Championnat Occitanie et Méditerranée. Depuis 35ans, Jérôme Salles cultive dans la poussière et le vrombissement des moteurs une passion familiale pour l’autocross, œuvrant dans l’ombre du circuit d’Elne pour que les...
Championnat Occitanie et Méditerranée. Depuis 35ans, Jérôme Salles cultive dans la poussière et le vrombissement des moteurs une passion familiale pour l’autocross, œuvrant dans l’ombre du circuit d’Elne pour que les autres brillent en piste.
C’est une cousinade un peu particulière. Trois fois par an, en avril, mai et octobre, la famille Salles se retrouve sur le circuit de l’ASA Terre d’Elne. Ici, les embrassades ont parfois le goût de la poussière, les retrouvailles se font au milieu des vrombissements et le soleil, en témoin fidèle, dore les visages autant qu’il chauffe la terre. Chez les Salles, on ne se transmet pas seulement un nom, mais un virus. Celui de l’autocross, inoculé par Pierre, le grand-père de 76ans, toujours trésorier de l’association chère au président Jean Juanola. Une passion qui s’attrape enfant, se cultive au bord des pistes et finit par vous coller à la peau comme une fine pellicule ocre.
Hier encore, Jérôme, le fils de 45ans, était à son poste. Responsable des dépannages sur le serpentin illibérien. À ses côtés, son frère Mathieu, pilier d’une escouade d’une quinzaine de dépanneurs, dont une bonne partie de copains mécaniciens aéronautiques, comme lui, a fait le voyage depuis Toulouse. Dans cette ruche familiale, Géraldine, son épouse, anime le bar, sa sœur Mélanie fait vivre la communication et les réseaux sociaux, tandis que son neveu Nathan a déjà choisi sa monture : un cross-car, pour goûter à son tour à l’ivresse des trajectoires et des moteurs libérés. Et l’on se doute que d’autres rameaux de cet arbre généalogique plongent eux aussi leurs racines dans la terre du circuit. Comme sa fille Pauline, dont le petit copain, Noam, est aussi engagé dans la course.
Le gamin à la citerne
«Jéjé», aujourd’hui exilé professionnellement en Haute-Garonne, lui, a grandi dans ce paysage de terre remuée et de moteurs en furie. « Je devais avoir 10 ans quand mon père m’a amené pour la première fois sur le circuit. J’empoignais le tuyau et je donnais un coup de main à l’arrosage ». Deux ans plus loin, à 12 ans, le gamin conduisait déjà la citerne de 11 tonnes. « Sur un terrain privé, c’est autorisé », glisse-t-il aussitôt. À cet âge où d’autres apprennent encore à rêver de vitesse, lui avait déjà trouvé sa place dans les coulisses du spectacle.
Depuis, 35années se sont écoulées. Trente-cinq ans à donner de son temps bénévolement. « Une quinzaine d’interventions par journée », lui qui est présent sur site quand le jour se frotte encore les yeux. À sa disposition et celle de son équipe, deux tracteurs, deux dépanneuses et trois 4x4 pour dégager la piste. Sur la table, ses deux talkies-walkies, un pour la direction, l’autre pour les dépannages, attendent le prochain appel pour l’un des 220 bolides inscrits ce week-end. « Ici, il faut savoir tout faire, mais rien n’existerait sans Jean (Juanola) ». Depuis 1974 et les premiers coups de pioche. « Ici, c’était des abricotiers et des vignes vous savez », précise Pierre, le «papy».
Le passionné de sports auto, de l’autocross, au Nascar en passant par la Formule 1 ou les rallyes (Fenouillèdes, Vallespir et ceux de la région) qu’il a pratiqué une vingtaine de fois en Groupe N, sur une Peugeot 106, a même assisté au rallye des Cévennes, Jean Ragnotti, son idole. Au cours de l’année, il suit son neveu Nathan, pilote de Sprint-car, « qui a un bon coup de volant. Mais ce n’est pas toujours évident de boucler le budget ». Mais court aussi, comme le week-end prochain, ici à Elne, lors du Challenge Sud Ufolep. Mais ce qui est sûr, c’est que l’empreinte des Salles s’écrit sur la terre illibérienne.