Deux personnes ont été interpellées dans la nuit de samedi à dimanche après l’attentat déjoué devant la Bank of America. Le parquet national antiterroriste s’est saisi de l’affaire.
Par Le Nouvel Obs avec AFP
Publié le 28 mars 2026 à 17h21 , mis à jour le 29 mars 2026 à 12h45
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Des policiers et des véhicules de police et de sécurité privée, à l’extérieur du bâtiment de la Bank of America, rue La Boétie dans le 8e arrondissement de Paris, samedi 28 mars 2026, après une tentative d’attentat. SEBASTIEN DUPUY / AFP
Un attentat à l’engin explosif a été déjoué samedi 28 mars devant les locaux à Paris de la Bank of America grâce à l’intervention de policiers qui ont interpellé un homme s’apprêtant à allumer le dispositif, a appris l’AFP auprès de sources proches du dossier. Deux nouvelles personnes ont été interpellées dans la nuit de samedi à dimanche, dans le cadre de l’enquête.
• Près des Champs-ElyséesLes faits se sont déroulés vers 3h30, rue de la Boétie (8ᵉ arrondissement), dans le centre-ouest de Paris, devant les locaux de la Bank of America. Des policiers y ont interpellé un homme qui venait de déposer un engin explosif artisanal devant l’établissement bancaire.
L’engin était composé d’un bidon transparent de 5 litres de liquide, probablement de l’hydrocarbure, et d’un système de mise à feu, selon une des sources.
La charge était composée d’un pétard d’environ 650 grammes de poudre explosive, selon les premiers éléments. L’ensemble de l’engin a été pris en charge par le laboratoire d’analyse de la préfecture de police de Paris.
• Un homme qui dit avoir été recruté sur SnapchatL’homme interpellé sur les lieux était accompagné par un deuxième individu qui a pris la fuite. Le mis en cause a expliqué, selon une source policière, avoir été déposé sur place en voiture par un homme.
Il a affirmé, selon la même source, avoir été recruté via l’application Snapchat pour réaliser cette opération moyennant la somme de 600 euros.
Lorsque les policiers qui patrouillaient l’ont interpellé, il s’apprêtait à allumer le dispositif avec un briquet. Il a été placé en garde à vue, a confirmé le Pnat.
• Le parquet national antiterroriste saisiLe parquet national antiterroriste (Pnat) a indiqué à l’AFP s’être immédiatement saisi des faits et précisé qu’une enquête était ouverte notamment pour « tentative de dégradation par incendie ou moyen dangereux en relation avec une entreprise terroriste ».
L’enquête a été confiée à la section antiterroriste de la brigade criminelle de la police judiciaire parisienne et à la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).
• Vigilance accrue depuis le début de la guerre d’IranDans un message posté sur X, le ministre français de l’Intérieur Laurent Nuñez a fait valoir que « la vigilance demeure plus que jamais à haut niveau », en félicitant les policiers pour leur intervention et leur « mobilisation » dans le « contexte international actuel ».
Depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, le ministre de l’Intérieur a multiplié les télégrammes d’appel à la vigilance extrême des forces de l’ordre particulièrement pour protéger les opposants iraniens, leurs locaux associatifs, les lieux de culte juifs ainsi que les intérêts américains, tous identifiés comme cibles potentielles d’actes terroristes.
Pour ce faire, Laurent Nuñez a demandé une mobilisation renforcée des forces de l’ordre avec un engagement plus conséquent des forces de l’opération Sentinelle, notamment dans les gares et les lieux publics connaissant une forte affluence.
Jusqu’à ce samedi, aucun projet d’attentat ou attentat n’avait été mis au jour et déjoué en France depuis le début de la guerre.
• Deux nouvelles personnes interpelléesDeux nouvelles personnes ont été interpellées dans la nuit de samedi à dimanche dans le cadre de l’enquête, a indiqué le Parquet national anti-terroriste (Pnat), sollicité par l’AFP.
La garde à vue du mineur interpellé samedi « a par ailleurs été prolongée », a précisé le Pnat, confirmant des informations du « Parisien ». Au total, trois personnes sont donc en garde à vue dans ce dossier.
• Un « lien » avec la guerre au Moyen-OrientLe ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a fait samedi soir le « lien » entre l’attentat déjoué visant à Paris la Bank of America et la guerre au Moyen-Orient, voyant des « similitudes » entre cette action et des opérations menées ces derniers jours dans d’autres pays européens et revendiquées par un groupuscule.
« Je fais le lien avec les actions menées dans les pays voisins (…) qui ont abouti » et ont été suivies de « revendications d’un groupuscule qui faisaient référence au conflit », a-t-il affirmé sur BFMTV. Le ministre de l’Intérieur fait référence au groupuscule « Harakat Ashab al-Yamin al-Islamiya » (Hayi), qui a revendiqué ces derniers jours plusieurs attaques contre la communauté juive, en Belgique, au Royaume-Uni et aux Pays-Bas. A chaque fois, les vidéos de ces opérations ont été diffusées sur des chaînes Telegram considérées par les services comme proches des Gardiens de la révolution islamique iranienne.
Par Le Nouvel Obs avec AFP