Alors que de fortes incertitudes pesaient sur l’avenir de la ligne aérienne Castres-Paris, qui était même menacée de disparition il y a quelques mois, des solutions ont pu être trouvées pour préserver, au moins...
l'essentiel Alors que de fortes incertitudes pesaient sur l’avenir de la ligne aérienne Castres-Paris, qui était même menacée de disparition il y a quelques mois, des solutions ont pu être trouvées pour préserver, au moins jusqu’au mois de mai 2027, plusieurs rotations hebdomadaires vers la capitale. Mais des pistes sont étudiées pour la pérénniser sur le long terme. On vous dit tout sur ce qui a permis ce nouveau répit.
Des discussions "longues et compliquées" mais une "détermination" sans faille affichée. C'est en résumé ce qui a permis de maintenir au moins encore pour quelques mois la ligne aérienne Castres-Paris. Alors que de fortes incertitudes pesaient sur son avenir, la liaison entre les aéroports de Castres-Mazamet et de Paris-Orly est préservée au moins jusqu'au 31 mai 2027.
Cela a été confirmé ce mercredi 14 octobre à l'issue d'une réunion du comité du syndicat mixte de l'aéroport qui réunit les collectivités territoriales participant au financement de cette ligne d'aménagement du territoire, à ce titre subventionnée par des fonds publics. Et donc à la veille de la fin du contrat de délégation de service public qui avait déjà été prolongé sur le gong le 31 mai dernier, comme il y a trois ans à la fin du précédent bail.
Comment a été assuré ce nouveau sursis alors que l'État et la Région Occitanie, principaux financeurs, avaient toujours indiqué qu'ils retireraient leur bille au moment de la mise en service de l'A69 entre Castres et Toulouse ? "L'État qui devait se désengager a finalement rallongé sa participation jusqu'à fin décembre et la Région, qui avait dit qu'elle se calerait sur l'État, est aussi restée mais de façon moins importante", explique d'abord Olivier Fabre, le président du syndicat mixte et de la communauté d'agglomération Castres-Mazamet. Ce qui a permis de maintenir au moins neuf rotations hebdomadaires comme depuis le 1er juin, au lieu de onze ces dernières années.
Et le désengagement de l'État et de la Région est compensé, notamment à partir du 1er janvier, par un effort financier des collectivités locales et d'organisation de la compagnie Chalair qui assure la liaison.
« Nous ne pouvions pas laisser la ligne s’arrêter au 15 octobre. Tout a été mis en œuvre pour sauver cet outil indispensable d’attractivité économique et de développement du territoire, malgré le retrait au 31 décembre de l’État et de la Région. Parce que cette ligne n'est pas pour les privilégiés. Elle est utile pour les acteurs économiques et le grand public, explique Olivier Fabre qui salue le Département du Tarn, "qui a fait preuve d’un soutien sans faille à la ligne aérienne, en conservant sa participation financière à la même hauteur que celle de l’agglomération de Castres-Mazamet. Je remercie aussi chaleureusement les communautés de communes de Sor Agout, Thoré Montagne Noire, Lautrécois Pays d’Agout et Haut Languedoc, qui ont accepté de participer au tour de table proportionnellement à leurs moyens".
"On a gagné un peu de temps pour travailler à pérenniser cette ligne"Mais à partir du 1er janvier, les rotations passent de neuf à sept, avec deux allers et retours matin et soir les lundi, mercredi et jeudi et un le soir le mardi. Il n'y a donc plus de vols en fin de semaine et le week-end. "Même si la population s'était approprié cette ligne, on a privilégié les acteurs économiques plutôt que le tourisme", explique Didier Houlès, vice-président du Département qui affirme que selon Chalair la liaison castraise est la seule ligne en France à gagner en fréquentation. Le taux de remplissage de 65 % est "plutôt bon" confirme Olivier Fabre.
La réduction des rotations de onze à sept permet de diviser par deux le coût annuel, estimé à 5 millions d'euros. Pour la période du 1er janvier au 31 mai, l'agglomération et le Département contribueront à hauteur de 535 768 euros chacun, épaulés par la communauté de communes de Sor-Agout (39 247 euros) et les trois autres intercommunalités du secteur (5 607 euros chacune).
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Cette prolongation de la ligne est "un signal rassurant à la population et aux entreprises", estime Olivier Fabre qui annonce aussi que les travaux de rénovation de la piste sont planifiés. "On se projette bien sur le long terme", affirme l'élu. Car l'objectif est maintenant de pérenniser la liaison au-delà du 31 mai.
Des groupes de travail ont été constitués afin d’explorer différentes pistes de développement et de financement : d’une part autour de l’implantation sur le site de nouvelles entreprises, d’autre part autour de la diversification des ressources reposant sur une plus large utilisation des infrastructures : photovoltaïque, location de salles de réunion, accueil d’événementiel d’entreprise ou de manifestations grand public... "On a gagné un peu de temps pour travailler et voir ce qui va se passer avec l'A69", indique Didier Houlès qui ne désespère pas par exemple de voir des habitants de l'est toulousain être intéressés par cette ligne.