Bien que la Région consacre 800 millions d’euros à la rénovation de ses lycées (période 2021-2027) dont 74 millions en 2026, les lycéens d’Occitanie descendent en nombre dans les rues de Montpellier, Perpignan, Nîmes,...
Bien que la Région consacre 800 millions d’euros à la rénovation de ses lycées (période 2021-2027) dont 74 millions en 2026, les lycéens d’Occitanie descendent en nombre dans les rues de Montpellier, Perpignan, Nîmes, Toulouse… Le vice-président à l’Éducation, Kamel Chibli, estime désormais la facture des dégâts occasionnés à 4 millions d’euros.
Parmi les revendications lycéennes, de meilleures conditions d’accueil et de travail dans leurs établissements, les canicules, le manque de professeurs et les emplois du temps hachés sont en tête des préoccupations dans les rues de la région. La qualité et l'entretien du bâti incombent aux Régions car elles assument la compétence sur les lycées (les Départements sur les collèges, les mairies sur les écoles).
Les Régions se trouvent ainsi au cœur de ces manifestations. Qu’en est-il de l’état des 216 lycées publics d’Occitanie (10 autres sont neufs) ? Et des budgets consacrés à leurs rénovations dont des dizaines de millions d’euros dans les Pyrénées-Orientales et l’Aude ? Le vice-président chargé de l’Éducation, Kamel Chibli, un proche parmi les proches de Carole Delga, a répondu ce lundi aux questions de L’Indépendant alors qu’il effectue une tournée des lycées de la région. Avec la présidente de Région et la rectrice d'Occitanie, il a notamment rencontré des lycéens à Nimes alors que Carole Delga est attendue à Matignon ce mardi, comme les autres présidents de Régions.
Vous faites une tournée des lycées endommagés, on parle de 3 millions d’euros de dégâts, qu’est-ce qui est cassé et où ?
On est plus près de 4 millions maintenant et les dégâts principaux sont à Montpellier, Toulouse et Nîmes. Il s’agit de halls d’accueil brûlés, de loges de concierges brûlées, de portails cassés, de barrièrages renversés. Au lycée Jules-Guesde de Montpellier, le hall et l’entrée sont brûlés, au lycée Roland-Garros de Toulouse le parvis est brûlé alors qu’on devait l’inaugurer. Il faut engager des travaux pour refaire tout cela mais aussi pour les dispositifs incendies, les caméras de surveillance…
Vous avez aussi relevé des dégradations à Perpignan et Castelnaudary
Oui, le portail d’entrée du lycée Maillol de Perpignan (légèrement endommagé-NDLR) et du barriérage au lycée Tillion de Castelnaudary.
La Région investit des centaines de millions d’euros dans ses lycées, comprenez-vous les revendications lycéennes sur leurs conditions de travail ?
Leurs revendications c’est quelque chose de normal, et elles sont très larges. La Région continue à investir, on est la Région de France qui investit le plus et on n’a pas à rougir de ce qu’on a fait. Aujourd’hui pour nous, le sujet concernant les rénovations, c’est la lutte contre la chaleur.
Des brasseurs d’air dans les lycées de Languedoc-Roussillon dès le printemps 2027
Les lycéens de la région se plaignent en effet beaucoup de la chaleur dans les classes…
On va installer des brasseurs d’air dès le printemps 2027 dans les classes, les espaces de restauration, les salles d’examen des lycées les plus vulnérables donc en priorité tout le littoral mais aussi Nîmes, Montpellier. En installer partout coûtera 20 millions d’euros, on commence donc par les plus vulnérables à la chaleur. Notre priorité reste toutefois l’isolation des bâtiments mais si les températures continuent à monter à ce niveau, si on a encore des 40 °C, il faudra repenser les horaires scolaires.
Est-ce que ces manifestations ont mis en lumière de nouvelles priorités pour les lycées d’Occitanie ?
Non, on a un calendrier de travaux de rénovation et on le poursuit mais chaque année l’État nous enlève des dotations alors qu’on doit sans cesse ouvrir de nouveaux lycées. On perd encore 100 millions d’euros mais la présidente (Carole Delga) priorise l’éducation dans le budget régional et aide le pouvoir d’achat des parents à chaque rentrée.
À Perpignan, les lycées publics bénéficient d’importantes enveloppes pour leur rénovation. 31,5 millions d’euros pour celle de Pablo-Picasso, achevée en 2020, et 2 nouveaux millions cette année pour la restauration scolaire. 11 millions pour la rénovation énergétique de Jean-Lurçat l’an prochain ou encore 14,5 millions pour l’extension de Maillol en cofinancement. Les lycées de Prades et Céret ont récemment bénéficié d’un million chacun.
Dans l’Aude, le lycée Germaine-Tillion de Castelnaudary a été rénové pour 65 millions d’euros, le lycée Louise-Michel de Narbonne pour 30 millions, 8 millions ont été investis dans le lycée Paul-Sabatier de Carcassonne et l’isolation thermique de Jules-Fil, toujours à Carcassonne, a été réalisée pour 6,5 millions d’euros.