En pleine promo des Misérables, Vincent Lindon est rattrapé, sur France Inter, par la colère des lycéens et les images de jeunes mutilés. Ses mots de père et d’acteur engagé tracent une ligne claire qui ne laissera personne indifférent.
Blocages devant les grilles, affrontements avec les forces de l’ordre, blessés graves : la colère des lycéens secoue le pays depuis une semaine. En pleine tournée promo des Misérables, adapté de Victor Hugo par Fred Cavayé, Vincent Lindon a été rattrapé par l’actualité. Invité partout pour parler de Jean Valjean, l’acteur s’est retrouvé interrogé sur les images de jeunes mutilés, et il a assumé un soutien clair. Sur le plateau du Grand Entretien de la radio France Inter, jeudi 8 octobre 2026, il l’a dit sans détour : "J’ai des enfants qui ont été au collège, au lycée et ainsi de suite", et il voit dans ce mouvement "l’une des premières fois où la jeune génération revendique, d’une manière légitime, des demandes et des droits". Des propos d’acteur engagé, mais surtout de père, qu’il relie à une autre phrase choc, empruntée à Jean Valjean : "À trop vouloir l’ordre, on finit par créer le chaos."
La colère des lycéens qui interpelle Vincent LindonDans les lycées, blocus et manifestations se multiplient, plus de 150 établissements ayant été touchés selon plusieurs académies. Les tensions avec les forces de l’ordre ont fait plus de 200 blessés parmi les jeunes, dont un a perdu l’usage d’un œil et un autre une main, rappelle le magazine people Gala. Ce bilan a pesé dans la manière dont l’acteur a répondu, loin d’un discours abstrait sur la jeunesse.
En parallèle, Vincent Lindon enchaîne les avant‑premières des Misérables, fresque hugolienne attendue en salles le 14 octobre 2026. À l’issue d’une projection avec Camille Cottin, il avait déjà lancé "Tout est politique !", tandis que sa partenaire racontait avoir vu des lycées de quartiers "plus préservés" défiler en criant "Solidarité avec les lycées des quartiers". Une ambiance de barricades modernes qui fait écho au film.
Sur France Inter, Vincent Lindon parle en père des lycéensAu micro de la radio publique, l’interprète de Jean Valjean commence par cette évidence intime : "J’ai des enfants qui ont été au collège, au lycée et ainsi de suite." Pour lui, la mobilisation actuelle marque "l’une des premières fois où la jeune génération revendique, d’une manière légitime, des demandes et des droits". Il souligne aussi qu’elle se heurte à "un État qui n’a pas actuellement assez d’argent dans les caisses pour pouvoir s’offrir une paix sociale".
Son regard se veut historique autant que concret. "En mai 68, c’était le rejet de la société de consommation. On se battait contre l’abondance", rappelle‑t‑il, avant d’opposer le présent : "Aujourd’hui, c’est une crise contre la pénurie." Il décrit des adolescents qui réclament des chaises pour s’asseoir, "des sanitaires décents et fonctionnels, la répartition des moyens donc des chances", et confie que "ça me touche énormément, c’est très hugolien".
De Jean Valjean au chaos, l’alerte de Vincent LindonLa phrase de Jean Valjean qu’il cite sur France Inter, "À trop vouloir l’ordre, on finit par créer le chaos", résonne avec les heurts devant les lycées. Pour l’acteur, l’excès d’ordre renvoie aux réponses policières qui laissent derrière elles des adolescents éborgnés ou mutilés. Entre les barricades de 1832 filmées dans Les Misérables et les palissades improvisées des blocus de 2026, Vincent Lindon fait le lien sans ambiguïté avec la colère des lycéens.
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