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"C'est le contribuable qui paie", "on doit se réveiller" : Gilles Vanden Burre et la fédération pharma s'opposent sur les aides à GSK

Дата публикации: 16-10-2026 11:39:12

Le licenciement collectif qui se prépare chez GSK pose la question des aides et incitants publics. Sur cette question, Gilles Vanden Burre, coprésident d’Ecolo, et Frédéric Druck, de la Fédération pharma Essenscia, s’opposent. ...

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Un séisme. Le choc provoqué par l'annonce de GSK de licencier potentiellement jusqu'à 1 217 personnes, après des mois "d'écrémage", dépasse largement les murs de l'entreprise, implantée majoritairement dans le Brabant wallon (Wavre et Rixensart) mais aussi Namur (Gembloux). Le groupe pharmaceutique britannique, premier employeur privé de Wallonie avec environ 8 500 travailleurs, veut se "réorganiser". Mais cela relance une question : jusqu'où l'État doit-il soutenir les grandes entreprises, via des aides ou incitants fiscaux, et à quelles conditions ?

Invités à un débat à ce propos pour l'émission Les Pros de l'Eco sur LN24, Gilles Vanden Burre, coprésident d'Ecolo, et Frédéric Druck, secrétaire général de bio.be au sein d'Essenscia, partageaient un même constat : il faut préserver l'activité industrielle en Belgique. Mais ils divergent fortement sur la manière d'utiliser l'argent public pour y parvenir.

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"Il est difficile d'imaginer qu'une partie signe un chèque en blanc sans demander aucune contrepartie. On parle quand même d'argent public !"

Pour Frédéric Druck, le cas GSK doit d'abord être remis dans le contexte de la compétition internationale de plus en plus féroce, dont l'offensive commerciale voulue par Joe Biden puis Donald Trump. La biopharma est "un pilier stratégique de l'économie belge" et l'annonce du groupe constitue "un choc, voire un électrochoc". Les incitants fiscaux dont a bénéficié GSK ont largement été "rendus à la société" selon lui, avec la création d'emplois et les retours économiques pour la région et le pays. Et la création d'emploi que cela a provoqué est donc déjà une bonne chose, selon lui.

Licenciement collectif chez GSK : plus de 1200 emplois sont sur la sellette

Le secteur fait face à une Chine qui "est désormais devenue un pays d'innovation" et à des États-Unis qui attirent massivement les investissements. "Nous avons encore une longueur d'avance. Toute la question est de savoir comment la conserver", résume-t-il.

Un risque de laisser s'échapper les investissements

L'inquiétude de Frédéric Druck ? "Que le cycle actuel d'investissements nous échappe." Si les capitaux partent aujourd'hui vers les États-Unis ou l'Asie, ils ne seront plus disponibles pour l'Europe. À ses yeux, "l'Europe doit se réveiller" et se doter d'une véritable politique industrielle.

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"Il ne s'agit pas d'aides, mais bien d'incitants. C'est notre notre avantage à l'international"

Gilles Vanden Burre, de son côté, rappelle que GSK "est une entreprise rentable. Et quelque part, tant mieux". Mais il estime pour sa part que les incitants fiscaux doivent être conditionnés. "Il est difficilement acceptable qu'un groupe qui réalise plusieurs milliards de bénéfices (2,4 milliards d'euros en 2025 pour GSK Biologicals, branche spécialisée dans les vaccins, NdlR) et qui bénéficie parallèlement de centaines de millions d'euros de soutien public (481 millions en 2025, selon la CSC) annonce des licenciements de cette ampleur, il est normal que le politique se pose des questions."

