Le groupe pharma britannique GSK tient un conseil d’entreprise extraordinaire ce mercredi matin à Wavre. Beaucoup craignent l’annonce d’un licenciement collectif. ...
Que se prépare-t-il chez GSK en Belgique ? Depuis des années, la râpe est de sortie pour réduire le nombre de salariés. Début septembre, les inquiétudes étaient fortes en interne, comme on vous le signalait, alors que plus de 600 personnes avaient dû quitter l'entreprise en deux ans. Début octobre, Sudinfo parlait d'un licenciement de 800 personnes. Une source nous confiait mardi qu'un conseil d'entreprise extraordinaire a été convoqué pour ce mercredi à Wavre, à 9h. Ce que nous a confirmé la porte-parole, sans vouloir faire davantage de commentaires.
"Ils nous ont envoyé l'annonce d'un CEE (conseil d'entreprise extraordinaire, NdlR) entre 9 et 10 heures ce mercredi. On s'attend au pire. Je pense que cela sera conséquent. Le nombre de 800 licenciements évoqué n'a pas été étayé… Mais à mon avis, j'ai l'impression qu'on sera au-dessus de 1 000 personnes", indique une source.
Une autre source évoque ce mercredi 850-900 personnes, pour arriver à 10% du personnel (pour entrer dans le cadre d'une procédure Renault).
"On s'attend à un bain de sang social", lâche ce mercredi Jamal Amraoui, délégué syndical de la FGTB, à Belga.
guillement"Les cadres et employés ne bougent pas, surtout quand on ne sait pas qui est impacté… Ils courbent le dos… S'ils touchent aux ouvriers, ça pourrait partir en vrille"
"Je pense que GSK a un plan déjà précis à moyen et long terme pour la Belgique. Le plan Renault de 2020 était une étape. La fermeture (annoncée en 2025, NdlR) du centre de recherche de GSK aux Isnes (Gembloux) en est une autre", étaie cette source.
"Une des étapes sera la fin du site de Rixensart. Ils ne vont peut-être pas le dire mercredi, mais tout indique que c'est dans les plans", avertit cette source, avec une vision sur le long terme.
Le "dégraissage" se poursuit chez GSK en Belgique : "Après la visite de Trump, le groupe a lâché des milliards. Ils doivent donc trouver de l'argent"Loin des grandes annonces positives de… 2023À entendre plusieurs sources, et à constater les faits, on semble loin des grandes annonces de 2023, comme lorsque GSK a investi 250 millions d'euros pour son unité de lyophilisation de vaccins, à Wavre, en présence du Premier ministre de l'époque, Alexander De Croo, entre autres. À l'époque, GSK employait 9 107 personnes (à Wavre, Rixensart et Gembloux), un sommet. Le premier employeur privé de Wallonie. Depuis, le chiffre est déjà retombé à 8 234, selon un document interne que nous avons pu consulter.
Une période "post-Covid" porteuse pour les vaccins à ranger dans les souvenirs ? "Le secteur des vaccins lyophilisés va mal. Ça ne représente plus ce qu'on espérait avant, même si les tendances évoluent", commente une source. "GSK va se focaliser sur les blockbusters… Mais s'il n'investit plus dans la recherche, il n'y a rien à faire, il va se faire doubler par les concurrents", ajoute-t-elle.
Une colère ravivée chez GSK après plusieurs licenciements : "Un signal extrêmement inquiétant"Précisons que cette conclusion est un avis personnel, difficilement vérifiable pour le moment. "Les vaccins liquides restent très porteurs. Mais tout cela fait partie des changements stratégiques de GSK", confie encore cette source. Rappelons que l'intérêt des vaccins lyophilisés (non liquides) est une stabilité plus grande mais leur complexité peut changer la donne. Un vaccin lyophilisé doit, par ailleurs, être redilué dans un liquide avant injection.
Nuance tout de même, rappelons que GSK a inauguré un site de recherche en juin 2026 à Rixensart, en présence du Premier ministre Bart De Wever, entre autres. Un investissement de 150 millions d'euros. Ce n'est par contre pas une unité de production de vaccins.
guillement"Si on prend cela en compte et les 30 milliards d'investissements promis à Donald Trump sur cinq ans dans la recherche à Boston… Inutile de dire que l'Italie et la Belgique vont le sentir passer"
"Demain matin, on aura les chiffres. Je pense que ce sera comme en 2020 (près de 300 employés avaient été remerciés, la plupart via des départs volontaires, après une annonce de plan de transformation qui portait à l'origine sur plus de 700 personnes, NdlR), où les ouvriers n'ont pas été directement impactés par un plan Renault, car ils savent qu'à cette condition, ils débrayent. Les cadres et employés, eux, ne bougent pas, surtout quand on ne sait pas qui est impacté… Ils courbent le dos… S'ils touchent aux ouvriers, ça pourrait partir en vrille", nous dit-on encore.
Précisons que selon la CSC, GSK aurait bénéficié de plus de 480 millions d'euros d'aides publiques. Principalement via des mécanismes fiscaux (réduction des charges pour la R&D et certains profils, soutiens à l'investissement, etc.).
"Reste à voir ce que les Britanniques diront, car ce sont eux qui décident. Il faudra voir comment ils réalisent leur stratégie. Il y avait une réunion lundi matin avec des dirigeants britanniques apparemment", confie encore cette source.
GSK Belgique en eaux troubles ? "Les décisions qui descendent du siège britannique sont plus dures""Luke Miels (le CEO de GSK, originaire d'Australie, nommé en septembre 2025, après le départ d'Emma Walmsley) a annoncé vouloir se concentrer sur 5-6 projets, dont 5 pharmas et 1 seul vaccin. Clairement, ils tournent la page des vaccins tout doucement. Le site de Rixensart commence à être vieux qui plus est. Ils vont d'ailleurs transférer leur centre britannique de R&D vers un site plus moderne (de Stevenage vers Cambridge, NdlR). Si on prend cela en compte et les 30 milliards d'investissements promis à Donald Trump sur cinq ans dans la recherche à Boston… Inutile de dire que l'Italie et la Belgique vont le sentir passer", termine notre source. Une fermeture du site de Dresde, en Allemagne, serait également sur la table, avec 650 emplois en jeu. GSK, de son côté, insiste toujours sur les vaccins dans ses documents officiels.
"Ils vont arrêter de louer un parking de Sun Chemical réservé aux employés et aux consultants, utilisé car il n'y a pas assez de places à l'intérieur du site à Wavre. Ils vont rapatrier les personnes sur un autre parking pas assez grand pour tout le monde. Donc soit ils ne considèrent plus trop les consultants, soit ils vont moins y faire appel", nous indiquait récemment une autre source.
Sans céder à la panique, cela pouvait être perçu comme un révélateur des tensions et de potentielles coupes chez GSK. Le conseil d'entreprise de ce mercredi devrait permettre d'y voir plus clair.
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