De quoi le saccage du centre-ville est-il le nom ? La civilisation a atteint un point bas que les philosophes Emmanuel Levinas et Thomas Hobbes permettent d’éclairer. ...
De quelle colère, de quel désœuvrement se nourrissent-ils, ces nouveaux barbares ? Ivre de sa puissance provisoire, une horde encapuchonnée a déferlé sur la Cité ardente la semaine dernière : destruction insensée du mobilier urbain, commerces saccagés, fenêtres brisées dans des écoles dont les élèves ont été confinés…
En marge des manifestations étudiantes, les émeutes liégeoises révèlent un mal qui progresse : l'insensibilité à la douleur des autres. La vie en société repose sur la prévisibilité de comportements pacifiques corsetés par le droit, sur le respect de la propriété privée et des biens collectifs. Ces principes sacrés ont été piétinés. Après des siècles de maturation, la civilisation connaît un point bas.
Faut-il y voir les effets de l'ultraviolence qui irrigue les réseaux sociaux ? Les casseurs ne semblent pas imprégnés de l'empathie minimale qui fonde les communautés humaines. Un petit commerce de jeux vidéo se trouvait sur leur passage : le volet est défoncé après un acharnement brutal, et les stocks sont raflés. Les employés et quelques clients – dont une femme enceinte – se trouvaient pourtant à l'intérieur du magasin lors de la razzia. Encore sous le choc, le gérant expliquera s'être senti "en danger de mort".
La vulnérabilité de l'AutreL'atmosphère de révolte qui a saisi Liège pour quelques heures témoigne d'un basculement.
Après la Shoah, durant laquelle sa famille lituanienne avait été exterminée, le philosophe Emmanuel Levinas (1905-1995) avait tenté de refonder la pensée humaniste. Il voyait l'origine de l'éthique dans l'inhérente vulnérabilité des êtres qui fonde l'obligation morale de ne pas les considérer comme des objets. "Dès que le visage de l'autre apparaît, il m'oblige", écrivait-il.
Le pillage répond à la mécanique inverse : la dignité de l'existence des victimes se trouve niée. Tout à leur joie sauvage, les casseurs se sont filmés tandis qu'ils s'emparaient d'un butin valant 40 000 euros au total, loin d'accorder un regard lévinassien aux visages de ceux qu'ils terrorisaient.
Par un retournement de la charge de la faute, il se trouvera certainement des esprits fins pour expliquer que les vandales sont aussi des victimes, celles de l'État bourgeois bâti sur des inégalités systémiques. Ces justifications prêtes à consommer mijotent depuis longtemps dans les chaudrons de l'extrême gauche. L'influence de la nébuleuse "antifa", prompte à voir le fascisme partout sans reconnaître l'intolérance qui règne dans ses propres rangs, a d'ailleurs été désignée par le ministre de l'Intérieur comme l'une des causes des violences inédites à Liège.
Le poison d'idées revanchardes, alimentées par un anticapitalisme primaire, contribue certainement au climat insurrectionnel. La "mélenchonite", virus fort contagieux cet automne, se répandrait-elle en Belgique francophone ?
Le communisme vaut-il mieux que le fascisme ?La nécessaire autoritéÀ Liège, les abribus seront reconstruits, les vitrines seront remplacées, les poubelles incendiées seront nettoyées. Subsistera toutefois le souvenir inquiet de la mise à sac d'une partie du centre-ville. Une époque troublée se dessine. Dans Léviathan, Thomas Hobbes (1588-1679) place l'origine du pouvoir étatique dans le besoin de sécurité de la population, celle-ci acceptant une limite à sa liberté naturelle en échange de protection. Selon le penseur anglais qui a marqué l'histoire de la philosophie politique, la véritable source du contrat social repose sur le socle sécuritaire.
Aujourd'hui, la logique hobbesienne a une conséquence simple : si les autorités publiques peinaient à contenir la multiplication des émeutes urbaines, la tentation d'une main plus autoritaire et répressive montera en flèche. L'État doit se montrer fort, traquer les casseurs, les punir avec justesse, faire régner la loi. Sans la garantie de l'ordre public, une faille politique s'ouvrira. Nous pourrions tous y tomber.
Willy Demeyer (PS) répond aux critiques de Bernard Quintin : "J'ai une grande expérience et je n'ai pas de leçon à recevoir"Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.
| # | Наименование новости | Тональность | Информативность | Дата публикации |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Протестующие фермеры зажгли покрышки у здания Европарламента | 0 | 0 | 18-12-2025 |
| 2 | L’Armageddon budgétaire | 0 | 10 | 22-10-2026 |
| 3 | Объявлено о последствиях массированного удара ВСУ по центру российского города | 0 | 10 | 24-10-2026 |
| 4 | Le silence risque d’être désormais un produit de luxe | 0 | 7.85 | 24-10-2026 |
| 5 | Les travaux dans le Pentagone de Bruxelles ? “On voit la lumière au bout du tunnel” | 0 | 9.01 | 18-10-2026 |
| 6 | Удар, еще удар! «Бандероли» превратили Днепропетровск в ад на земле | 0 | 8.71 | 21-10-2026 |
| 7 | Ночь огня в Лейпциге: поджигатели ударили по партнеру Rheinmetall | 0 | 8.01 | 22-10-2026 |
| 8 | Ces émeutes en Belgique et en France illustrent une crise de l’autorité parentale | 0 | 5.56 | 22-10-2026 |
| 9 | В Харькове произошли взрывы | 0 | 0 | 13-10-2025 |
| 10 | Pourquoi Léon XIV peut aussi séduire les agnostiques : la foi n’a pas le monopole de la fraternité | 0 | 8.1 | 15-10-2026 |