Dans « Mes mains pleines de sang », trois ans après le 7-Octobre, le journaliste se livre à un examen de conscience bouleversant. Une méditation sensible, intime, politique sur Israël, le fascisme et le destin juif à l’heure de Gaza.
Claude Askolovitch à Paris, le 28 septembre 2026. MARGUERITE BORNHAUSER POUR « LE NOUVEL OBS »
Pour aller plus loin
« Nous devons guérir de l’innocence. » Il en faut du courage pour écrire cette phrase. Dans « Mes mains pleines de sang » (Grasset), le journaliste Claude Askolovitch interroge ce que la dévastation de Gaza fait à son judaïsme, à ses fidélités, à l’histoire dont il est l’héritier. Comment tenir ensemble l’enfant qu’il fut, fils d’une mère déportée et d’un militant sioniste, et cet homme qui se découvre dans les yeux du monde « vieux juif coupable de la mort des autres » ? Cette réflexion intime et historique, politique et théologique fait entendre une parole exceptionnelle par ce qu’elle accepte de mettre en jeu.
Askolovitch pense contre lui-même mais pour les siens, sans rien renier mais sans rien éluder : « Le fascisme me regarde. » On entend le travail d’une conscience qui avance, doute, se cabre et se reprend. On retrouve les oranges de Jaffa que son père achetait au marché Brochant, à Paris, en lançant …
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