Colère et incompréhension chez les employés de GSK : "On ne sait pas quelles têtes vont tomber, tout le monde va se regarder en chiens de faïence"
La grève a été levée mais le choc reste fort chez GSK à Wavre.La grève a été levée mais le choc reste fort chez GSK à Wavre. ©Belgaimage

Pour Ecolo, les aides doivent donc être davantage conditionnées. "Il faut des contreparties", insiste Gilles Vanden Burre : "le maintien de l'emploi" et "le maintien de l'activité. On ne peut pas investir massivement de l'argent public, développer toutes ces compétences, puis accepter que, du jour au lendemain, l'entreprise décide que l'herbe fiscale est plus verte ailleurs. Il faut donc exiger un véritable projet industriel de long terme", ajoute l'homme politique.

Les aides accordées à GSK ? "Ce ne sont pas des cadeaux, elles sont indispensables"

Frédéric Druck conteste néanmoins cette vision des aides. "Il ne s'agit pas, à proprement parler, d'aides, mais bien d'incitants. C'est notre unique selling proposition, notre avantage à l'international", prévient-il, au-delà du savoir-faire, de la main-d'œuvre qualifiée et de la recherche de qualité présents en Belgique.

Le secteur représente, rappelle-t-il, quelque 45 000 emplois directs et plus de 100 000 emplois directs et indirects. Ces mécanismes ont aussi permis de construire "tout un écosystème spécialisé, une expertise et une masse critique d'acteurs qui font la réputation internationale de la Belgique".

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"Il est difficile d'imaginer qu'une partie signe un chèque en blanc sans demander aucune contrepartie. On parle quand même d'argent public !"

De son côté, Gilles Vanden Burre précise "soutenir cette logique", précise-t-il. Mais pas sans garanties quant à l'ancrage de l'activité en Belgique.

"Il est difficile d'imaginer qu'une partie signe un chèque en blanc sans demander aucune contrepartie. On parle quand même d'argent public !", insiste-t-il. "Il est donc normal que les contribuables demandent des garanties. Ce licenciement, malgré les milliards de bénéfices, c'est profondément choquant. Je me réjouis qu'une entreprise fasse des bénéfices. Mais derrière, on ne peut pas simplement mettre des centaines ou des milliers de personnes à la rue, surtout lorsque l'on a bénéficié d'un soutien public aussi important", termine-t-il.

Précisons que la phase 1 de la procédure Renault, prévue en cas de licenciements collectifs, est lancée et que les négociations qui vont avec pourraient faire baisser le nombre de personnes qui perdront leur emploi.

Le "drame humain majeur" chez GSK va-t-il se propager ? C'est la crainte du pouvoir en place

Néanmoins, les deux hommes s'accordent pour affirmer que la Belgique dispose de leviers, afin de préserver l'outil industriel, indispensable pour maintenir l'emploi, voire le développer en Wallonie comme dans l'ensemble du pays. Il en va de même de la volonté du gouvernement fédéral d'atteindre 80 % de taux d'emplois d'ici à 2030, comme l'a rappelé le ministre de l'Économie David Clarinval (MR)…

Le "dégraissage" se poursuit chez GSK en Belgique : "Après la visite de Trump, le groupe a lâché des milliards. Ils doivent donc trouver de l'argent"
Trois conseils d'entreprise prévus d'ici la fin 2026

Les représentants des travailleurs et la direction du groupe GSK ont fixé un calendrier pour discuter et négocier la vaste restructuration annoncée par le groupe pharmaceutique. Des conseils d'entreprise auront lieu sur le site de Wavre les 10 et 24 novembre, ainsi que le 8 décembre. En consultation avec les travailleuses et les travailleurs, les syndicats comptent également mettre en place un plan d'actions et de potentiels moments de grève.

"Besoin de temps"

Les syndicats souhaitent désormais informer les travailleuses et les travailleurs, puis mettre en place une stratégie afin de préserver l'emploi autant que possible dans le cadre de la procédure Renault. "La direction voulait organiser un conseil d'entreprise par semaine mais on a besoin de temps pour consulter, pour se préparer", explique Aurore Joly, secrétaire régionale à la CSC bâtiment – industrie & énergie (CSCBIE). On est finalement arrivés à l'objectif qu'on s'était donné avec ces trois rencontres d'ici la fin de l'année." (Belga)

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