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Manifestations interdites ou autorisées, dispositif de sécurité : à quoi s'attendre pour la mobilisation du 24 octobre ?

Дата публикации: 22-10-2026 19:13:16

Une semaine après les scènes de violence et de chaos en marge de la mobilisation contre la vie chère, un "acte II" est prévu ce samedi, avec des manifestations partout en France, qui inquiètent les commerçants et les forces de l'ordre. Voici à quoi il faut s'attendre.

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Publié le jeudi 22 octobre 2026 à 16h55 Mis à jour le jeudi 22 octobre 2026 à 21h13

Une semaine après les scènes de violence et de chaos en marge de la mobilisation contre la vie chère, un "acte II" est prévu ce samedi, avec des manifestations partout en France, qui inquiètent les commerçants et les forces de l'ordre. Voici à quoi il faut s'attendre.

La mobilisation de samedi sera-t-elle de la même ampleur que celle du 17 octobre ? Une semaine après une journée de manifestations qui a viré au chaos dans plusieurs villes, l'"acte II" de la mobilisation contre la "vie chère" doit à nouveau rassembler dans la rue des gilets jaunes, militants pour le climat, syndicats, lycéens et étudiants partout en France. Le gouvernement prévoit un dispositif de sécurité "massif". Manifestants, maintien de l'ordre, crainte des commerçants : à quoi faut-il s'attendre ? ICI fait le point.

Qui fera partie des cortèges ?

L'appel à manifester a, une nouvelle fois, été lancé lundi par d'anciens gilets jaunes. Des militants tentent d'organiser la "convergence des colères", notamment à travers le site internet 17octobregiletjaune.net, créé notamment par le militant Benjamin Ball, déjà coorganisateur du mouvement "Bloquons Tout" en septembre 2025 et des marches "pour le climat et la justice sociale" le 26 septembre 2026. Toutefois, tous n'appellent pas à sortir dans la rue samedi. Un autre mouvement, les "gilets jaunes citoyens", a indiqué dans un communiqué refuser "un acte II qui risquerait d'ajouter du chaos au chaos", estimant qu'il "arrive un moment où la responsabilité doit l'emporter sur la colère".

De leur côté, les principales organisations étudiantes ont appelé lundi soir à manifester à nouveau samedi pour réclamer une amélioration de leurs conditions d'études. Le 17 octobre, "nous étions 800.000, le 24 on continue", a annoncé l'Unef sur Instagram. Le chef de l'État s'est exprimé "sans apporter la moindre réponse à nos revendications", a dénoncé L'Union étudiante, qui appelle les lycéens et les étudiants à se "faire entendre" dans la rue samedi. "Pas un mot sur les bourses, le logement, la restauration, la santé étudiante ou l'accès aux études".
"Face à la colère, le gouvernement choisit la répression plutôt que des mesures concrètes", regrette l'organisation. La Fage souligne aussi que les revendications des jeunes sont "pourtant simples" : "pouvoir étudier dignement et vivre sans subir la précarité". "Nous continuerons à nous faire entendre".

La CGT, qui avait soutenu la journée du 17 octobre, a affirmé qu'elle sera de nouveau présente dans la rue samedi, pour "protéger" ceux qui souhaitent manifester.

Le niveau de mobilisation des forces de l'ordre pour la journée de samedi sera "20% supérieur" à la semaine dernière, a annoncé ce jeudi le ministre délégué auprès du ministère de l'Intérieur Jean-Didier Berger sur BFMTV. Il a rappelé que le dispositif prévu allait être renforcé par les militaires de la force Sentinelle, des unités d'élite de la police et de la gendarmerie, comme le Raid, le GIGN ou la BRI, ainsi que des hélicoptères et des blindés. Près de 3.000 membres des forces de l'ordre seront notamment "déployés sur le week-end" à Orléans, où se tient le congrès du Rassemblement national. Selon le préfet, "20.000 à 30.000" opposants à ce congrès "de toute la France" sont attendus dans la ville samedi.

Alors que le dispositif policier du 17 octobre avait été largement critiqué,"trop statique et pas assez mobile" selon les mots du gouvernement, celui de samedi "sera massif", avait annoncé Sébastien Lecornu mardi devant l'Assemblée nationale. "Nous allons évidemment monter en gamme dans le dispositif pour le 24 octobre où la doctrine (...) sera revue en termes de moyens, en volume bien sûr, en termes de forces engagées et en termes de réactivité, de mobilité, pour aller percuter, impacter ces groupes qui dispersent les forces de l'ordre de manière (...) extrêmement planifiée", avait ajouté le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez.

Des interdictions de manifestations dans plusieurs villes

Les seules manifestations autorisées ce samedi seront celles organisées à la demande des syndicats, a annoncé Emmanuel Macron ce jeudi. Laurent Nuñez avait déjà demandé mardi aux préfets d'interdire "toutes les manifestations revendicatives de nature à troubler l'ordre public" prévues samedi. C'est le cas notamment à Rennes, Angoulême, Perpignan, Lyon, Toulon, Chambéry, Le Mans, Caen ou encore dans le centre-ville de Nice, où la préfecture des Alpes-Maritimes a interdit "tous les regroupements, cortèges et manifestations" samedi, également dans les centres-villes de Rouen, du Havre entre 9h et 20h et de Grenoble.

Les commerçants craignent de nouveaux pillages

Alors que 3.000 magasins ont été dégradés et pillés en marge de la mobilisation du 17 octobre, la crainte de nouveaux débordements monte chez les commerçants à l'approche de ce samedi. "On supportera pas une journée de plus", estimait mercredi sur franceinfo Michel Picon, président de l’Union des entreprises de proximité (U2P). "J'ai vu des salariés se faire frapper parce qu'ils ont essayé de protéger leur outil de travail", témoigne le président de l'U2P. "Ça ne peut pas se reproduire", insiste Michel Picon qui parle de "désolation" et d'un "sentiment d'abandon", "partout sur le territoire".

De nombreux commerçants ont décidé de faire appel à des agents de sécurité privés, ou de se défendre par eux-mêmes. Certains précisent qu'ils feront des rondes à plusieurs pour protéger les commerces du centre-ville, d'autres réfléchissent à s'équiper de bombes lacrymogènes, voire "d'un taser et une matraque", selon une restauratrice parisienne à franceinfo. Alors que la présidente de l'association des commerçants du centre-ville de Marseille affirmait que certains étaient effectivement "prêts à s'armer", Michel Picon n'incite pas ses adhérents à aller vers cette dynamique : "J'essaie de contenir les gens en leur disant 'ne vous défendez pas vous-même parce que ce serait trop dangereux'" assure-t-il. "Moi, je n'appellerai pas à cette violence, mais elle va surgir naturellement, parce que c'est défendre son bien, se défendre soi-même et c'est défendre les collaborateurs qui sont avec vous."

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