Marine Le Pen a vivement réagi aux révélations de Mediapart sur des écrits antisémites attribués à Jordan Bardella, président du Rassemblement national. Lors d'une réunion à l'Assemblée nationale, elle a accusé le...
Marine Le Pen a vivement réagi aux révélations de Mediapart sur des écrits antisémites attribués à Jordan Bardella, président du Rassemblement national. Lors d'une réunion à l'Assemblée nationale, elle a accusé le média de manipulation et suggéré à ses journalistes de "mettre un costume en Kevlar".
Derrière Bardella, le RN fait donc front. Après les révélations de Mediapart sur les écrits antisémites attribués au président du parti à la flamme qui dénonçait, en 2013, le fait que "les banques sont toutes détenues par des Juifs" ou que "le Juif doit dominer les autres peuples, les écraser et les voler", Marine Le Pen le répète sur tous les tons : ces éléments seraient, au choix, des "dingueries" ou des "barbouzeries".
"Nous allons démonter cette manipulation", a promis Marine Le Pen, ce mardi 29 septembre, à l’Assemblée nationale, lors d’une réunion du groupe RN en présence de Jordan Bardella. La candidate d’extrême droite à l’élection présidentielle a surtout pris Mediapart pour cible, alors que le journal affirme avoir enquêté pendant plusieurs mois et s’appuyer sur de nombreuses conversations privées ainsi que sur des témoignages qu’il dit avoir authentifiés. "C’est à Mediapart, je crois, qu’il va falloir dire d’enfiler son costard en kevlar", a-t-elle menacé, avant d’accuser le média indépendant de poursuivre un objectif qui n’aurait "rien" de "journalistique".
"Un gilet pare-balles, pour nous protéger de quelle réponse ?"La formule a immédiatement suscité la polémique. Le kevlar étant la matière utilisée dans les gilets pare-balles, plusieurs élus et journalistes y ont vu une menace, voilée ou non, adressée à la rédaction de Mediapart.
La députée écologiste de Paris Léa Balage El Mariky a annoncé saisir le procureur de la République sur le fondement de l’article 40 du code de procédure pénale. "Le Kevlar, c’est la matière des gilets pare-balles", a-t-elle écrit sur X, ajoutant que ces propos "ressemblent à des menaces de mort".
— Léa Balage El Mariky (@LeaBalage) September 29, 2026Marine Le Pen exhorte Mediapart à « enfiler un costume en Kevlar ».
Le Kevlar, c'est la matière des gilets pare-balles.
Je saisis immédiatement le procureur de la République au travers de l’article 40 pour ces propos qui ressemblent à des menaces de mort.
Du côté du journal aussi, la réaction a été tout aussi vive. "Une cheffe de parti, candidate à l’élection présidentielle, qui recommande à des journalistes d’enfiler des “costards en Kevlar” (la matière qui sert à créer des gilets pare-balles). Ça va, on est bien là ? La normalisation, tout ça ?", s'est indignée la journaliste Ellen Salvi. Même malaise chez une autre plume du journal, David Perrotin : "Un gilet pare-balles donc, pour nous protéger de quelle réponse ?"
Dans la matinée, plusieurs cadres du parti d'extrême droite avaient déjà soutenu leur président en mettant en cause la probité de Mediapart. "Soit Mediapart a monté cette manipulation, soit Mediapart lui-même s’est fait enfumer par des gens derrière assez puissants qui ont intérêt à déstabiliser cette campagne présidentielle", s'est pour sa part défendu Jordan Bardella ce mardi, accusant le média de vouloir "tuer (sa) carrière politique".