Le mouvement de blocage des lycées s'intensifie en France, notamment à Toulouse, avec un rôle clé des réseaux sociaux dans la mobilisation. Les plateformes facilitent la diffusion rapide d'appels aux rassemblements,...
l'essentiel Le mouvement de blocage des lycées s'intensifie en France, notamment à Toulouse, avec un rôle clé des réseaux sociaux dans la mobilisation. Les plateformes facilitent la diffusion rapide d'appels aux rassemblements, mais aussi de rumeurs infondées, comme celle d'un décès à Toulouse, démentie par les autorités. On vous raconte.
Alors que le mouvement de blocage des lycées a pris de l'ampleur partout en France, et notamment à Toulouse, un élément essentiel est à prendre en compte : le rôle des réseaux sociaux. Ils facilitent la communication entre les jeunes, la diffusion de la mobilisation et des appels aux rassemblements.
Un blocage du lycée Saint-Sernin, dans le centre-ville de Toulouse, a eu lieu ce jeudi.
FREDERIC SCHEIBER
"Il n'y a pas vraiment d'organisateurs, relate un lycéen toulousain de 18 ans. Plusieurs comptes partagent les informations sur le jour et l'heure pour faire le blocus. C'est comme ça qu'on se tient au courant."
Sur le terrain, le constat est sans appel : bras tendus, les lycéens ont le réflexe de filmer chaque action avec leur smartphone. Les images ont alors de fortes chances de se retrouver sur les réseaux sociaux. D'ailleurs, elles sont très nombreuses à circuler, pour certaines d'une grande violence. D'autres, au contraire, montrent par exemple les différentes pancartes imaginées pour exprimer leurs revendications.
Des rumeurs macabresLes plus spectaculaires sont rapidement devenues virales. Dans le flux, des fausses informations se sont propagées. "C’est chaud ce qu’il se passe, il y a eu un mort ce matin à Déodat", lance un lycéen à Muret, alors que les deux établissements de la commune (Charles de Gaulle et Aragon) étaient bloqués ce jeudi.
À lire aussi : Blocage des lycées : Gérald Darmanin veut faire "payer les réparations" aux parents des casseurs responsables des dégâts
Interrogé à ce sujet, un élève de terminale à Toulouse rétorque : "Moi, on m'a dit que quelqu'un était dans le coma." Sur TikTok, une jeune fille a posté une vidéo sur laquelle est inscrit : "Tout le monde fait des blocus mais pourquoi personne n'en parle qu'à Toulouse, un jeune s'est fait tuer ?" Ce post a été visionné plus de 8 000 fois.
Selon l'académie de Toulouse et la préfecture, aucun blessé grave ni décès n'est à déplorer dans la métropole toulousaine. Ce jeudi, 13 élèves ont été blessés, sans gravité, ainsi que deux personnels de l’Éducation nationale.
Des fausses informations sur des armesEt ce vendredi matin, une photo a été publiée sur le réseau social X (anciennement Twitter) avec la mention : "Au lycée #Déodat à Toulouse, la BAC vise des élèves au fusil d'assaut HK-G36, classé arme de guerre."
Mais la préfecture de la Haute-Garonne a rapidement démenti l'information. "Dans le secteur du lycée Déodat de Séverac, un individu retranché dans une résidence CROUS a exhibé une arme à une fenêtre du bâtiment. Des effectifs spécialisés ont été engagés et une perquisition de son domicile est en cours. Cette intervention ne présente aucun lien avec les manifestations en cours", indique l'institution dans un post sur X.
"De fausses informations circulent à ce sujet. Ne les diffusez pas et ne relayez pas d'informations non vérifiées ou n'émanant pas d'une source fiable", poursuit la préfecture.
"Ils deviennent une poudrière"Le conseiller régional Kamel Chibli, en charge de l'éducation, l'orientation, la jeunesse et les sports, est d'ailleurs monté au créneau sur le sujet des réseaux sociaux, évoquant une potentielle interruption.
"Je n'ai pas la possibilité de faire un blocage de TikTok ou Snapchat, et je ne dis pas que c'est LA solution, avance-t-il. Mais quand les réseaux sociaux deviennent une poudrière, il faut réfléchir, non pas à stopper les revendications, mais à stopper ces effets cascades de dégradation, qui sont dangereux pour nos jeunes."
Lui qui doit rencontrer le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, la semaine prochaine, assure qu'il évoquera avec lui ces thématiques.