) a battu dimanche le parti gouvernemental allemand conservateur, la CDU. Si le chancelier a pris acte du résultat démocratique, il a aussi tenté de réaffirmer sa légitimité à gouverner.
Par Le Nouvel Obs avec AFP
Publié le 7 septembre 2026 à 17h16 , mis à jour le 7 septembre 2026 à 17h53
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Le chancelier allemand Friedrich Merz (CDU) lors d’une conférence de presse le 7 septembre, après la victoire la veille de l’extrêm-droite dans la région de Saxe-Anhalt. FLORIAN GAERTNER/DPA/SIPA
Comme un cauchemar devenu réalité, dimanche, pour le chancelier allemand Friedrich Merz. De plus en plus contesté par ses concitoyens allemands comme dans son parti conservateur, la CDU (Union chrétienne-démocrate), il a assisté à une victoire historique de l’extrême droite lors d’une élection régionale. En Saxe-Anhalt, le parti AfD (Alternative pour l’Allemagne) a obtenu près de 44 % des voix face au sien, qui a recueilli 17 %. Si le dirigeant s’est dit « profondément choqué », il a immédiatement promis… de ne rien changer, ou presque.
« Ma détermination est de poursuivre le cap des réformes, sans rupture, mais je sais que [...] nous devons mieux les expliquer », a-t-il déclaré à l’issue d’une réunion de la direction de son parti conservateur, la CDU. Une manière d’insister sur sa « détermination » à gouverner, tout en reconnaissant sa responsabilité dans cette défaite. Friedrich Merz a, en plus de son impopularité notoire, accumulé les disputes au sein de sa coalition avec les socio-démocrates sur les réformes à mener, sans même mentionner plusieurs gaffes à son actif.
Il n’empêche. « Abandonner n’est pas une option, a-t-il affirmé. Il en va ni plus ni moins du futur de notre pays. » Et de rappeler qu’il est « élu pour quatre ans » depuis 2025, semblant ainsi exclure toute démission.
Accepter le verdict des urnes ?Quant à la victoire du candidat Ulrich Siegmund, du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne en Saxe-Anhalt, régulièrement accusé de tentations autoritaires, de racisme et épinglé pour ses liens avec la mouvance néonazie, il a jugé qu’« en démocratie », il fallait l’accepter. Friedrich Merz a ainsi promis de défendre « la loi fondamentale », c’est-à-dire la Constitution allemande qui protège notamment la liberté d’opinion, tout en rappelant les leçons tirées au moment de la rédaction de cette Constitution, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale : « Nous savons que l’Allemagne, du fait de son Histoire [nazie, NDLR], a une responsabilité particulière. Nous préserverons toujours notre ordre politique et notre solide ancrage en Europe », a-t-il dit.
Un autre rappel sonnait comme un avertissement imminent. Le chancelier s’est référé à deux autres scrutins régionaux à venir rapidement, le 20 septembre. En Mecklembourg-Poméranie occidentale (nord), l’AfD est en tête selon les sondages, et à Berlin la CDU, l’extrême gauche et l’extrême droite sont au coude-à-coude.
En Saxe-Anhalt, son dirigeant conservateur battu dimanche, Sven Schulze, a reconnu que l’AfD dispose d’un « mandat pour gouverner », même s’il lui manque trois élus pour atteindre une majorité absolue. Se pose désormais la question des coalitions entre partis pour que l’AfD ait une majorité absolue dans la région. Le cordon sanitaire allemand qui prohibait de telles unions avec l’extrême droite va-t-il vaciller ? Le chancelier a en tout cas souligné que cet essor électoral de l’AfD changeait selon lui la donne « dans toute l’Allemagne ».
Par Le Nouvel Obs avec AFP