Deux manifestations sont prévues ce mardi 6 octobre dans l'Aude, à Carcassonne et Narbonne, à l'appel de l'intersyndicale. Le procureur de Narbonne a annoncé des poursuites contre les mineurs impliqués dans des...
Deux manifestations sont prévues ce mardi 6 octobre dans l'Aude, à Carcassonne et Narbonne, à l'appel de l'intersyndicale. Le procureur de Narbonne a annoncé des poursuites contre les mineurs impliqués dans des débordements récents. Depuis le début du mouvement, trente-six interpellations ont eu lieu dans le département.
Alors que, ce mardi 6 octobre à 10 h 30, deux manifestations se dérouleront dans l'Aude à l'appel de l'intersyndicale, à Carcassonne, au portail des Jacobins, avec un défilé jusqu’à la direction des services départementaux de l’Éducation nationale (DSDEN) et à Narbonne, devant la sous-préfecture, pour un cortège qui prendra la direction de la Bourse du Travail, le procureur de la République de Narbonne a annoncé dans un communiqué "des poursuites pénales" à l’encontre de l’ensemble des mis en cause.
Selon le communiqué du procureur de la République de Narbonne, Jean-Philippe Rey, neuf mineurs ont été interpellés par les fonctionnaires du commissariat de police de Narbonne depuis le début du mouvement entamé le 29 septembre dernier devant les établissements scolaires. À l’issue de leur garde à vue, cinq ont été déférés devant le procureur puis présentés à un juge des enfants. Ils doivent être placés sous mesure éducative judiciaire provisoire dans l’attente de leur jugement. Les quatre autres ont été convoqués devant le juge des enfants et seront jugés ultérieurement.
Ce lundi 5 octobre, plusieurs établissements scolaires ont fait l’objet de manifestations à Carcassonne, Narbonne et Limoux. "Aucun n’a été bloqué", écrit le préfet de l'Aude Alain Bucquet. "Une nouvelle fois, des débordements et des dégradations ont été constatés. Le bilan de ce lundi 5 octobre fait état de 8 interpellations de jeunes pour détention de produits explosifs et jets de projectiles (7 à Carcassonne en zone police et 1 à Limoux en zone gendarmerie). Aucune victime n’a été signalée, ni du côté des manifestants, ni du côté des forces de sécurité. Les forces de police ont été contraintes à Carcassonne d’utiliser une grenade de désencerclement. Depuis le début de la mobilisation lycéenne dans l'Aude, 36 interpellations ont eu lieu".
Dispositifs de surveillance reconduits ce mardiLe parquet de Narbonne rappelle, de son côté, que les faits visés peuvent notamment concerner la participation à un attroupement armé lors d’une manifestation, lorsqu’elle a pour objectif de commettre des violences contre les forces de sécurité ou le personnel enseignant, ainsi que des destructions réalisées par des moyens dangereux. Des faits susceptibles d’être sanctionnés par des peines d’emprisonnement.
Jean-Philippe Rey souligne également que, "y compris mineure", toute personne dont l’implication serait établie dans ce type de faits fera l’objet d’un défèrement au parquet à l’issue de sa garde à vue, puis d’une présentation à un juge des enfants.
Le procureur insiste ainsi sur la réalité du risque judiciaire pour les personnes mises en cause. Enfin, le parquet de Narbonne rappelle que les parents sont responsables "de plein droit et solidairement" des dommages causés par leur enfant mineur, sans qu’il soit nécessaire de démontrer une faute de surveillance ou d’éducation.
De son côté, Alain Bucquet, préfet de l’Aude, "condamne une nouvelle fois les débordements constatés et appelle à la responsabilité de chacun. Les dispositifs de surveillance aux abords des établissements par la police nationale et la gendarmerie seront reconduits ce mardi pour garantir la sécurité des personnes et des biens à l’occasion de l’appel national à manifester".