Après plusieurs semaines de blocage de lycées et la journée nationale de mobilisation du samedi 17 octobre contre la "vie chère", la colère des manifestants ne retombe pas et de nouvelles manifestations sont attendues dans les prochains jours. Voici à quoi s'attendre.
Publié le lundi 19 octobre 2026 à 16h58 Mis à jour le mercredi 21 octobre 2026 à 9h40
Après plusieurs semaines de blocage de lycées et la journée nationale de mobilisation du samedi 17 octobre contre la "vie chère", la colère des manifestants ne retombe pas et de nouvelles manifestations sont attendues dans les prochains jours. Voici à quoi s'attendre.
Le ras-le-bol de la "vie chère" et la colère des lycéens ont convergé samedi 17 octobre lors de plusieurs manifestations en France qui ont rassemblé au moins 550.000 manifestants. Ces mobilisations ont été émaillées de violences, des "casseurs" se livrant jusque tard dans la soirée à des pillages et dégradations vivement condamnés par l'exécutif.
Si ces images choc ont fait le tour des réseaux sociaux et des médias, la majorité des manifestants ont défilé pacifiquement dans tous les cortèges et certains comptent poursuivre leurs actions dans les prochains jours et les prochaines semaines pour obtenir la baisse des prix des carburants, de meilleures conditions d'étude et des services publics fonctionnels. Voici à quoi il faut s'attendre.
Les lycéens mobilisés jeudi et samedi, pendant les vacances scolairesL'Union syndicale lycéenne (USL), Les Lycéens! et Renouveau lycéen ont tous appelé à poursuivre leur mobilisation, débutée mi-septembre et qui s'est étendue aux étudiants. Ils estiment que les annonces ne répondaient pas aux difficultés dénoncées, notamment l'état du bâti scolaire, Parcoursup et les emplois du temps, au cœur de leur mobilisation. Un plan d'urgence de remplacement de professeurs absents, qui s'est traduit par l'affectation depuis une semaine de 2.000 remplaçants, sur les 3.000 promis, a été accueilli avec indifférence.
La Coordination nationale lycéenne, disant rassembler des porte-parole de lycées mobilisés dans 27 villes, appelle donc "les lycéen.nes à sortir dans la rue le jeudi 22 octobre et le samedi 24 octobre", et appuie "toutes les suites de la mobilisation - blocages, manifestations, occupations", a-t-elle affirmé dans un communiqué. Selon Suzanne Nijdam, présidente de la Fage, première organisation étudiante en France, la mobilisation ne va pas s'essouffler avec les vacances scolaires partout dans le pays (17 octobre-2 novembre). "Il va falloir répondre à ces revendications parce que ce n'est pas quelques vacances scolaires, quelques morceaux de pluie et ce n'est pas une réponse uniquement sur le volet sécuritaire qui va permettre d'essouffler le mouvement au vu des milliers, voire centaines de milliers de personnes qu'il a pu y avoir dans la rue [samedi] et ces derniers jours", a-t-elle martelé sur franceinfo dimanche. Les principales organisations étudiantes ont également appelé lundi soir à manifester à nouveau samedi pour réclamer une amélioration de leurs conditions d'études.
Les syndicats reçus à Matignon mercredi et les partis politiques jeudiSébastien Lecornu a convié les partis politiques "jeudi" à Matignon après les manifestations marquées par des violences. Le Premier ministre, qui doit recevoir aussi les syndicats mercredi matin, avait indiqué que "la sécurité de la campagne présidentielle" ferait partie de l'ordre du jour de la réunion avec les partis. Au RN, Marine Le Pen et Jordan Bardella ont dit qu'ils ne s'y rendraient pas et se feraient représenter. LFI n'a pas encore donné officiellement sa réponse alors que Sébastien Lecornu l'a à de nombreuses reprises accusé d'avoir attisé la colère, dénonçant "un agenda de bordélisation de l'ultragauche jusqu'à l'élection présidentielle".
Un acte II et III à l'appel de la coordination des gilets jaunesLa coordination de gilets jaunes à l'origine des manifestations samedi dernier a annoncé lundi matin un "acte II" avec de nouvelles actions pour samedi ainsi que pour le 31 octobre. Sur le site 17octobregiletjaune.net, cette coordination a affiché une carte des mobilisations prévues le 24 octobre avec déjà plusieurs dizaines d'actions programmées et ce message : "Macron doit partir et laisser la place au peuple !". Lundi après-midi, il recensait 124 actions envisagées, dont 100 manifestations.
À Paris, le militant Benjamin Ball, l'un des représentant de la coordination, a indiqué, mercredi 21 octobre sur France 2, avoir formellement déposé une déclaration pour manifester samedi à Paris, depuis la place de la Bastille.
La carte des mobilisations pour la journée du 24 octobre selon le site 17octobregiletjaune.net. - 17octobregiletjaune.netUn autre mouvement, les gilets jaunes citoyens, a au contraire indiqué dans un communiqué refuser "un acte II qui risquerait d'ajouter du chaos au chaos", estimant qu'il "arrive un moment où la responsabilité doit l'emporter sur la colère". De son côté, Laurent Nuñez a demandé aux préfets d'interdire "toutes les manifestations revendicatives de nature à troubler l'ordre public qui sont prévues pour ce samedi 24 octobre". Le ministre de l'Intérieur précise qu'un arrêté d'interdiction devra être pris "lorsque le dialogue avec les organisateurs n'aura pas permis de créer les conditions de sécurité nécessaires". Le dispositif policier pour les nouvelles manifestations prévues samedi "sera massif", a annoncé Sébastien Lecornu mardi devant l'Assemblée nationale.
Appel à la grève le jeudi 5 novembreLe 5 novembre, une intersyndicale composée de la CFDT, la CGT, FO, l'Unsa et FSU, appelle à faire grève et manifester pour les salaires, les services publics, l'emploi et l'industrie. Cet appel a été lancé suite à une première journée de mobilisation centrée sur la fonction publique le 29 septembre. "La colère est immense. La situation du pays est fragile. Il faut sans attendre répondre aux urgences sociales et environnementales", soulignent les syndicats signataires au gouvernement et au patronat. Les syndicats réclament des augmentations de salaires, des pensions de retraite, du point d'indice des fonctionnaires, du Smic et des aides sociales. Ils dénoncent "un déclassement inédit" de ceux qui travaillent.
Leurs revendications portent aussi sur "une planification environnementale et industrielle", "l'augmentation des moyens de nos services publics" et "des mesures de justice fiscale pour taxer les patrimoines, les héritages et les dividendes".
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