Elle avait repoussé ses avances à plusieurs reprises au cours de la soirée. Quelques heures plus tard, alors qu’elle avait été raccompagnée dans son lit, ivre, par ses amis, elle dit s’être réveillée en sentant des...
l'essentiel Elle avait repoussé ses avances à plusieurs reprises au cours de la soirée. Quelques heures plus tard, alors qu’elle avait été raccompagnée dans son lit, ivre, par ses amis, elle dit s’être réveillée en sentant des gestes sexuels. Face au tribunal de Castres, le prévenu a défendu la thèse d’un rapport consenti. Il a été condamné à quatre ans de prison. On vous en dit plus.
Elle était tellement alcoolisée que ses amis venaient de la raccompagner dans sa chambre pour la coucher. Quelques minutes plus tard, l’un des invités annonce qu’il va aux toilettes, situées juste en face. Mais au bout d’un quart d’heure, il n’est toujours pas revenu. Un ami part à sa recherche. Les toilettes sont vides. Dans la chambre, en revanche, il découvre l’homme torse nu, auprès de la jeune femme endormie, semblant remettre précipitamment son caleçon.
"Mais qu’est-ce que tu fais ?" La jeune femme émerge en entendant cette voix. Elle expliquera avoir ressenti, dans son sommeil, des "va-et-vient dans son sexe" et des chuchotements à son oreille. Lorsqu’elle ouvre les yeux, l’homme qui avait multiplié les avances à son égard durant la soirée quitte sa chambre. Sa robe, elle, est remontée jusqu’aux fesses. Elle comprend alors ce qui vient de se passer : "Il m'a violée !" Elle rejoint le groupe sur la terrasse et s’en prend à celui qu’elle désigne comme son agresseur, lui portant plusieurs coups au visage.
"Je vais mettre Camille* dans mon lit!"C’est cette scène, survenue au terme d’une nuit particulièrement alcoolisée à Saint-Sulpice-la-Pointe, qui était au cœur de l’affaire récemment jugée devant le tribunal de Castres. Les faits remontent au 22 août 2024. Ce soir-là, la jeune femme dîne avec une amie avant de poursuivre la soirée chez une connaissance. Après la plainte d’une voisine pour le bruit, le groupe se déplace chez elle. La fête se prolonge jusqu’au lendemain midi et l’alcool coule abondamment.
À bout, la maîtresse des lieux finit par aller se coucher. Plusieurs témoins la décrivent alors "ivre", au point de ne plus tenir debout. "Je n’en pouvais plus, je me suis écroulée", racontera-t-elle. Mais durant la soirée, le comportement du prévenu, âgé de 28 ans, avait déjà attiré l’attention. Plusieurs témoins décrivent un homme au "comportement sexualisé", très attiré par la victime et multipliant les tentatives de rapprochement malgré ses refus. Parti acheter de l’alcool quelques heures plus tôt, il s’était également procuré des préservatifs. "Je vais mettre Camille* dans mon lit!", aurait-il déclaré.
"C'est elle qui voulait que je la b****..."À la barre, il oppose un tout autre récit. "C’est elle qui m’a dragué, on s’est embrassés mutuellement." Il assure avoir rejoint la femme parce qu’elle lui aurait souri en le voyant sortir des toilettes. "Elle n’était pas ivre du tout. Elle voulait un rapport sexuel." Selon lui, les caresses et les préliminaires qui suivent sont consentis. Lui reconnaît avoir consommé beaucoup d’alcool et de la cocaïne. "Je n’ai rien fait, c’est elle qui voulait que je la b****... J'ai à peine inséré un doigt..."
Des mots qui bouleversent la victime. "J’ai l’impression d’entendre une histoire que je ne connais pas moi-même… Je lui ai fait comprendre à maintes reprises que je n’étais pas intéressée." Les examens médico-légaux n’ont révélé ni lésion traumatique récente ni trace de sperme et ne permettent "ni d’affirmer ni d’infirmer" son récit. L’expertise relève en revanche des répercussions psychologiques "compatibles" avec les faits décrits. La jeune femme évoque depuis une "longue chute", des cauchemars, des angoisses et plusieurs arrêts maladie.
Pour le parquet, les éléments convergent : des déclarations "précises et circonstanciées", des témoins "unanimes". L’achat des préservatifs témoignerait également, selon le procureur, d’un "projet réfléchi". Il requiert cinq ans de prison avec mandat de dépôt à effet différé.
La défense plaide la relaxe. Son avocat insiste sur le "huis clos" de la chambre, les "doutes" qui subsistent et l’absence de trace ADN du prévenu. "Il faut se baser sur des éléments concrets", soutient-il. Déjà condamné à six reprises et actuellement sous bracelet électronique pour des violences en réunion avec arme, l’homme a été reconnu coupable. Le tribunal l’a condamné à 4 ans de prison avec mandat de dépôt à effet différé, ainsi qu’à trois ans de suivi socio-judiciaire avec injonction de soins. Il lui est interdit d’entrer en contact avec la victime et devra être inscrit au Fijais.