Selon des estimations de l’audiovisuel public, l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), formation antimigrants, russophile et pro-Trump, obiendrait aux alentours de 44 %.
Par Le Nouvel Obs avec AFP
Publié le 6 septembre 2026 à 19h48 , mis à jour le 7 septembre 2026 à 16h06
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Des partisans de l’AfD après l’annonce des résultats dimanche soir à Magdebourg. SEBASTIAN GOLLNOW / DPA PICTURE-ALLIANCE VIA AFP
L’extrême droite allemande a revendiqué une victoire historique dimanche aux élections en Saxe-Anhalt et infligé un camouflet au chancelier conservateur Friedrich Merz. Selon des estimations de l’audiovisuel public, l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), formation antimigrants, russophile et pro-Trump, obiendrait un score entre 44 et 44,5 %, loin devant les conservateurs (CDU) crédités de 18,5 %.
Si ces scores se confirment, la droite radicale obtiendrait 39 sièges au parlement régional, mais il en faut 42 pour la majorité absolue. Faute de partis prêts à s’allier avec l’AfD, seule une majorité absolue au parlement régional garantit à Ulrich Siegmund de diriger cette région pauvre d’ex-RDA de 2,1 millions d’habitants. A moins de débaucher dans d’autres camps. Le débat pourrait s’ouvrir au sein de la CDU.
« Nous avons écrit l’Histoire dans ce pays, a proclamé Ulrich Siegmund, chef régional de l’AfD, à l’antenne de l’ARD. Nous avons besoin d’un changement politique fondamental dans ce pays, avec une politique qui s’occupe enfin à nouveau de nos propres intérêts ». Sa victoire en Saxe-Anhalt pourrait prendre une dimension encore plus historique s’il rafle la majorité absolue des élus, car jamais depuis 1945 une formation de droite radicale n’a dirigé de région allemande.
Les autres formations sont très loin. Les sociaux-démocrates (SPD), la gauche radicale Die Linke et les Verts tournent autour de 9 %. Une formation de gauche prorusse, le BSW, attend de savoir si elle passe la barre des 5 % nécessaire pour être représentée.
Nostalgie de la RDAVotant sous les acclamations de partisans dans son fief de Tangermünde, Ulrich Siegmund, 35 ans, avait prédit que sa victoire « entraînera une recomposition du paysage politique » allemand. S’il gouverne, il a promis de multiplier les expulsions d’étrangers, de modifier les programmes scolaires d’histoire, trop centrés à son goût sur la culpabilité de l’Allemagne du IIIe Reich ou encore de sortir de l’audiovisuel publique allemand, jugé anti-AfD.
Ulrich Siegmund, star des réseaux sociaux, joue aussi sur la nostalgie de la RDA de ses sympathisants qui s’estiment défavorisés par rapport à leurs cousins de l’ouest et aux migrants. Dimanche, il est arrivé au bureau de vote avec sa femme Julia sur une Simson, mobylette iconique de l’ex-Allemagne de l’Est.
Des renforts policiers ont été déployés dimanche de crainte de débordements entre pro- et anti-AfD. Des grilles métalliques ont été érigées autour du Landtag, le parlement régional, et de nombreux policiers patrouillent, selon des journalistes de l’AFP.
Ce séisme politique a provoqué des réactions jusqu’en France. La victoire de l’extrême droite allemande est la « démonstration de l’aveuglement des politiques européennes centristes », a fustigé le candidat Insoumis à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon sur X.
Par Le Nouvel Obs avec AFP